Le conseil municipal de Chalon-sur-Saône va voter la fin du menu sans porc dans les cantines

Les conseillers municipaux de Chalon-sur-Saône se réunissent ce mardi 29 septembre 2015. Ils vont voter une délibération qui entérine la suppression des menus sans porc dans les cantines de la ville. Le PCF et le Front de gauche ont appelé à un rassemblement avant la séance du conseil municipal.

© AFP PHOTO FRED DUFOUR

Appel à un rassemblement citoyen devant la Mairie de Chalon-sur-Saône

« Voilà maintenant, 31 ans que cette question a été réglé dans notre ville de Chalon sur Saône par Dominique Perben (ancien Maire de Chalon/Saône) et de son conseil municipal pour le bien commun de nos enfants et des familles. » « Sous couvert d’une sorte de dogme et dans une attitude d’intransigeance mal-placée, la laïcité est invoquée à contre sens sur la question des repas de substitution soulevé par Gilles Platret Maire de droite de Chalon sur Saône. » peut-on lire dans un tract du parti communiste chalonnais et du Front de gauche.

Les membres du PCF 71 ont appelé à un rassemblement citoyen, "dans la pluralité et la diversité des approches de chacune et chacun", ce mardi 29 septembre 2015 à 18h, suite à la décision du Maire Gilles Platret de supprimer les menus de substitution au porc dans les cantines de la ville, qui sont proposés depuis 1984. Cette annonce avait déclenché une vive polémique, y compris dans son propre camp. Cette décision fait l'objet d'une délibération en conseil municipal, la dernière inscrite à l'ordre du jour.

Qui votera la fin du menu sans porc ?

Selon le député PS et chef de file de l'opposition municipale, Christophe Sirugue, son groupe "votera contre", mais "il ne fait pas de doute qu'elle sera votée", compte tenu de la composition du conseil municipal (34 élus de la majorité, 7 du groupe d'opposition de gauche et 2 élus FN).
"La question est de savoir qui se démarquera au précise Christophe Sirugue.


Qu’a dit le tribunal administratif de Dijon ?

La Ligue de défense judiciaire des musulmans, avait saisi le tribunal administratif de Dijon cet été. Cette association (présidée par l'avocat controversé Karim Achoui) avait dénoncé une atteinte du "droit au respect de la liberté de culte et de conscience" des enfants. Mi-août, le tribunal avait rejeté ce recours en référé au motif que la condition d'urgence n'était "pas remplie",  car aucun repas contenant du porc ne devait être servi avant le 15 octobre.
Le maire Gilles Platret s'était alors félicité sur Twitter d'une "première victoire pour la laïcité".



Qui a l’intention de déposer un recours ?

La Ligue de défense judiciaire des musulmans n'avait pas saisi le Conseil d'Etat après avoir été déboutée, a précisé l'un des avocats de l'association, Me Jean-Baptiste Jacquenet-Poillot.
L'avocat a prévenu que la délibération du conseil municipal, une fois votée, serait "dans les jours qui suivront, de nouveau contestée par un recours en excès de pouvoir et un référé-suspension".

"Si le tribunal avait estimé en août qu'il n'y avait pas d'urgence, une tranche de jambon doit être servie aux enfants le 15 octobre, donc il y aura véritablement urgence", estime Me Jacquenet-Poillot.
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