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Digoin : pourquoi des salariés bloquent l’entrée de l’entreprise Allia ?

Aucun camion n’entre ou ne sort de l’usine de fabrication de sanitaires à Digoin, en Saône-et-Loire, depuis 7 heures du matin mercredi 7 décembre 2016. Les salariés veulent discuter du projet de fermeture du site annoncé par la direction il y a sept mois.
Les salariés d'Allia, bloquent les accès de l’usine de fabrication de sanitaires à Digoin, en Saône-et-Loire, mercredi 7 décembre 2016.
Les salariés d'Allia, bloquent les accès de l’usine de fabrication de sanitaires à Digoin, en Saône-et-Loire, mercredi 7 décembre 2016.
Allia est une entreprise spécialisée dans la fabrication de sanitaires en céramique. Elle possède deux usines situées l’une à La Villeneuve-au-Chêne, dans l'Aube, et l’autre à Digoin, en Saône-et-Loire.

En 2015, le rachat d’Allia par le groupe suisse Geberit avait donné aux salariés l’espoir d’un nouveau départ. Mais, au mois de mai dernier, la direction a annoncé la fermeture de ses deux sites français. Conséquence : 256 salariés vont perdre leur emploi, dont 176 sur le site de Digoin.

Depuis des mois, les salariés multiplient les actions pour tenter de sauver leur entreprise. Ils avaient notamment manifesté en Suisse au mois d’octobre 2016. Pour le moment, la direction prévoit de faire partir les premières lettres de licenciement le 16 janvier 2017.

Les 176 salariés de l'entreprise Allia à Digoin se battent pour trouver un repreneur pour le site.
Les 176 salariés de l'entreprise Allia à Digoin se battent pour trouver un repreneur pour le site. © Fanny Borius

Que demandent les salariés ?

Christophe Sirugue, secrétaire d'Etat à l'Industrie et élu de Saône-et-Loire, avait indiqué il y a quelques semaines qu'il était à la recherche d'un repreneur dans le cadre de la loi Florange. Cette disposition (qui a été adoptée en 2014) impose à tout employeur d'une entreprise ou d'un groupe d'au moins 1 000 salariés qui envisage de fermer un établissement de procéder à des licenciements économiques de rechercher un repreneur.

Aujourd’hui, les organisations syndicales demandent "un report de la procédure de 6 mois afin de laisser plus de temps à la loi Florange de produire des effets positifs soit par le biais d'un repreneur, soit le temps de travailler avec le groupe Geberit sur une solution alternative et sauver le maximum d'emplois en France".

L'intersyndicale veut aussi négocier le maintien de l'activité logistique sur place, ce qui permettrait de sauver une trentaine de postes.

Les salariés ont l'intention de reconduire leur blocage tous les jours jusqu'à ce qu'ils soient entendus : 20 à 30 d'entre eux se relaient toutes les 2 heures pour bloquer le portail d’entrée de l’usine.

Le reportage de Fanny Borius, Henry Desnaunay et Philippe Sabatier

durée de la vidéo: 01 min 57
Saône-et-Loire : les salariés d'Allia ont bloqué le site de Digoin

Intervenants :
-Jean-Louis De Calva, technicien de maintenance
-Sonia Sanchez, Pôle logistique
-Mohamed Boussil, délégué syndical
-Pierre Gaël Laveder, responsable syndical, élu au CE

Geberit est leader européen dans le domaine des produits sanitaires

Le groupe emploie plus de 12 000 personnes dans 40 pays et compte 35 usines de production. Geberit déclare un chiffre d'affaires net de 2,6 milliards de francs suisses (environ 2,4 milliards d'euros).

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