En Saône-et-Loire, l'association "La Vérité pour Anthony" dévoile de nouveaux éléments troublants sur les heures qui ont précédé la mort de l'adolescent

Ce vendredi à Saint-Julien-de-Civry (Saône-et-Loire), l'association "La vérité pour Anthony" a dévoilé des éléments inédits sur la disparition d'Anthony Lambert : la carte SIM de son téléphone et ses bijoux étaient en la possession d'autres adolescents. De nouveaux faits avancés par l'entourage qui rendent l'affaire complexe.

Le 31 décembre 2021, Anthony Lambert, un jeune garçon de 17 ans, disparait du camping de Lugny où l'aide sociale à l'enfance l'a placé quelques semaines plus tôt. Son corps sans vie et dénudé est retrouvé quelques jours plus tard le 9 janvier.

Face à la peur de voir cette affaire tomber dans l'oubli, l'association "la vérité pour Anthony" est créée.  Une des co-fondatrice de l'association Mylène Fento "ne veut pas que l'affaire tombe aux oubliettes. On veut vraiment qu’il y ait une enquête." Cette dernière se poursuit toujours pour le procureur de Mâcon et la gendarmerie. Lors d'une conférence, l'association a dévoilé de nouveaux éléments à propos de la disparition du jeune homme de 17 ans.

Des interrogations sur le camping …

Placé au camping de Laives pour passer les fêtes de fin d'année, Anthony Lambert est finalement déplacé au camping de Lugny. Un changement surprenant comme nous le confiait il y a quelques jours François Rougeot, conseiller municipal à Lugny. Selon lui, le site n'est pas apte à accueillir des jeunes en difficulté.

Anne-Marie Laveder, une des membres de l'association, s'interroge également sur cette décision. "Le département est intransigeant sur les conditions d'accueil des jeunes qui sont confiés aux familles d'accueil", avant de poursuivre "je ne comprends pas comment il a pu se retrouver dans ce camping qui d'après ce qu'on sait n'est pas en état pour accueillir des jeunes comme lui". 

Comment un camping peut-t-il accueillir des garçons comme Anthony Lambert et des jeunes avec un casier judiciaire ? Possède-t-il la double homologation ? Comment un jeune de l'aide sociale à l'enfance a-t-il pu échapper à la sécurité des vigiles ?

Pour Jean Yemisen, le directeur des campings de Laives et de Lugny et ancien membre de "Concept Ressource", cette association, même si elle n'était pas habilitée, car expérimentale, son activité était complétement encadrée avec des personnels formés et un niveau de contrôles et d'exigences très importants. "Etant donné que « Concept Ressource » était quelque chose de très expérimental qui mêlait de l’accueil séquentiel un mois plus un mois pour des jeunes, dans un cadre, pour susciter des vocations, une rescolarisation, une immersion dans le monde du travail, le département, une à deux fois par semaine, voire certains cas c'était quotidien, envoyait leurs professionnels en visite sur place pour contrôler", explique le directeur avant de conclure, "c'est le drame de l'accident de cet enfant qui s'est perdu dans la bois, il était au mauvais endroit au mauvais moment

…Et ses pensionnaires

Dans cette structure, Anthony Lambert n'a pas été déplacé seul. Plusieurs jeunes avec un casier judiciaire ont fait partie du transfert. Des jeunes qui ne nécessitent à priori pas les mêmes moyens d'encadrement. 

L'association révèle premièrement que quelques jours avant la disparition, Anthony Lambert appelle ses proches. Ce dernier confie ne pas être rassuré car des jeunes se droguent dans le camping. 

Le 31 décembre, la famille, inquiète de ne pas avoir de nouvelles, tente de contacter le garçon par téléphone. C'est un jeune du camping qui décroche à la grande surprise de la famille. Il se serait emparé de sa carte SIM pour la mettre dans son téléphone.

Ce dernier va contacter l'entourage d'Anthony plusieurs fois dans la journée. À 10h15, la sœur du garçon de 17 ans reçoit un appel de ce jeune qui déclare "je suis en train de poursuivre Anthony dans les vignes".

Dérouté, l'entourage se rend au camping. Ils découvrent alors que ce jeune arbore les bijoux d'Anthony Lambert et a une blessure fraiche à la tête. Ce dernier affirme pourtant qu'il ne les a pas volés. "Il me les a donnés", aurait-il expliqué à sa famille. 

Une vidéo et des interrogations

L'association affirme également qu'il existe une vidéo filmé le jour de la disparition par un homme travaillant dans les vignes. On voit quelqu'un au loin marcher nu avec un sac à dos. La résolution de la vidéo est toutefois trop mauvaise pour apercevoir de qui il s'agit.

L'entourage de la victime réfute l'hypothèse que ce soit le jeune homme de 17 ans sur la vidéo, trop frileux et pudique pour se dévoiler ainsi. L'entourage avance également qu'Anthony a été déplacé en voiture, car sa piste était intraçable par les chiens des gendarmes.

L'entourage en désaccord avec le procureur

Pour rappel, le procureur émet l'idée d'une victime atteinte de troubles psychologiques car l'autopsie du corps révèle la trace d'un traitement médicamenteux. Le jeune homme se serait enfui, déshabillé et serait mort de froid. Une piste que l'entourage est loin d'approuver.

Ces derniers décrivent Anthony comme un garçon qui ne serait jamais mis à nu de son plein gré. Selon eux, il avait pleins de projets en tête, excité à l'idée d'avoir 18 ans pour sortir de l'aide sociale à l'enfance.

Déborah, sa sœur adoptive, réfute également cette piste. "C'est impensable, la dernière fois que je l'ai vu le 26 décembre il m'a dit "je t'appelle si besoin". C'est impossible qu'il ne nous appelle pas nous, ni sa famille biologique, s'il a besoin d'aide", confie-t-elle.