"On a bien compris que la réouverture des théâtres n'était pas possible" : le théâtre de Mâcon, occupé à son tour

Ce lundi 22 mars, le théâtre de Mâcon rejoint la liste des théatres occupés en France, dont cinq dans la région Bourgogne Franche-Comté.

© Eric Prost

"Occupons, ailleurs qu’à Odéon. Occupez partout où vous voudrez". Depuis le 4 mars dernier, le mot d’ordre est passé. Décidée ce samedi 20 mars, confirmée et structurée le lendemain, l’occupation du Théatre de Mâcon s’est bien tenue ce lundi 22 mars à 13 heures.

Comme partout en France -près d'une soixantaine de lieu sont occupés actuellement - comédiens, musiciens et autres intermittents du spectacle mâconnais reprennent la scène. Evidemment, on ne parle pas de représentation devant un public, mais d'une occupation afin de manifester de leur ras-le-bol et réclamer plus de considération de la part du gouvernement pour le monde de la culture.  

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Occupons Mâcon (@occupons.macon)



À l’occasion, Éric Prost, musicien de Jazz et fondateur du collectif "Occupons Mâcon" avec Pauline Desmaris (déléguée SYNPTAC-CGT), a partagé sur Facebook un texte, gentiment emprunté à ses "camarades de Rouen".

"Chaque jour, des petits points apparaissent sur la carte. Ils se multiplient. Des points de luttes. Des points d'occupation. Des points d'exclamation. Des poings levés."


En Bourgogne-Franche-Comté, ils sont déjà 5 ces points d’occupations : Premier à répondre à l'appel des occupants d'Odéon, le Centre Dramatique National de Besançon (Doubs) est occupé depuis le 10 mars, et depuis le 15 mars pour le Grand Théâtre à Dijon tandis que l'occupation du théatre "Les Scène du Jura" de Lons-le-Saunier dans le Jura est elle aussi, fraiche du jour. A Chalon, en Sâone-et-Loire, l'action est légèrement différente, avec un appel massif à se rassembler et occuper le parvis de l'espace des Art. 


A Mâcon, les revendications suivent le mouvement national, le spectacle sur le parvis aussi. Banderoles, prises de parole et quelques virgules artistiques sont prévues. Les artistes et intermittens mâconnais ne s'autorisent pour l'instant qu'une occupation dans la journée entre 10h et 18h, ouverte à toutes et à tous. "A partir de 12h, on installe une agora devant le théâtre, précise Eric Prost, pour que les gens puissent venir discuter avec nous". Aujourd'hui, ils étaient près de 40 à rejoindre le mouvement. 

Discutées lors de l'assemblée générale, en préalable de l'occupation, des actions artistiques plus travaillées pourraient avoir lieu voir même des "happening" confie le musicien.

A l'arrêt depuis le 28 octobre 2020, les cinémas, les théâtres et les musées n'ont toujours aucune visibilité de réouverture. Et alors que de nouvelles les mesures sanitaires ont été annoncées ce jeudi 18 mars, les intermittents réclament entre autres, la réouverture des salles de spectacle dans le respect des protocoles sanitaires, l’abandon de la réforme de l'assurance-chômage et la prolongation de l'année blanche pour les intermittents. "On pense toujours qu’une poignée de gens ne peut pas faire changer le cours des choses. C’est faux. En réalité c’est toujours par une poignée de gens que les choses changent" déclare le collectif dans un communiqué.

Mais pour Eric Prost, l'objectif est surtout d'en finir avec la précarité des Français et de faire converger les luttes. Il n'est pas uniquement question des intermittents insiste-t-il. "La réouverture des théâtres, on a bien compris que ce n’était pas possible. Notre année est foutue. Pour faire quelques spectacles ça n'aurait aucun sens". Les occupants du Théatre de Mâcon souhaitent inviter plusieurs personnalités : "des jeunes chômeurs, des personnes du resto du Coeur, et même des employés de pôle emploie" explique Eric Prost. 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
culture covid-19 santé société