Coronavirus : le confinement aggrave les violences intra-familiales en Saône-et-Loire

C'est un constat que font tous les acteurs de la lutte contre les violences intra-familiales : le confinement entraîne une recrudescence du nombre de cas. Un tiers d'interventions en plus en Saône-et-Loire et une centaine de nouvelles situations de violences.

© Florence Petit - France Télévisions
Le constat est le même qu'en Côte-d'Or : le préfet de Saône-et-Loire a réuni récemment les services de l’État et les associations de lutte contre les violences intra-familiales. Dans le département, depuis le début du confinement, les forces de l’ordre ont enregistré une augmentation de 30 % des interventions liées à des différends familiaux.
France Victimes 71 a enregistré 101 nouvelles situations de violences physique et/ou psychologique et 1500 entretiens se sont tenus en visio-conférence ou téléphoniquement.

Une deuxième vague depuis l'annonce de la prolongation du confinement

Elles travaillent pour la PEP 71 et sont en première ligne sur les secteurs de Mâcon-Beaujolais et Chalon. Assistante sociale, éducatrice, elles font le même constat : une deuxième vague d'appels émanant de femmes victimes de violences après l'annonce de la prolongation du confinement. Il s'agit d'une "explosion" par rapport à d'habitude, environ 30 % d'appels en plus.

Pas de profil précis, mais quel que soit l'âge, la situation familiale, ou professionnelle, la tension au sein du foyer existait déjà avant le confinement. La cohabitation forcée a souvent transformé la violence verbale et psychologique, en violence physique.
Ces situations qui se sont dégradées ont provoqué de nouveaux départs du domicile et un hébergement d'urgence des victimes. 
Les cas d'éviction de conjoints violents sont également plus fréquents depuis le début du confinement. Il faut eux-aussi les reloger, les accompagner dans leurs démarches et les suivre.

Cette hausse des nouvelles situations est constante au fil des semaines. Les travailleurs sociaux estiment qu'elles pourraient être encore plus nombreuses si certaines victimes, surveillées en permanence du fait du confinement, osaient appeler. D'où également leurs craintes d'une "troisième vague" pour l'après 11 mai, quand les sorties seront à nouveau autorisées : les victimes pourront être reçues en toute discrétion dans les permanences et la parole sera plus à même de se libérer.

Ces accompagnants disent enfin que le confinement a rendu leur travail de suivi plus difficile, le contact par téléphone étant souvent risqué. 
 
Si vous êtes témoin de violences sexuelles ou sexistes, n'hésitez pas. Agissez.
Si vous êtes témoin de violences sexuelles ou sexistes, n'hésitez pas. Agissez.

 

Le confinement ne doit pas être un frein aux signalements

Pour les victimes de violences, ou ceux qui en sont témoins, des dispositifs permettent d'agir. 

Trouver de l'aide en Saône-et-Loire

Face à la hausse du nombre des violences intrafamiliales, le Département a mis en place en 2018 un réseau rassemblant organismes et associations, qui répond aux demandes urgentes, puis accompagne les victimes. Ce réseau VIF 71 est très actif et structuré, il agit localement (Mâcon, Chalon, Autun, Le Creusot...)
Des numéros nationaux

Les numéros nationaux : dès qu'il y a danger, il faut appeler le 115, actif jour et nuit, qui oriente notamment pour trouver des hébergements d’urgence (ou le 114,  mode de communication silencieux, avec envoi de SMS, destiné auxpersonnes sourdes et malentendantes). Il existe aussi le dispositif d’alerte pharmacie: se rendre dans une pharmacie (code «masque 19») qui fera le relais avec les forces de l’ordre.

La plateforme arretonslesviolences.gouv recense toutes les possibilités pour obtenir des informations, ou signaler, de manière anonyme, des violences et ce, 24h/24 et 7j/7.
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