La marche des solidarités avec les sans-papiers fait étape en Saône-et-Loire

Plusieurs marches de sans-papiers circulent actuellement en France. Toutes ont comme objectif Paris pour réclamer notamment la régularisation. L'une d'elle traverse, en ce moment, la Bourgogne. Nous sommes allés à sa rencontre en Saône-et-Loire mardi.
Les marcheurs étaient en Saône-et-Loire mardi 6 octobre.
Les marcheurs étaient en Saône-et-Loire mardi 6 octobre. © Romy HO-A-Chuck / France 3 Bourgogne
Une marche vers Paris pour faire valoir leurs droits. Une centaine de personnes partis du sud-est de la France remonte vers la capitale à pied. Les marcheurs étaient en Saône-et-Loire mardi 6 octobre, où nous avons croisé leur route entre Sennecey-le-Grand et Chalon-sur-Saône sur la nationale 6. 

"On a trois choses à demander au président Macron : la fermeture des CRA, les centres de rétention, des logements pour tout le monde et des papiers pour tout le monde pour travailler", indique Sylla, marcheur de Montpellier. "On est là pour rejoindre Paris pour notre régularisation sans exception. Je précise bien c'est sans exception, ajoute Najoa, marcheuse partie de Nice. On est bien déterminés à être là et que le gouvernement français entende notre souffrance, notre galère".

Ils sont environ une centaine, venus de Montpellier de Marseille ou de Grenoble, à parcourir une vingtaine de kilomètres par jour. Certains ont déjà participé aux manifestations nationales de mai et juin derniers. Quatre autres marches des solidarités parties de Rennes, du Havre, de Lille ou encore de Strasbourg convergent également vers Paris. L'arrivée est prévue le 17 octobre prochain. Une carte des tracés prévus par les différentes marches est disponible.
 
Les marcheurs ont prévu de faire étape dans plusieurs villes de Bourgogne avant de rejoindre l'Île-de-France puis Paris :
La marche des solidarités avec les sans-papiers fait étape en Saône-et-Loire
La lettre ouverte des marcheurs au président Emmanuel Macron
Les marcheurs ont publié dans Mediapart fin septembre une lettre ouverte adressée au président de la République :

"Monsieur le président, nous marchons.
Des quatre coins du pays, pour l’égalité, nous marchons.

Plusieurs centaines d’entre nous, sans-papiers en tête, vont traverser ce pays où nous vivons, venus du sud, du nord, de l’est et de l’ouest appuyés par la solidarité des habitantes et habitants sur les ronds-points, les routes, les places de nos villages, les quartiers de nos villes.
Et nous serons des dizaines de milliers à Paris, à leur arrivée, le samedi 17 octobre pour aller vers le palais de l’Elysée.

De toutes les villes du pays et des quartiers où nous vivons, ensemble, des écoles où nous envoyons nos enfants, des lieux où nous travaillons, nous allons marcher.

Nous marcherons en hommage à nos anciens et anciennes, ces hommes et femmes venus d’Algérie tués par centaines par la police un 17 octobre 1961 alors qu’ils et elles marchaient pour la liberté.

Nous marcherons en hommage à nos milliers de frères et sœurs qui meurent chaque année sur les routes de la migration alors qu’ils et elles marchent avec l’espoir d’une vie meilleure et plus juste.

Sans-papiers en tête, nous marcherons avec nos centaines de collectifs de solidarité et de lutte, nos associations et nos syndicats, nos familles, nos amis et amies, nos voisins et voisines, nos collègues pour la régularisation de tous les sans-papiers.

Monsieur le président, nous ne marchons pas pour demander un cadeau ou implorer votre générosité. Nous savions depuis longtemps, avant même les milliards que vous distribuez actuellement, que la question des moyens n’était pas le problème. Nous marchons pour gagner l’égalité.
Nous vivons ici, ensemble, avec ou sans papiers. Et vous savez que l’absence de droits pour les sans-papiers et la précarité pour les demandeurs d’asile gangrènent toute la société, favorisent le racisme, légitiment les contrôles au faciès et toutes les inégalités et attaques sociales. Nous marchons pour l’avenir.

En ces temps de crise sanitaire où vous faites appel à la responsabilité de chacune et chacun, nous prenons les nôtres en marchant dans le respect des règles sanitaires. Votre responsabilité est de fermer les centres de rétention, donner accès à des logements décents pour toutes et tous les sans-abris et les mal-logéEs et garantir les droits qui permettent d’assurer la protection de toutes et tous, au travail comme dans la vie quotidienne, et l’accès égal à la santé. Nous marchons pour une société plus sûre pour toutes et tous.

Permettez-nous de vous rappeler que, pendant la crise sanitaire, de nombreux et nombreuses sans-papiers font partie des premières lignes, corvéables à merci et sur-exploités, sans droits et/ou perdant leur emploi sans chômage partiel.

Et nous marchons avec et pour cette jeunesse, ce futur que vous laissez à la rue, en proie à tous les trafics ou ces jeunes pour lesquels "reconnaissance de minorité" veut trop souvent dire solitude dans des chambres d'hôtels insalubres, sans accès à l'école, attendant leur majorité pour être remis à la rue et aller grossir les rangs des Sans-papiers.

Alors, monsieur le président, nous serons à votre porte le 17 octobre. Nous espérons qu'elle sera ouverte.
Monsieur le président, nous voulons l’égalité. Simplement l’égalité. Et vous ?

En l’attente de votre réponse, veuillez recevoir, Monsieur le président, l’expression de toute notre détermination à lutter pour une société plus sûre, plus juste et égale."
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