Saône-et-Loire : une douzaine de personnes veulent "intenter un procès" pour des installations de piscines défectueuses

Poses mal effectuées, glissements de coques, absence de suivi... En Saône-et-Loire, une douzaine de clients se plaignent de malfaçons sur leur piscine neuve. Un collectif, s'est créé et les consommateurs ont décidé de s'unir pour faire entendre leur colère. La société, de son côté, se défend.

Entre le Charolais et le Sud Morvan, ils sont déjà une douzaine à se présenter comme des victimes d'installations défectueuses de piscine. Des poses mal effectuées aux conséquences parfois importantes. Gérard fait partie de ces clients en colère. Il a même décidé de recenser toutes ces plaintes.

"On est parti pour une longue procédure

"J'ai constitué un gros dossier, j'ai demandé aux gens qu'ils m'envoient des photos pour avoir des preuves, détaille-t-il. On va sûrement intenter un procès à ce pisciniste et sûrement aussi au grand groupe Léa Composites. On est parti pour une longue procédure".

Pour Gérard, les ennuis sont venus après l'installation de sa piscine.Il a été contraint de remettre la main au porte-monnaie, près de 5000 euros, pour empêcher la coque de descendre chez son voisin. Il précise : "La personne qui est venue poser la piscine n'a pas suivi le PLU (plan local d'urbanisme). Au lieu de décaisser il l'a posé en hauteur, un peu plus haut. Je me suis retrouvé avec 1,20 mètres de terre qui descendait jusque là". 

"On risquait l'électrocution"

À Luzy, dans la Nièvre, Stéphanie et Stéphane ont subi des préjudices similaires. En septembre 2020, eux aussi font confiance à celui qui se définit comme le leader numéro un des coques en Eurore, mis en relation avec un artisan dans l'Allier.

Après la signature, les ennuis commencent. Les margelles sont mal positionnées, le coffrage n'est pas symétrique, pire, la piscine semble pencher d'un côté. Et les contacts avec l'artisan sont peu fréquents. "On était tout le temps entrain de le relancer soit par téléphone, soit par message, raconte Stephanie. Notre électricien est venu, il nous a dit que rien n'était aux normes, qu'il n'y avait aucune sécurité. La piscine était branché directement sur l'électricité de la maison et on risquait l'électrocution".

"Le distributeur en cause a bien signé la charte de bonne conduite"

Contactée à plusieurs reprises, Philippe Pasquier, le directeur administratif et financier de Léa Composites, a finalement décidé de nous répondre par téléphone.

"D’abord nous ne choisissons pas nos installateurs. Nous fabriquons des piscines coques polyester et animons commercialement des réseaux de distribution car, comme beaucoup d’industriels, nous avons choisi de passer par des distributeurs revendeurs (...) Nous n’avons aucun lien contractuel avec aucune des personnes qui semblent avoir été lésées dans ces opérations et qui, pour certaines, malheureusement, semblent avoir été très négligentes vues les sommes en jeu. Nous ne sommes responsables que de la qualité des marchandises que nous avons livrées, et qui ne sont pas en cause. Le distributeur en cause a bien signé la charte de bonne conduite et a justifié d’une assurance [Responsabilité Civile] d’installation."

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