VIDEO. Pompiers volontaires : le statut remis en cause, la fin d'un modèle ?

En Saône-et-Loire, les Services d'Incendie et de secours du département fonctionnent avec 1800 sapeurs-pompiers volontaires, et 500 pompiers professionnels. Une vocation pour certains, qui ne comptent pas les heures, mais leur statut de volontaires est pointé du doigt par l'Europe.

Le statut de pompier-volontaire est montré du doigt par l'Europe, ils ne bénéficient pas du statut de travailleur, comme leurs collègues pompiers professionnels.

Une vocation, en plus de son métier

Avoir une double vie est fréquent parmi les pompiers volontaires. Par exemple, au SDIS de Saône-et-Loire à Mâcon, Marine Bonin est juriste le jour et caporale-cheffe sur son temps libre. Son statut : pompier volontaire. Elle n’a pas fait de sa vocation un métier, mais un engagement au quotidien, sans compter les heures : "On a une autre vie à côté, c'est une passion qui demande du temps, ça c'est sûr ! Ça arrive qu'on passe des heures en intervention la nuit par exemple, on retrouve notre travail le lendemain matin, c'est ça le volontariat !"

2 jours de garde et 1 semaine d'astreinte par mois, c'est le système de fonctionnement retenu pour faire fonctionner les casernes. Le pompier volontaire n'est pas reconnu comme travailleur.

L'Europe pas forcément d'accord avec le statut de volontaire

Le 14 février dernier, le Conseil de l’Europe, par le biais de son comité européen des droits sociaux, a jugé que la situation juridique des sapeurs-pompiers volontaires français enfreignait à trois reprises la charte sociale européenne. Le comité estimait que les volontaires devaient être considérés comme des "travailleurs" et qu’ils sont aujourd’hui victimes d’un traitement discriminatoire en matière de rémunération et de temps de travail.

Le comité condamnait également l’implication des jeunes sapeurs-pompiers dans des opérations de lutte contre l’incendie alors que les mesures prises pour protéger ces adolescents sont jugées insuffisantes.

Dans la profession, ce point de vue est partagé par le syndicat SUD. Selon Manuel Coullet, représentant national au syndicat Sud SDIS, le volontariat représente "une manne" : "Jusqu'à maintenant, cela fait 10-15 ans que les SDIS s'appuient sur cette manne volontaire qui peut travailler sans aucune règle de santé et de sécurité et qui est mal indemnisée, pour faire tourner leurs SDIS. Ce que l'Europe dit, c'est que maintenant c'est fini, il faut prendre en compte la santé et la sécurité des agents, prendre en compte leur rémunération."

Les volontaires sont en effet indemnisés entre 8 et 10 euros de l'heure, contre 16€ pour les pompiers professionnels.

La question de la rémunération divise, comme l'explique un lieutenant volontaire à Mâcon, Anthony Dufour : "On touche quelques rémunérations, mais aujourd'hui si on fait ça pour ça, pour moi il faut changer de métier. J'en dis que ce n'est pas une contrainte pour moi, c'est une envie, un engagement pour les autres."

Les départements à la peine pour financer les SDIS

Hormis l'aspect de l'engagement pris par les pompiers volontaires, il reste la question du financement des services de secours. Ce sont les départements qui financent les SDIS, et rémunérer les volontaires à une juste hauteur serait tout simplement inenvisageable selon le président du Conseil Départemental de Saône-et-Loire, André Accary : "aujourd'hui dans ce territoire, c'est impossible d'avoir 2000 pompiers professionnels. C'est strictement impossible, d'abord je ne suis pas sûr de les trouver, et financièrement, ça serait impossible !"

La Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France défend le statut de volontaire et a affirmé récemment par le biais de son porte-parole Eric Brocardi de "préserver l'engagement citoyen des volontaires."

► Avec Eléa Morel et Marleen Beisheim

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