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Nucléaire : pourquoi François Hollande juge-t-il "assez légitime" d'associer les Chinois à une recapitalisation d’Areva ?

Il est "assez légitime" d'associer des Chinois à une recapitalisation d'Areva, a déclaré le président de la République mardi 3 novembre 2015. François Hollande a assuré que l'Etat français prendrait "lui-même ses responsabilités" dans le plan de sauvetage du groupe nucléaire qui est en cours.
© MAXPPP


Quels sont les partenariats déjà en cours avec la Chine ?

La restructuration d'Areva (qui possède plusieurs sites en Bourgogne) a été lancée fin juillet 2015.
Le plan prévoit la suppression de 6 000 emplois dans le monde et la cession de l'activité réacteurs Areva NP à EDF. L’électricien français en prendrait le contrôle majoritaire avec une participation de 51%, tandis qu’Areva en conserverait 15%.

Le groupe français compte sur ses partenariats avec CNNC et CGN (General Nuclear Power Corporation) l'autre géant chinois du secteur - pour profiter des perspectives prometteuses offertes par le marché nucléaire chinois et relancer sa croissance en poursuivant son développement dans le pays, où sa présence remonte aux années 1980.

En juin dernier, Areva a déjà conclu un protocole d'accord avec le groupe chinois CNNC dans le cadre d'un projet de développement d'une usine de traitement-recyclage des combustibles usés en Chine.
Des négociations commerciales ont démarré cet automne sur ce projet entamé en 2014, dont le coût est estimé entre 10 et 15 milliards d'euros.

Cette association avec la Chine peut-elle porter atteinte à la "souveraineté" de la France ?

Le groupe nucléaire Areva a ouvert la porte à une entrée du géant nucléaire chinois CNNC à son capital, en signant un protocole d'accord prévoyant une possible coopération capitalistique et industrielle après le recentrage de l'ancien fleuron nucléaire français sur le cycle du combustible.

"Nous souhaitions que les capitaux chinois puissent être dans Areva (...). L'Etat français prendra lui-même ses responsabilités dans une recapitalisation d'Areva", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse à Pékin.
"Dans le cadre de cette recapitalisation, les capitaux extérieurs, notamment chinois, avaient leur place", a-t-il assuré. François Hollande s’est dit confiant que cela ne porterait pas atteinte à la "souveraineté" du pays.

"Dès lors que la Chine est un partenaire, puisque nous construisons ensemble des centrales nucléaires, il était assez légitime d'associer (les Chinois) dans le cadre de la restructuration" d'Areva, a souligné François Hollande.

A noter que les groupes chinois CNNC et CGN sont aussi associés à un projet de nouvelle centrale nucléaire d'EDF au Royaume-Uni. L’investissement a été scellé lors d'un récent voyage du président Xi Jinping au Royaume-Uni.
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