Sécheresse : les communes de Côte d'Or contraintes de construire de nouveaux réservoirs d'eau potable

La commune de Prenois a lancé la construction d'un réservoir d'eau potable fin avril 2021. Le but, éviter les pénuries d'eau et baisses de pression alors que l'été prochain s'annonce plus chaud que la normale.

Le Suzon, rivière pluviale, alimente le secteur de Prenois (image d'illustration)
Le Suzon, rivière pluviale, alimente le secteur de Prenois (image d'illustration) © FTV

Un réservoir d'eau potable supplémentaire pour la commune de Prenois devrait venir à bout de problèmes d'alimentation en eau pour les habitants du haut de la commune. Mais aussi, cela permettrait d'anticiper les besoins en eau potable, notamment l'été.

Une réserve supplémentaire pour le réseau

La Côte-d'Or, située sur la ligne de partage des eaux, ne bénéficie pas d'une ressource en eau importante. La plupart des captations sont le produit d'eaux de surface ou alors souterraines, mais dispersées et épuisables en saison chaude. Ainsi, chaque été, le manque d'eau est sensible sur le département. Depuis plusieurs années à Prenois, des baisses de pressions et des pénuries d'eau se faisaient ressentir sur le haut de la commune.

Cyril Fremann, technicien responsable du Syndicat Intercommunal des Eaux et Assainissement de la Vallée du Suzon (SIE-AVS) décrit le dispositif prévu : "Le réservoir va permettre de faire un stockage, ce n'est pas une ressource supplémentaire. Pour ce secteur-là, c'est le captage en profondeur du Suzon qui nous alimente. Mais on remarque qu'il y a moins de ressource qu'auparavant, car on exploite le Suzon sur le secteur de Saint-Martin-du-Mont, et on voit que les ressources diminuent fortement en été."

Pour garantir un approvisionnement en eau constant, le syndicat des Eaux de la vallée du Suzon travaille sur deux axes : le premier concerne la chasse aux fuites et pertes d'eau sur le réseau. Le second axe repose sur des campagnes d'information toute l'année et surtout lors des moments de sécheresse sur l'utilisation de l'eau.
Cyril Fremann confirme : "Sur le plateau de Darois, on travaille sur l'efficacité et le rendement du réseau. On a constaté aussi que pendant l'année, les ménages font des efforts sur leur consommation : il y a une légère baisse; et notamment lors des moments de sécheresse, les gens jouent le jeu de diminuer leur consommation d'eau."

En temps normal, la consommation d'eau annuelle d'un foyer de 4 personnes est de l'ordre de 100 à 120 m3. "On voit des consommations maintenant diminuer autour de 90 m3 par an".

Pour satisfaire la demande en eau pour tout les consommateurs, il faut aussi prendre en compte un autre problème, qui intervient l'été. Sur le secteur, des éleveurs ovins et bovins ont besoin d'eau potable pour leur troupeau. L'abreuvement des animaux est le premier poste de consommation d'eau chez les éleveurs : en moyenne, une vache consomme entre 40 et 120 l d'eau par jour. Là aussi, le Syndicat des eaux doit pouvoir répondre à la demande.

Pour conclure, M. Fremann confirme que sur le secteur, tous utilisateurs confondus, "la production d'eau potable demeure plus plus forte l'été que l'hiver."

Une météo qui s'annonce plus chaude cet été

Le besoin de créer une réserve d'eau se justifie d'autant plus que Météo France a publié dernièrement la tendance saisonnière pour le prochain trimestre, qui s'annonce plus chaud que la normale.

 

Ingrid Springinsfeld, référente territoriale à Météo France, commente la précision des publications récentes de la tendance saisonnière : "On fait tourner plusieurs modèles informatiques pour la prévision saisonnière, sachant qu'elle prend en compte la température des océans, c'est une échéance plus longue dans le temps"

Les différents modèles informatiques utilisés par Météo France ont livré leurs résultats : "Là, on a 10% des modèles seulement qui donnent une tendance en-dessous des normales de saison en termes de températures. On a 40% des modèles qui indiquent qu'on sera dans la moyenne, c'est-à-dire dans la normale de saison et 50% qui nous disent qu'on sera au-dessus."

En se basant sur cette tendance, sur les 3 mois à venir, "on peut dire qu'on aura quand même plus d'évapo-transpiration et cela va assécher les sols."

Plus chaud et...plus sec

Pour les précipitations, Météo France voit sur la prochaine tendance : "De l’Irlande à la Mer Noire et à l’ensemble des pays du pourtour méditerranéen, la probabilité d’un scénario plus sec que la normale est majoritaire."

Cette combinaison des deux facteurs, chaleur et moins de précipitations, n'est pas favorable. Ingrid Springinsfeld commente : "Ce n'est pas non plus à cette période de l'année que les nappes phréatiques peuvent se recharger, les végétaux captent les pluies, en plus de l'assèchement par l'air chaud, on peut dire qu'on a tous les ingrédients réunis pour pouvoir anticiper les périodes de stress hydrique."

A défaut de pouvoir faire tomber la pluie, les communes ont donc de plus en plus recours à des réservoirs supplémentaires pour garantir l'approvisionnement en eau potable.

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