Services publics : après les fermetures d’écoles et d’hôpitaux, “on va nous couper l’électricité ?”

"Non à la casse des services publics", c'est le mot d'ordre de la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité
"Non à la casse des services publics", c'est le mot d'ordre de la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité

Un collectif de défense des services publics a organisé un rassemblement à Paris samedi 23 juin 2018. Des représentants de Bourgogne et de Franche-Comté ont fait le déplacement pour dénoncer les pénuries de personnel, le burn out des professionnels, la désertification des territoires…

Par B.L.

"Non à la casse des services publics", "Sauvons notre hôpital" ...


Au milieu des stands installés place de la République, à Paris, syndicalistes, élus et simples "citoyens" sont venus se faire entendre.
Jean-Yves et Maurice sont arrivés en car de Saint-Claude, dans le Jura, en compagnie d’une trentaine de membres du comité de soutien de leur hôpital. "L'hôpital est en cours de fermeture, on nous renvoie à Lons-le-Saunier, à 60 kilomètres, en zone de montagne", expliquent-ils.


"Sauvons notre hôpital" demandent les habitants de Saint-Claude, dans le Jura / © Arrantxa Belderrain
"Sauvons notre hôpital" demandent les habitants de Saint-Claude, dans le Jura / © Arrantxa Belderrain


"Le but de ce rassemblement, c’est de rappeler que le problème des services publics est un problème de société : cela concerne la santé, le rail, la justice, la police, l’éducation… On demande un aménagement territorial égalitaire dans le pays", explique le Jurassien Michel Antony, fondateur de la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité.

"Il y a une pénurie de personnel de santé. L’Etat, l’administration, les ARS font tout pour récupérer ici ou là des postes pour les amener dans des grands centres. Aujourd’hui, l’attaque principale après les maternités ce sont les urgences.
Dans notre région Bourgogne-Franche-Comté, il y a six localités qui sont touchées : Tonnerre, Clamecy, Avallon, Decize en Bourgogne et Saint-Claude, Gray en Franche-Comté. Pour ces territoires, la fermeture des urgences, c’est progressivement la fin d’autres services qui vont suivre et une désertification accélérée de nos régions.  Il faut bien sûr davantage de moyens budgétaires, mais il faut aussi mieux gérer les personnels sur l’ensemble du territoire", ajoute Michel Antony.


Des Bourguignons et des Francs-Comtois ont participé à un rassemblement pour la défense des services publics, place de la République à Paris samedi 23 juin 2018 / © Arrantxa Belderrain
Des Bourguignons et des Francs-Comtois ont participé à un rassemblement pour la défense des services publics, place de la République à Paris samedi 23 juin 2018 / © Arrantxa Belderrain



On ne vaut pas moins que les gens qui habitent en ville


Céline Plaut est infirmière à l’hôpital de Tonnerre, dans l’Yonne. Elle aussi, est venue à Paris avec une trentaine de personnes pour défendre l’hôpital public et surtout les hôpitaux de proximité. "On est un bassin de vie de 25 000 habitants avec 52 communes. L’hôpital de Tonnerre a tout d’abord été menacé par la fermeture des urgences la nuit. Puis, le directeur de l’ARS est revenu sur sa décision et nous a laissé les urgences ouvertes la nuit mais nous supprime un médecin. Donc, c’est reculer pour mieux sauter", estime Céline Plaut.

"Il y a de grandes parties de nos territoires où les gens sont déjà à plus de 30 minutes de la prise en charge médicale. Si on supprime les urgences de Tonnerre, les gens se retrouveront à 1h ou 1h30 d’un centre hospitalier, ce sera dramatique pour la population. On nous parle d’un hélicoptère. Mais, l’hélicoptère ne vole pas la nuit, ne vole pas quand il pleut, quand il neige, c'est-à-dire la plupart du temps dans nos territoires. Donc, il n’y a que les moyens terrestres et si les distances s’allongent, c’est dramatique, il y aura des morts."

"L’hôpital public n’est pas là pour être rentable. On est là pour un service. Aujourd’hui, on est place de la République : Liberté, Egalité, Fraternité, ce n’est pas pour rien. On est des ruraux, on ne vaut pas moins que les gens qui habitent en ville. Je suis désolée, on paie des impôts comme tout le monde, on a droit à un service public. On nous ferme les écoles, les gendarmeries, on s’attaque aux hôpitaux. Bientôt, on va nous couper l’électricité ? Ce sont des mesures qui sont inadmissibles", conclut l’infirmière de l’Yonne.





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