Suicide : VigilanS, le dispositif de prévention de la récidive suicidaire s’élargit à toute la Franche-Comté 

Le dispositif VigilanS était en place dans le Jura. Il s’adresse désormais aussi aux personnes du Doubs, Haute-Saône et Territoire de Belfort qui ont fait une tentative de suivi et qui souhaitent bénéficier d’un suivi personnalisé.

En France, 9000 personnes par an ont recours au suicide
En France, 9000 personnes par an ont recours au suicide © Alexandre MARCHI - maxPPP

Mettre fin à ses jours, un geste commis par environ 9.000 Français par an selon Santé Publique France.

En Bourgogne-Franche-Comté, on comptait en 2015, 475 décès par suicide. 4.300 personnes sont arrivées à l’hôpital pour des tentatives de suicide.

Prévenir les récidives de suicide

Le Centre Hospitalier Spécialisé Saint-Ylie Jura près de Dole, expérimentait le dispositif VigilanS depuis 2016. Un vigilanseur, psychologue ou infirmier formé à l’évaluation du risque suicidaire et aux contacts téléphoniques, appelait régulièrement les personnes ayant tenté de mettre fin à leurs jours. Objectif, faire le lien, garder le contact avec la personne.

“Quand une personne a fait une tentative de suicide, plusieurs cas de figure se présentent : soit elle va aux urgences ou aux urgences psychiatriques. Avant de sortir, les médecins leur établissent un “compromis de sortie", par exemple prendre rendez-vous avec un médecin psychiatre. Et ils vont leur proposer le dispositif VigilanS" explique Nathalie Haberkorn, cadre de santé du CHS Saint-Ylie Jura en charge du dispositif. 

Des appels sur plusieurs semaines 

“Ce dispositif de rappel téléphonique permet de continuer à être en lien avec la personne le temps que les soins se mettent en place. Nous intervenons entre J-10 et J-21 après la tentative de suicide, pour faire une évaluation de la crise suicidaire (qui dure normalement de 6 à 8 semaines). Nous veillons à ce que le compromis de sortie soit respecté, s’ils ont pris les rendez-vous médicaux et psychiatriques, sinon on peut les aider. Si on identifie d’autres besoins, comme des problématiques sociales, on peut contacter les services sociaux à leur place. Il y a un deuxième appel à J-90, pour savoir si les soins sont engagés” ajoute Nathalie Haberkorn.

Un suivi gratuit, non obligatoire

Le dispositif VigilanS est proposé, il faut que la personne ayant fait une tentative de suicide donne son accord. Si elle ne répond pas aux appels ensuite, une carte postale lui est envoyée avec un rappel des numéros à joindre s’ils en ressentent le besoin. 

“En fonction des contacts qu’on a avec les personnes ayant fait une tentative de suicide, il peut arriver qu’on ajoute des appels à des dates butoirs, qui peuvent faire basculer de nouveau la personne dans un geste suicidaire. Par exemple quand les personnes sont convoquées au tribunal pour des questions de garde d’enfant. Des choses comme ça qui sont très importantes, on va se soucier d’eux et les appeler” complète Nathalie Haberkorn.

Au bout de  6 mois, si les personnes n’ont pas refait de geste suicidaire, elles vont sortir de la veille. Si pendant le dispositif VigilanS, il y a une nouvelle tentative, le dispositif se remet en place pour 6 nouveaux mois.

Un dispositif validé par le ministère de la Santé

Le programme VigilanS a été développé en France par le CHU de Lille. Il constitue un axe fondamental dans le cadre du programme national de lutte contre le suicide et a pour vocation à être généralisé à l’ensemble du territoire. Un dispositif qui semble bien accueilli. “C’est beaucoup plus facile pour une personne ayant fait une tentative de suicide de se livrer par téléphone. On s’adapte, on convient des rendez-vous à des moments où ils sont disponibles, c’est certainement plus facile pour eux….Cela ne remplace pas un suivi psychologique. On est en complément des soins existants, généralement en attendant que les soins se mettent en route, car il y a des délais d’attente. On est là pour faciliter l’accès aux soins, réorienter si nécessaire” conclut Nathalie Haberkorn, cadre de santé du CHS Saint-Ylie Jura.

Les chiffres du suicide en Bourgogne-Franche-Comté

Avec 475 décès dans l’année en 2015, le suicide constitue 1,7 % des décès de la région et est à l’origine d’environ 4 300 hospitalisations par an (données de 2017). 

La région se situe parmi les régions présentant une situation défavorable en matière de suicide. 

La disparité entre départements est forte avec un taux de suicide de 9,9 en Côte-d’Or et de 25,9 en Haute-Saône pour 100 000 habitants, avec sans doute des écarts plus grands à un niveau géographique plus fin. On peut noter la situation particulière du Territoire-de-Belfort avec un fort taux d’hospitalisations, mais un faible taux de décès. 

La population la plus concernée est constituée des adultes de 25 à 59 ans devant les personnes âgées de 60 ans et plus, les adolescents et jeunes adultes de 10 à 24 ans avec la particularité des jeunes filles entre 15 et 19 ans pour les tentatives de suicide.

En savoir plus sur les données du suicide dans notre région.

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