Tavaux : la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher visite l'usine INOVYN pour le plan "France Relance"

La ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher visite ce jeudi 17 décembre l'usine chimique Inovyn, premier employeur privé du bassin dolois, avec 800 salariés. Cela s'inscrit dans le cadre du plan "France Relance", l'outil de redressement de l'économie post-covid du gouvernement.

Agnès Pannier-Runacher devant le site de construction du futur site de Recompression Mécanique de Vapeur.
Agnès Pannier-Runacher devant le site de construction du futur site de Recompression Mécanique de Vapeur. © Inovyn
Plan de relance: la ministre Agnès Pannier-Runacher chez Inovyn à Tavaux dans le Jura

Il s'agit d'une des plus grosses usines du groupe Inovyn/Ineos, dont le siège social se situe à Londres. Sur le site de Tavaux (Jura) sont fabriqués divers produits chimiques (chlore, VCM, soude caustique, organiques chlorés) et 250 000 tonnes de PVC par an. C'est aussi l'un des plus gros employeurs du département : 800 collaborateurs.

Un site idéal pour qu'Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, chargée de l’Industrie, expose la mise en oeuvre du plan « France Relance » dans l’Industrie. Elle a été accueillie sur place par les dirigeants de l'usine, ainsi que de nombreux élus : le député LR Jean-Marie Sermier, la députée LREM Danielle Brulebois, la sénatrice Union centriste Sylvie Vermeillet et le premier vice-président du conseil régional, le socialiste Michel Neugnot.

L’entreprise INOVYN de Tavaux a en effet candidaté pour bénéficier du soutien du plan « France Relance » afin de développer un important projet de décarbonation. Il s'agit de remplacer le procédé de concentration de la saumure pour la production de sel solide (nécessaire à la fabrication des produits chimiques) par un procédé plus performant, une Recompression Mécanique de Vapeur (RMV) fonctionnant à l'électricité. Cet investissement de 68,5 millions d'euros entraînerait la réduction d'énergie primaire de 212 gigawatt-heure et des émissions de CO2 de plus de 60 000 tonnes par an.

La ministre déléguée a confirmé le soutien de l'Etat à cette innovation via "France Relance" sans toutefois préciser son montant.

Le plan « France Relance »

Le Gouvernement a présenté le 3 septembre 2020 le plan « France Relance », une feuille de route pour la "refondation économique, sociale et écologique du pays", à l'issue de la crise sanitaire et ses conséquences sur l'emploi, la viabilité des entreprises et leur capacité d'innovation. Les objectif à atteindre se fixent sur 2030. Le budget est de 100 milliards d’euros, soit un tiers du budget annuel de l’État. 40% sont financés par l’Union européenne, des fonds mobilisables par les États membres jusqu’en 2026.

Un tiers de ces 100 milliards (près de 35 milliards d’euros) est dédié à l’industrie,  autour de "quatre axes : décarboner, (re)localiser, moderniser et innover".

Le Jura, département industriel en souffrance

S'il est le département le plus industrialisé de France au regard de sa population active (33 % des emplois, contre 13,3 % en moyenne en France), le Jura connaît une grave crise depuis plusieurs mois avec l'annonce successive de fermetures d'usines ou de licenciements massifs.

La rentrée de septembre a sonné le glas de l’usine historique de sanitaires en céramique Jacob Delafon à Damparis, lachée par le groupe américain Kohler. 151 salariés perdent leur emploi. Quelques jours plus tard, c'est à Lons-le-Saulnier,  l'équipementier suédois SKF qui annonçait la suppression de 123 postes de travail sur les 347 du site, conséquence de la chute de l'activité mondiale de l'aéronautique en cette année de pandémie.

Le Haut-Jura a aussi accusé de nombreuses mauvaises nouvelles pour l'emploi. La fermeture de l'usine LMT Belin à Lavancia-Epercy a provoqué la suppression d'au moins 80 emplois, relocalisés en Allemagne. A Morez, le lunettier L’Amy a licencié 30 personnes. Enfin, début novembre, c'est la fonderie MBF Aluminium et ses 300 emplois à Saint-Claude (le plus gros employeur de la ville) qui a été placée en redressement judiciaire. Elle cherche toujours un repreneur.

Si ces sous-traitants de l'aéronautique et de l'automobile accumulent les plans sociaux, aggravés par la crise du Covid, d'autres secteurs se portent encore bien, comme l'agroalimentaire, le luxe et le plastique qui bénéficie d'un regain de notoriété face aux besoins sanitaires.

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