TÉMOIGNAGES. La galère des baby-sitters privées d'enfants à garder

Souvent prisé par les étudiants en quête de revenus, le babysitting souffre des restrictions liées au Covid-19. Malgré cela, les babysitters et les différentes agences tentent de maintenir leur activité. En Bourgogne, professionnels du métier et babysitters occasionnels nous racontent. 

© AFP

Est-il encore possible d'être babysitter dans un monde où les parents ne vont plus au cinéma ou au restaurant le soir ? Face aux nombreuses restrictions, notamment le couvre-feu ou encore le développement du télétravail, la question se pose pour les étudiants en quête d'emploi.

 " En ce moment, on constate une baisse de notre activité de l'ordre de 25 %. Le couvre-feu à 18h a eu un fort impact sur cette baisse et cette fois, les écoles sont restées ouvertes " expose Benoit Kauffmann, responsable de l'agence Kangourou Kids à Chalon-sur-Saône, une entreprise, spécialisée dans la garde d'enfants. " On intervient principalement aux horaires de sorties d'écoles et de crèches " précise-t-il.

" Nous sommes toujours disponibles et c'est important de le montrer "

Dans cette agence qui emploie 55 salariés en CDI, le responsable a dû bouleverser ses effectifs. " On emploi différents types de profils, des personnes qui travaillent à temps-plein, d'autres en temps partiel, certains qui cumulent plusieurs emplois ou encore par exemple des retraités. Etant donné que l'activité a chuté, on a dû suspendre des contrats, placer des salariés en chômage partiel... " 

Même constat à l'agence Babychou services de Dijon, qui met en relation parents et babysitters. " Comme dans d'autres secteurs commerciaux, on constate une baisse de notre activité et de notre chiffre d'affaire c'est certain " explique Louise Compagnon, la responsable de l'agence.

Elle tempère : " Mais on s'accroche, on essaie de maintenir les gardes, comme avant. Nous sommes toujours disponibles et c'est important de le montrer. Par exemple, nos intervenants possèdent tous une attestation professionnelle pour pouvoir travailler même pendant le couvre-feu. "

Parmi la soixantaine d'intervenants que compte l'agence dijonnaise, une majorité sont étudiants. Dès lors, la poursuite des études à distance a eu des effets clivants. " D'un côté, certains ont pu adapter leur emploi du temps et donc modulent leur planning. Ils arrivent à dégager du temps et donc se montrent plus disponibles qu'avant. De l'autre côté, d'autres ont quitté la région et sont retournés chez leurs parents pour suivre les cours en ligne " .


 

À cause de la troisième vague j'ai dû arrêter de travailler pour une famille, qui me sollicitait seize heures par mois. Ils avaient besoin de moi quand ils sortaient le soir au cinéma ou au restaurant...

 

Retourner chez ses parents, c'est justement le choix qu'a fait Léa, 20 ans, et étudiante en licence de lettres à Dijon. 

" Maintenant que j’étudie à Dijon, je ne peux en faire [du babysitting] que quand je rentre chez mes parents à Givry [Saône-et-Loire], j’ai pas mal de connaissances là-bas donc je peux trouver du travail. Mais en ce moment c'est très compliqué, je ne travaille pas du tout " confie Léa.

Pendant le premier confinement, au printemps dernier et alors que les écoles étaient fermées, la jeune femme avait travaillé pratiquement sans-cesse auprès d'une fratrie dont les parents étaient soignants. Mais le second confinement et les différentes mesures de couvre-feu n'ont pas eu les mêmes effets...

" En travaillant tous les week-ends ça peut monter à 200 euros par mois, c’est une somme qui n’est pas négligeable quand on est étudiants. Personnellement j’ai de la chance parce que je suis aidée par mes parents et cet argent ne me sert que pour des choses annexes comme les sorties par exemple ".

" C'est ma seule source de revenus, confirme Auriane, par ailleurs étudiante en CAP petite enfance. Je travaille en moyenne quinze heures par semaine, en plus de mes études. Cela me rapporte entre 400 et 800 euros par mois, c'est assez variable même en temps normal. En ce moment cela tourne plutôt autour des 600 € ". Alors Auriane compte sur les différentes aides sociales pour compenser sa baisse de revenus. 

Car si l'étudiante est parvenue à conserver une partie de ses gardes, elle constate néanmoins quelques pertes : " À cause de la troisième vague j'ai dû arrêter de travailler pour une famille, qui me sollicitait seize heures par mois. Ils avaient besoin de moi quand ils sortaient le soir au cinéma ou au restaurant... " raconte-t-elle.

Dans les prochains jours, le Gouvernement pourrait annoncer de nouvelles restrictions. À ce stade, la fermeture des écoles ne semble pas figurer parmi les priorités envisagées. De quoi faire patienter encore un peu plus les babysitters.

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