Affiches des Eurockéennes : histoire d'une trilogie

© Territoire de Musiques
© Territoire de Musiques

Quel est le point commun entre Sitting Bull, Mohamed Ali et Emiliano Zapata ? Leurs portraits ont été choisis pour les affiches des Eurockéennes. Un choix qui ne doit rien au hasard.

Par Isabelle Brunnarius et Sophie Courageot

Ce n'est pas son affiche qui fait la réussite d'un festival mais elle y contribue ! Depuis trois ans, les Eurockéennes font appel à une jeune équipe de graphistes pour la conception de leur communication. Tout est parti d'un concours lancé par le festival pour renouveler le style des affiches. Fini le temps du lac, des pelouses... il fallait trouver une autre idée ! 
De nombreuses agences de communication ont répondu à ce concours et ce sont trois jeunes artistes tout juste sortis de l'école des Beaux-arts de Nancy qui ont eu la bonne intuition. Pierrick Juin a trouvé cette idée de l'Indien comme tête d'affiche. Et qui mieux que Sitting Bull peut incarner ces valeurs de défense de territoire, de nature préservée, de besoin de liberté et d'engagement ? Le grand chef Sioux porte les mêmes valeurs que les Eurockéennes veulent mettre en avant. L'idée séduit le Jury ! Banco pour ce changement radical qui déroutera un peu au départ les festivaliers. Une fois expliqué, décliné sur les réseaux sociaux, le site internet, les programmes... l'Indien des Eurocks est adopté !
SCHLEP (Pierrick Juin, Quentin Klein et Hugo Chevalier) conçoit même les videos pour annoncer les programmes. Avec toujours cette référence au graphisme de l'affiche.



La complicité avec Jean-Paul Roland, le directeur des Eurockénnes, se poursuit en 2012.


Cette fois-ci, l'équipe demande aux graphistes de continuer dans la veine "engagement et fédérateur". Il fallait trouver une figure emblématique de l'esprit rock'énnnes.... Mohamed  Ali s'impose assez facilement. Les graphistes choisissent une photo du boxeur sans gant en pleine conférence de presse. Le côté "grande geule", un état d'esprit qui va au délà du sport est privilégié. On retrouve le caractère, la force du combattant Sioux mais cette fois-ci version rouge.



Pour 2013 et le 25 eme anniversaire des Eurocks,


le climat de confiance est largement instauré entre les équipes. Un anniversaire vaut bien une trilogie. Jean-Paul Roland a la fibre graphiste, le travail se fait vite et bien. Ils se retrouvent tous ensemble et tombent d'accord sur une autre icône de l'esprit lutte, liberté et grand large : Emiliano Zapata ! Le révolutionnaire mexicain a lui aussi tout pour plaire aux Eurocks : il s'est battu pour la restitution de terres aux paysans au début du XXe siècle.
Paysan indien, Zapata souleva les fermiers du sud du pays en 1911. La révolution menée par les guérilleros fit tomber la dictature du président Porfirio Diaz. Zapata voulut réaliser une réforme agraire mais fut assassiné en 1919. Aujourd’hui, de nombreux Mexicains le considèrent comme un héros. Il est mort à l'âge de 39 ans.Emilio Zapata avait pour devise : "Mieux vaut mourir debout que vivre toute une vie à genoux."
En prime, l'élégance recherchée de Zapata et l'imaginaire chaleureux du Mexique donnent du piment à l'affiche.




Sitting Bull, Mohamed Ali et Emiliano Zapata : trois visages venus de l'Amérique, le continent qui a vu naître le rock'n roll ! Choisir un révolutionnaire pour les 25 ans, c'était aussi une façon de faire un clin d'oeil à l'histoire du festival. Un festival qui né en 1989 année du bicentenaire de la révolution... française !

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