Belfort serait préservé par les suppressions d'emploi annoncées par General Electric

Un salarié de GE à Belfort / © France 3 Franche-Comté
Un salarié de GE à Belfort / © France 3 Franche-Comté

A peine racheté, General Electric taille dans les effectifs du pôle énergie d'Alstom. 6.500 suppressions de postes sont envisagées dans le monde entier. 

Par Sophie Courageot

Un marché énergétique déprimé

Le conglomérat américain General Electric invoque un environnement énergétique déprimé pour annoncer des coupes claires dans les activités énergétiques qu'il vient de racheter au français Alstom.

Les suppressions de postes concerneront  essentiellement l'Europe et notamment en France, où GE s'est pourtant engagé à créer 1.000 emplois nets.

Le plan de restructuration va toucher plusieurs pays européens et impacter potentiellement 6.500 emplois sur 35.000"

a indiqué un porte-parole de GE.
Des pays non européens seront également touchés par cette restructuration, mais le groupe n'a pas confirmé le chiffre de quelque 10.000 suppressions de postes en tout dans le monde, avancé par les syndicats CGT et CFE-CGC.

On a vraiment l'impression que c'est un plan de licenciement boursier, qu'il faut trouver trois milliards de dollars d'économies et que, du coup, ça se décline en 10.000 suppressions de postes à faire d'ici fin 2017"

a déclaré Arnaud Séjourné, de la CFE-CGC.

En France, la restructuration devrait concerner 765 personnes sur un peu moins de 9.000, essentiellement au siège de Levallois-Perret, près de Paris et à Massy (Essonne).


Belfort préservé, les syndicats en doutent

Le site emblématique de Belfort sera épargné, comme les activités dans les énergies renouvelables, a indiqué l'industriel américain. GE insiste sur le fait que son engagement de créer 1.000 emplois nets hautement qualifiés dans l'hexagone au cours des trois prochaines années est maintenu.
Ce dont doute la CGT. Le syndicat fustige un "habillage" de créations "via de l'internalisation de sous-traitance et du rapatriement d'activités d'autres pays européens", à coup d'"argent public", via le crédit d'impôt recherche.

Cette promesse de création d'emplois avait été concédée par GE pour obtenir l'aval du gouvernement français au rachat du pôle énergie d'Alstom, que le groupe américain avait dû longuement et âprement négocier au printemps 2014, face aux craintes de voir passer sous pavillon étranger des activités jugés stratégiques pour le pays.


Le gouvernement français demandera des comptes


L'exécutif sera "comptable" des engagements du groupe, a réagi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.
Mais pour Laurent Santoire, délégué CGT, "le gouvernement français n'a pas verrouillé le devenir d'Alstom et donc le devenir de la filière énergétique".

Est-ce qu'il est pertinent qu'un groupe aussi riche qui dit s'engager dans l'industrie ait comme seul acte un plan de restructuration? Où est le plan d'investissement?"

s'interroge-t-il.

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