Belfort : découvrez la première motrice du TGV du futur, le TGV M qui roulera dès 2024

La première motrice et le nez du nouveau TGV ont été dévoilé ce mercredi 26 mai dans les ateliers de l'usine de Belfort par Alstom et la SNCF. 

La motrice du TGV du futur, le TGV M, produite dans les ateliers d'Alstom Belfort.
La motrice du TGV du futur, le TGV M, produite dans les ateliers d'Alstom Belfort. © Vanessa Hirson - france télévisions

Un nez arrondi, un silhouette blanche. Voici le visage de la première rame du futur TGV. Christophe Fanichet (Président Directeur Général de SNCF Voyageurs), Alain Krakovitch (Directeur de Voyages SNCF) et Jean-Baptiste Eyméoud (Président, Alstom France) ont levé le voile sur la silhouette de la 1ère motrice du  TGV M. La SNCF a passé commande en juille 2018 de 100 trains grande vitesse nouvelle génération, un train baptisé Avelia Horizon. Cooût : 25 millions d'euros par rame. Une facture globale de 2,7 milliards d'euros ! 

Une motrice plus fuselée qui joue l'aérodynamie

L'avant de la première motrice fait penser à un serpent, avec son bout effilé, la grande vitre de sa cabine de conduite et ses phares en biais. Certains croient reconnaître une abeille."On a travaillé sur l'aérodynamique, avec une motrice beaucoup plus fuselée. On a aussi énormément travaillé sur le carénage de l'ensemble des équipements. (...) Et toute la partie motorisation est beaucoup plus simplifiée que ce qu'on a pu connaître sur des générations précédentes", expose Jean-Baptiste Eyméoud, président d'Alstom France. "Tout est confidentiel à l'intérieur", avertit une employée de l'usine, spécialisée dans les locomotives. Les quelques invités du jour se contenteront donc de ce fameux nez, tout blanc.
 

Un TGV moins gourmand en énergie, et plus spacieux 

Cet éco TGV, dont la mise en circulation des premières rames est prévue en 2024 coûtera 20% moins cher en production, il consommera 20% moins d'énergie.

Le train sera modulaire, flexible. Avelia Horizon, sera composé de deux motrices innovantes de longueur réduite, et de voitures passagers articulées. Cette architecture permet ainsi d’augmenter de 20% la surface du train dédiées aux voyageurs et d’accueillir jusqu’à 740 passagers contre 600 actuellement.

Dix des douze sites d'Alstom participent au développement puis la production du TGV M

Belfort pour les motrices, La Rochelle pour les voitures, Villeurbanne pour le système informatique embarqué, l’information voyageurs et les équipements électroniques, Ornans pour les moteurs, Le Creusot pour les bogies, Tarbes pour la traction, Petit Quevilly pour les transformateurs, Reichshoffen pour les dispositifs d’absorption d’énergie en cas d’accident, Valenciennes pour les intérieurs, et Saint-Ouen pour le système de signalisation, le soutien logistique, le support services et pour le design. Au total, 4000 emplois dans la filière ferroviaire française chez Alstom et ses fournisseurs.

A Belfort, les syndicats se réjouissent de la fabrication, mais ne crient pas pour autant victoire pour l'avenir du site. "C'est bien, mais restons prudents" prévient Alain Lugenbuhler, représentant CFDT. "Cette motrice représente un beau projet pour Alstom et Belfort, mais ce projet n'apporte pas suffisament de travail pour les ateliers. Nous avons toujours l'inquiétude de préserver l'emploi et la perénnité du site de Belfort" ajoute le syndicaliste. Il rappelle que la direction a prévu du chômage partiel longue durée sur deux à trois ans sur les secteurs de l'usine les plus impactés par une baisse d'activité à partir de cet été. 

 

Les premières rames du TGV M rouleront dans le Sud-Est

Les premières rames doivent rouler entre Paris et le Sud-Est de la France à la fin du premier semestre 2024, juste avant les jeux Olympiques. Les livraisons doivent ensuite être étalées jusqu'en 2031.
"On n'a pas encore complètement calé le rythme de livraison", indique-t-on pudiquement à la SNCF et chez Alstom. La compagnie publique, saignée par la pandémie, a en effet demandé d'étaler les livraisons les premières années pour faire des économies. Quand elle les aura toutes réceptionnées, les "TGV M" devraient constituer le tiers de son parc de trains à grande vitesse, réduit d'ici là de 400 à 300 rames environ.
"Nous avons prévu que ce TGV puisse aller partout en Europe", souligne Christophe Fanichet, rappelant que la SNCF vient de lancer son TGV à bas coût Ouigo en Espagne.

Le TVG M, pourra être utilisé tant pour l’ offre SNCF de TGV INOUI que de OUIGO. Les voyageurs y trouveront un accès handicapé facilité, plus de places pour les bagages, un réseau wifi à bord avec de la 5G.

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