Belfort : le planning familial Simone Veil peut réaliser des IVG médicamenteuses à domicile pour les femmes majeures

Depuis la mi-avril 2021, le centre de planification Simone Veil est habilité à accompagner les femmes majeures qui souhaitent avoir recours à une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse. Une prise en charge globale et complète. 

Le centre de planification Simone Veil à Belfort peut désormais accompagner du début à la fin, les femmes majeures pour les IVG médicamenteuses à domicile
Le centre de planification Simone Veil à Belfort peut désormais accompagner du début à la fin, les femmes majeures pour les IVG médicamenteuses à domicile © Conseil départemental du Territoire de Belfort

L’accompagnement des femmes vient de franchir un nouveau cap au centre de planification familiale Simone Veil, à Belfort. Désormais, le planning familial du centre-ville, service proposé par le Conseil départemental, peut proposer une prise en charge complète des IVG médicamenteuses, pour les femmes majeures, jusqu’à 5 semaines de grossesse (soit 7 semaines d'aménorrhées). Le résultat d’une “volonté de faciliter l’accès à l’IVG, et de dire qu’il y a des services de proximité en ville” explique Sophie Damour, responsable du centre de planification.

C’est une convention avec l’hôpital Nord Franche-Comté, signée le 14 avril, qui a entériné cette nouvelle compétence. “Jusqu’à présent, expose Sophie Damour, on recevait toute personne qui était inquiète, on pouvait prescrire un test de grossesse, annoncer le résultat, et si elle le souhaitait, on l'orientait vers un service pour pratiquer une IVG”. Pour la suite de la procédure “on n'avait pas le matériel, car il faut un échographe et donc il fallait le budget, et il fallait former les personnels”. C’est désormais chose faite. Les conseillères conjugales et familiales qui accueillent les femmes et les couples dans un premier temps, sont formées à cette prise en charge.

Une prise en charge rapide

“On reçoit beaucoup de femmes qui ne savent pas si elles sont enceintes, au moment où elles sont inquiètes” explique Sophie Damour, elle-même conseillère conjugale et familiale. Un test de grossesse sanguin, le plus précis, leur est donc proposé. “Si le résultat est positif, notre travail c’est de leur demander ce qu’elles souhaitent”. “Si elles veulent une IVG, elles peuvent nous raconter le contexte ou leurs angoisses, on est là pour les écouter. On leur donne toutes les informations nécessaires pour se représenter comment les choses vont se passer” complète-t-elle. Un ou plusieurs rendez-vous de la sorte peuvent être proposés, si la patiente a besoin de temps ou d’en reparler. Ensuite, vient un rendez-vous avec un médecin, pour faire une échographie et notamment s’assurer que la grossesse a bien moins de 5 semaines. Au centre de Belfort, “la personne peut rencontrer une conseillère et un médecin le même jour”, précise Sophie Damour. Dans un second temps, après “le temps qu’il lui faut pour bien comprendre et pour dire qu’elle a décidé qu’elle veut qu’on la prenne en charge”, mais qui peut se produire dès le lendemain, elle rencontre une infirmière, qui va enclencher le traitement. 

L’IVG médicamenteuse se fait en deux étapes : deux comprimés, à prendre à 24 ou 48 heures d'intervalle. Le premier est pris lors de ce rendez-vous avec l’infirmière, le second est confié à la patiente qui pourra le prendre à son domicile. Pendant cette consultation, l’infirmière va également donner des conseils à la patiente, et rédiger une fiche de suivi, ici en lien avec l’hôpital Nord Franche-Comté. Entre le test positif et l'IVG médicamenteuse, quelques jours seulement peuvent se dérouler. Trois semaines plus tard, un rendez-vous de contrôle au planning familial est donné, pour s’assurer que tout s’est bien passé.

L’IVG médicamenteuse, qui peut se faire jusqu’à 5 semaines de grossesse (soit 7 semaines depuis le début des dernières règles), et exceptionnellement, pendant la durée de l’épidémie de covid, jusqu’à 7 semaines de grossesse et 9 semaines depuis le début des dernières règles, représente 70% des avortements en France, soit plus de 160.000 IVG en 2019. Ces délais passent très vite, notamment lorsque l’on sait que le retard des règles, ne se produit souvent que quelques semaines après le début de la grossesse. Ainsi, Sophie Damour donne le conseil suivant : “Dès que l’on a une semaine de retard de règle, il faudrait faire un test de grossesse”. Les tests sanguins sont les plus sûrs. Ils peuvent être réalisés dans les plannings familiaux, ou dans un laboratoire d’analyse, sans ordonnance.

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