« Certains jeunes se sont même vaccinés pour aller en boîte ! » Les patrons de discothèques du Nord-Franche-Comté se confient, entre joie et appréhension

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Écrit par Sophie Hienard

Fermées depuis le 6 décembre dernier, les boîtes de nuit s’apprêtent à rouvrir ce mercredi 16 février. Dans le Nord-Franche-Comté, deux gérants de discothèques nous donnent leur état d’esprit.

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Au Cario Club de Mathay, les canapés sont disposés çà-et-là, les tables aussi. Il reste quelques ajustements avant l’ouverture. Et la grande salle reste vide. « Nous sommes déjà complets ! », lance pourtant Caroline Fois, co-gérante de la discothèque comtoise. Toutes les tables ont été réservées pour ce jeudi 17 février, le jour de sa réouverture. Un retour des fêtards qui pourront danser et consommer des boissons debout. D’un souffle, elle confie : « C’est un bon signe ».

Et surtout un soulagement. Après deux mois d’arrêt brutal, en raison de l'épidémie de covid-19, la même question la taraudait : ses clients allaient-ils revenir faire la fête ? Caroline remarque à quelques heures de l’ouverture : « Les jeunes ont fait beaucoup de sacrifices ; certains se sont même vaccinés pour aller en boîte ! Je crois que tout le monde a envie de reprendre une vie normale. » L’entrée dans les discothèques étant conditionnée à la détention d’un pass vaccinal. Le masque n’est pas obligatoire à l’intérieur mais recommandé. 

« Stop & go »

Après deux mois de fermeture, la tension reste forte pour le Cario Club comme l'explique Caroline : « Nous sommes contents de cette réouverture, c’est sûr. Nous l’attendions. Mais nous appréhendons la suite ». Ce n’est donc plus la fréquentation qui l’inquiète - « a priori, le nombre de personnes triplement vaccinées devraient être grand » - mais bien l’avenir de sa boîte de nuit.

Elle raconte : « Même si nous avions fermé moins longtemps que la dernière fois, il faut savoir gérer la trésorerie. » La co-gérante pointe cette stratégie de « stop & go » et craint déjà de devoir abaisser à nouveau son rideau. Caroline ajoute : « On nous a promis des aides, qui n’arrivent toujours pas. »

30 % de pertes de chiffre d’affaires

Henday Matendi dresse un constat similaire. Sa discothèque, le « Sebene » à Belfort, rouvrira ses portes ce mercredi 16 février « avec difficulté ». Bien que content d’enfin pouvoir reprendre son activité, le gérant reste remonté contre ces fermetures. Il tance : « Le gouvernement nous ferme quand il veut, tandis que d’autres secteurs ont été épargnés. »

Avec un mois de décembre quasi-vide, le boîte de nuit belfortaine a perdu 30 % de son chiffre d’affaires annuel. « Et nous tombons dans une période de "vaches maigres" : la Saint-Valentin est passée, et les mois de février et mars sont réputés pour être les plus difficiles », remarque Henday. Il entrevoit déjà l’excitation de la réouverture s’essouffler dans les prochaines semaines.

Si le gérant se prépare déjà aux mesures sanitaires, il craint aussi un changement d’habitude lié à l’épidémie : « Les gens sont peut-être devenus plus prudents, et n’oseront peut-être pas se déplacer » Henday l’assure : tout sera fait pour assurer la sécurité des clients comme du personnel dans la boîte. Il ne reste plus qu’à accueillir les fêtards.