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Eurockéennes 2019 : droits musicaux Sacem, que devra payer le festival ?

© MAXPPP/Lionel VADAM
© MAXPPP/Lionel VADAM

Souvent mal comprise, la facture de la Sacem est incontournable pour les festivals. Cette somme permet de rétribuer la création artistique. Mais comment ces droits musicaux sont-ils calculés ? Quelles sont les obligations des Eurockéennes ? On vous explique tout.

Par Lucie Thiery

"C'est un peu la douloureuse, une facture qu'on ne comprend pas toujours au départ" confie Aurélien Bouveret, programmateur du festival de la Paille à Métabief et manager du groupe Bigger programmé en ouverture des Eurockéennes 2019. "Mais lorsqu'on travaille à la fois pour un festival et les artistes on comprend l'importance des droits Sacem".

Tous les festivals doivent passer à la caisse et payer la Sacem.
C'est la société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. Elle rémunère les créateurs de musique en prélevant des droits auprès de diffuseurs, comme les salles de musiques, les festivals de musique etc.

Cette année par exemple, les Eurockéennes reversent plus de 300 000 euros à la Sacem.
 

Droits Sacem, comment ça marche ?


Le montant de ces droits est forfaitaire. Le taux normal est de 11 %. Dans le cas d’un festival comme les Eurockéennes ce taux tombe à 8 % car il effectue ses déclarations bien en amont.
Mais 8 % de quoi exactement ? Et bien, le festival doit reverser 8 % de toutes ses recettes de billeterie mais aussi 8 % de la moitié des recettes annexes, c’est-à-dire celles générées par les bars et la restauration sur le site.

Et c’est justement ce dernier point qui pourrait évoluer pour être « plus égalitaire » selon les organisateurs.
« Nous sommes très impactés, la Sacem pourrait prendre en compte autrement ces frais annexes.. » réagit Jean-Paul Roland, directeur du festival.

 
Matthieu Pigasse et Jean-Paul Roland lors de la conférence de presse de la 31e édition du festival des Eurockéennes de Belfort. / © MAXPPP/Lionel Vadam
Matthieu Pigasse et Jean-Paul Roland lors de la conférence de presse de la 31e édition du festival des Eurockéennes de Belfort. / © MAXPPP/Lionel Vadam


Les organisateurs, via le Prodiss, syndicat national du spectacle musical et variété, sont en discussion avec la Sacem pour modifier cette réglementation. Les festivals se sentent doublement pénalisés par rapport aux salles de musiques actuelles.
En effet, puisque ces salles ont moins de recettes annexes que les festivals, leurs droits musicaux Sacem sont forcément moins élevés. dans le même temps ils payent moins de charges techniques que les festivals qui doivent monter de toute pièce leurs structures scéniques pour quelques jours de concerts seulement.


Et s’il n’y a pas de recettes ?

Les droits sont alors calculés sur le budget artistique majoré de 35 %.
Pour les Eurockéennes, cette année l'enveloppe des dépenses artistes s’élève à 3,6 millions d’euros, soit 40 % du budget total. Cela comprend les salaires des membres du groupe, de leur équipe technique, leur production ainsi que les frais de déplacement, de repas etc.
 

A qui sont reversés les 300 000 euros de droits musicaux ?

Concrètement, la Sacem récupère le programme de chaque artiste et répartit ensuite le montant des droits musicaux entre eux à hauteur de leur cachet.
« Quelque soit sa renommée, chaque artiste a la garantie de toucher des droits » explique Olivier Pillon, responsable communication pour la Sacem Nord-Est. "Cela permet de rétribuer les créateurs des oeuvres, ces artistes dans l’ombre qui ont composé la musique".
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Le cachet des groupes s'est envolé ces dernières années. Il faut dire que les artistes ne vivent plus de la vente des disques. Par ailleurs, la hausse du nombre de festivals (1887 en France), contribue à faire monter les enchères. 


« Dans l’industrie de la musique, ces dernières années, on a constaté des dérives, des spéculations sur les artistes », estime Aurélien Bouveret.
Sur un festival comme les Eurockéennes, les rémunérations artistiques vont du SMIC à 500 000 euros pour une heure et demie de concert. 

« Dépenser plus d'un million d'euros pour Radiohead, on ne peut pas se le permettre avec 9 millions de budget. Mais ce n'est pas grave. On se recentre sur les découvertes, ce qui a toujours été notre ADN. » déclarait Jean-Paul Roland, directeur du festival au Parisien en 2018.

 
Le groupe franc-comtois Bigger en concert d'ouverture aux Eurockéennes 2019 / © Photo Sarah Rebouh
Le groupe franc-comtois Bigger en concert d'ouverture aux Eurockéennes 2019 / © Photo Sarah Rebouh

 

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