Eurockéennes : empreinte carbone, plastiques et mégots, le festival des Eurocks de Belfort en mode green

L’association « Territoires de musique », organisatrice des Eurockéennes de Belfort, porte des engagements forts. Notamment pour l’environnement. Afin de protéger le magnifique site du Malsaucy et de réduire l’impact écologique du festival, l’association met en place plusieurs dispositifs.

La presqu’île du Malsaucy. C’est dans ce magnifique cadre que s’installent chaque année les Eurockéennes de Belfort depuis 1989. Un festival de cette ampleur, c’est une petite ville qui est créée. Conscients de l’importance de respecter cette zone naturelle protégée, les organisateurs et équipes techniques adaptent leurs pratiques.

Frédéric Adam, responsable du pôle partenariat, explique, « Notre façon de travailler et nos méthodes sont fixées au préalable avec un cahier des charges. Par exemple, les équipes vont utiliser un engin de chantier plutôt qu’un autre, ne pas planter de clous dans les arbres, etc. ». Côté aménagements, également, des efforts sont faits. Les tentes en plastiques abritant des stands durant le festival sont remplacées par des cabanes en bois. Cela permet, d’une part, de réduire l’utilisation de plastique, et d’autre part, d’instaurer une ambiance végétale qui va particulièrement bien au site du Malsaucy. Pour poursuivre dans cette démarche responsable, le bois utilisé est acheté en circuit-court.

Lors de la dernière édition, en 2019, une personne chargée de coordonner toute la politique liée au développement durable a été missionnée pour la première fois. L’accent a été mis sur le tri et la réduction des déchets. Dans cette optique, environ 1.000 gourdes réutilisables ont été fournies aux équipes, et des fontaines à eau ont été installées.

Afin de préserver au maximum la presqu’île, l’association Territoire de Musiques, qui organise le festival, collabore avec le Département du Territoire de Belfort, avec qui une convention a été signée. Pour la première fois, un bilan carbone sera également réalisé cette année. « C’est un gros dispositif qui va nous permettre d’avoir des données pour progresser et nous améliorer les années qui viennent » remarque Frédéric Adam.

S’amuser, oui. Mais en ayant un comportement responsable

Si en interne des efforts sont faits, les festivaliers, aussi, sont sensibilisés à l’enjeu environnemental. Cela commence dès les déplacements. Les transports en commun sont donc largement recommandés. La SNFC propose notamment des TER à prix réduits et des navettes gratuites entre Belfort et le festival. Certains bus de ville sont également rendus gratuits. L’organisation met également à disposition un parking à vélo gratuit à proximité du festival. « En 2019, ce sont 3.000 vélos qui sont accueillis chaque jour, soit 10% des festivaliers. Cela a permis une économie de 2,4 tonnes d’émission de CO2 par journée de festival » indique l’association.

Une fois sur le site aussi, les festivaliers sont encouragés à réduire leur empreinte notamment grâce à l’opération zéro plastique jetable. Six fontaines à eau sont implantées sur l’ensemble du site afin d’encourager les fêtards à emmener une gourde ou privilégier un gobelet réutilisable. En 2019, 16.222 litres d’eau ont été distribués. Un moyen efficace de réduire la vente de bouteilles en plastique. En effet, la même année, 15 662 bouteilles ont été vendues contre 62 000 en 2018. Les contenants et couverts en plastique ont également été bannis et remplacés par des contenants biodégradables.

L’organisation indique que « plus de 100 tonnes de déchets sont produites lors d’une manifestation de l’envergure des Eurockéennes ». La gestion de ces déchets est donc un enjeu très important et passe notamment par le tri. La moitié de ces déchets est ensuite recyclée, « Le festival est doté́ de 2 stations de recyclage des déchets qui permettent d’opérer en temps réel, 12 heures par jour. 120 personnes sont dédiées au nettoyage et au tri des déchets ».

Une attention particulière est également accordée aux mégots de cigarette, déchets trop souvent jetés au sol. En 2019, 12 700 cendriers de poches ont été distribués aux festivaliers et 320 cendriers ont été placés sur le site.

Après deux années blanches, les Eurocks semblent donc bien décidées à continuer de se mettre au vert !