Guerre ouverte entre Les Patriotes et le Front National sur les réseaux sociaux

Jean-Raphaël Sandri, candidat FN et Sophie Montel, candidate Les Patriotes pour la législative partielle dans la première circonscription de Belfort
Jean-Raphaël Sandri, candidat FN et Sophie Montel, candidate Les Patriotes pour la législative partielle dans la première circonscription de Belfort

Sophie Montel, la candidate des Patriotes à l'élection législative partielle de ce dimanche dans la 1ere circonscription du Territoire-de-Belfort, accuse Jean-Raphaël Sandri, candidat du Front National d'avoir utilisé un pseudo pou un compte facebook faisant l'"apologie de dictatures militaires".  

Par Isabelle Brunnarius

Dans son communiqué de presse publié ce 22 janvier, la représentante des Patriotes en Franche-Comté, explique avoir appris "par voie de presse" l'existence de ce profil litigieux.

En fait, il s'agit de l'article de notre confrère de Libération, Tristan Berteloot. Cela ne manque pas de saveur ! La candidate d'extrême droite reprend des informations publiées par un journal de gauche.Tristan Berteloot a publié un article le 21 janvier intitulé "A Belfort, FN et Patriotes peinent à marquer le Territoire". Le journaliste suivait les candidats d'extrême-droite en campagne électorale pour cette législative partielle dans la première circonscription de Belfort. 

Dans son article, Tristan Berteloot précise ses recherches sur le profil facebook d'JR Alexandre

"Depuis quelques jours, on pense avoir trouvé le profil Facebook caché de Jean-Raphaël Sandri. Belfort est peut-être l’occasion d’interroger le candidat FN à ce sujet. Ce qui nous a mis la puce à l’oreille ? Le compte en question (sous pseudo) affiche la même date de naissance et ville d’origine (Belfort) que Jean-Raphaël Sandri. On y trouve la même photo de couverture que celle du jeune homme sur Twitter, et celui-ci y est «tagué» (identifié) sur pas mal de clichés depuis 2010. On trouve également une photo de Jean-François Jalkh – dont Sandri est l’assistant parlementaire. Le compte a 200 amis dont quelques «Sandri», plusieurs militants et des têtes connues au FN, dont Damien Obrador, attaché parlementaire de Steeve Briois ; Damien Rieu, dircom de la ville FN de Beaucaire ; David Rachline, maire de Fréjus et directeur de la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2017. Pour un aspirant à la députation, le compte en question serait pour le moins problématique : partages de statuts de Dieudonné, likes en pagaille de manifestations anti-IVG, références positives au franquisme, blagues sur les nazis et «Adolf Hipster», et aussi pas mal d’images d’Augusto Pinochet…

Alors qu’on marche en direction d’un fleuriste où Collard a décidé de passer une tête, on isole Sandri pour lui demander si, à tout hasard, il ne serait pas fan du dictateur chilien. Après un temps d’arrêt, le candidat FN répond : «Je n’ai pas de profil Facebook. Seulement une page. Vous faites erreur, des Sandri il y en a pleins.» Mais des «JR Alexandre», il n’y en a qu’un.

[EDIT : Dès le lendemain, dimanche, le compte Facebook en question commençait à faire l’objet d’un ménage en règle…]"

Voici une capture d'écran de ce profil, réalisée ce 22 janvier : 

Dans son communiqué, Sophie Montel reprend ces informations en déclarant que "le comportement de Monsieur Sandri est grave et indigne. Faire l'apologie de régimes autoritaires, qui ont tué et torturé des milliers de personnes, étouffé les libertés, n’est pas un acte anodin et n’est tout simplement pas acceptable pour un candidat à une élection législative, qui occupe de surcroît un poste d’assistant parlementaire auprès d’un député FN. (...) Je demande donc que Madame Le Pen condamne fermement les agissements de son candidat et que son mouvement, le Front national, tire toutes les conséquences de l’investiture qu’il a délivrée à Monsieur Sandri". 

Et sur twitter, la guerre fait rage par militants interposés : 


Contacté, Julien Odoul, chef de file du Front National en Bourgogne Franche-Comté, met en avant la réplique sur twitter de Jean-Raphaël Sandri. 


Pour les membres du Front National, "c'est un non événement, un coup politique pour tenter d'exister". A une semaine du premier tour, cette guerre intestine illustre les tensions au sein de l'extrême droite. Ce duel des droites extrêmes est le premier test pour le FN délesté des voix de celles des Patriotes. Autre enjeu, la place de Sophie Montel sur l'échiquier régional. Pendant trente ans, elle a incarné le FN en Franche-Comté. 



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