Pigeons gazés. "On a une mairie qui utilise l'argent public pour faire souffrir et tuer des animaux" : une association dénonce la méthode de gestion de Belfort

La mairie de Belfort est dans le viseur de l'association de protection des animaux "PAZ". Cette dernière dénonce la méthode utilisée par la municipalité pour diminuer son nombre de pigeons : le gazage.

L'association de défense des animaux "PAZ", pour Paris Animaux Zoopolis, poursuit sa campagne contre les méthodes cruelles de gestions des populations de pigeons. En ce lundi 18 septembre, c'est au tour de la ville de Belfort d'être dans le viseur : la municipalité capture et gaze chaque année des pigeons. Méthode "cruelle" pour l'association.

Suite à notre demande de documents administratifs et après avoir dû saisir la CADA, nous avons appris que la Mairie de Belfort mène, en interne, à des campagnes de capture de pigeons pour les gazer

Association de défense des animaux "PAZ"

Communiqué de presse

L'association utilise les textes qui obligent les collectivités territoriales à communiquer leurs documents administratifs aux citoyens qui en font la demande, pour obtenir des informations. Après plusieurs relances, la ville de Belfort a répondu à l'association que : "les captures sont prises en charge par les gardes champêtres du Grand Belfort Communauté d'Agglomération. Les cages utilisées sont très anciennes. Et régulièrement, ils achètent du gaz pour les euthanasier".

"C'est une mort lente et douloureuse"

"On a une mairie qui utilise l'argent public pour faire souffrir et tuer les animaux" s'indigner Amandine Sanvisens, co-fondatrice de PAZ. "Le gazage, c'est une mort lente et douloureuse" explique-t-elle, "alors qu'il existe des méthodes éthiques et efficaces".

Le gazage des pigeons consiste à les enfermer dans un caisson hermétique et à y injecter du CO2. "C'est l'équivalent d'une noyade, ça va durer plusieurs minutes" décrit l'activiste. "Les pigeons vont se débattre, ils peuvent avoir une sensation de brûlure". 

Inacceptable pour Amandine Sanvisens, d'autant plus que "les méthodes de mise à mort sont considérées comme inefficaces. Il y a un effet rebond, ceux qui restent vont plus se reproduire". 

Elle met en avant des méthodes "éthiques" : "on peut limiter les naissances en secouant les oeufs", dans des pigeonniers installés afin que les pigeons y nidifient. "Une seconde méthode, plus récente, consiste à nourrir le pigeon avec un maïs contraceptif, c'est très utilisé à Barcelone et Bruxelles". Elle l'assure, ces méthodes sont efficaces. 

"On espère que la mairie changera de méthode" confie Amandine Sanvisens. Contactée, la municipalité de Belfort n'a pas souhaité commenter le communiqué de l'association PAZ.