Rachat de General Electric par EDF : Emmanuel Macron attendu au tournant à Belfort

Jeudi 10 février, le président de la République se rendra à Belfort pour officialiser le rachat de General Electric par EDF. Une annonce qui laisse salariés, syndicats et élus dans l’expectative.

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C’est un secret de polichinelle : la branche nucléaire de General Electric tombera dans le giron d’EDF. Un rachat qui devrait être officialisé par le Président, jeudi 10 février, lors d’une visite à Belfort. Symbole d'un retour à la souveraineté française pour une usine qui représente près de 1800 emplois dans la cité du Lion.

A quelques jours de la visite présidentielle, Philippe Petitcolin, délégué CFE-CGC, se montre méfiant. Depuis l’année dernière, le salarié de General Electric est également président de l’Association de préfiguration de sociétés d’ingénierie et d’intégration systèmes (Apsiis), une structure pour « sauvegarder les compétences lâchées par General Electric ». Philippe Petitcolin prévient, d’emblée : « On ne voudrait pas que M. le Président annonce le contraire de ce qu’il a fait pendant cinq ans, on n’attend pas de promesses électorales. On attend une politique industrielle à long terme », prévient-il. Comment oublier que la vente de l’usine d’Alstom à General Electric a été encouragée par Emmanuel Macron, ministre de l’Economie d’alors ?

« Il est donc urgent d’investir »

Le sentiment est partagé par Damien Meslot, maire LR de Belfort : « Le résultat de cette vente, c’étaient 1200 suppressions d’emplois. 1200 suppressions d’emplois directs et au moins le double d’emplois indirects, rappelle l'élu. Ce qui a fortement impacté l’économie de Belfort. Maintenant nous demandons des compensations. » Mais aussi des engagements. L’édile rappelle que le groupe étatsunien n’a pas « respecté les accords qu’il a signés lors du rachat » à savoir la création de 1000 postes en France, et demande « une mise en demeure de General Electric ». Le président du Grand Belfort ajoute : « Ce que nous demandons au gouvernement, c’est d’apporter des garanties aux salariés, des garanties en termes d’emplois, de marché, d’investissement ».  

C’est aussi la volonté du président de l’Apsiis. « Pendant sept ans, la R&D [recherche et développement], a été délaissée par General Electric », tance-t-il. Il est donc important de débloquer de l’argent, surtout si la volonté est de miser sur le nucléaire, et sur les SMR (Small Modular Reactor), minis réacteurs nucléaires vantés par le Président en octobre dernier, lors des annonces sur le plan de relance France 2030. Emmanuel Macron avait d’ailleurs promis une enveloppe d’un milliard d’euros pour le secteur.

Un investissement nécessaire pour envisager une transition énergétique pour le président d’Apsiis : « On est face au mur, on sait qu’on n’a pas assez de réacteurs pour répondre à la demande. On sait que si que si on veut décarboner l’industrie, et décarboner la mobilité, il faudra électrifier. Donc il y aura encore des besoins en électricité de plus en plus importants, remarque l’ingénieur. Il est donc urgent d’investir, si on ne veut pas être dépendants, si on ne veut pas acheter l’électricité ailleurs ».

Quid des salariés ?

Christian Mougenot, délégué syndical CFDT, attend de connaître les détails du projet d’EDF du point de vue des salariés. « Il y a une inquiétude par rapport aux emplois, commence-t-il. Nous pensons beaucoup à ceux qui vont être vendus à EDF, ou à une structure d’EDF. Mais syndicalement, nous pensons aussi à ceux qui vont rester [sous GE]. Qu’est-ce qu’ils vont devenir ? Comment va se faire le découpage ? » Si la branche nucléaire sera a priori rachetée par EDF, qu’en sera-t-il des autres structures de General Electric ? Une question qui reste pour l’instant en suspens. Salariés, syndicats et élus auront leurs réponses ce jeudi.