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Trophées des femmes de l'économie en Bourgogne-Franche-Comté : qui est Pascale Cartier, la présidente de La Vie Saine ?

© Dalila Iberrakene
© Dalila Iberrakene

La deuxième édition des Trophées Femmes de l’économie en Bourgogne-Franche-Comté a lieu jeudi 4 juillet 2019à Dijon. L’une des nommées est Pascale Cartier, à la tête du réseau de magasins bio La Vie Saine. Rencontre.

Par Antoine Marquet avec Dalila Iberrakene

C'est en juillet 2017 que Pascale Cartier reprend les clés de La Vie Saine, succédant à Yves Rémy. L’entreprise était jusque-là familiale, mais les enfants d’Yves ne souhaitaient pas reprendre la maison. Grâce à une connaissance commune, Pascale Cartier fait la connaissance d'Yves Rémy, une rencontre qui va l'amener à prendre les rênes du groupe de magasins bio.
 
Aujourd'hui, l'enseigne La Vie Saine compte 14 magasins dont 6 en Bourgogne-Franche-Comté. En Côte-d'Or, vous pouvez trouver des boutiques à Chenôve, Quetigny et Dijon. / © Dalila Iberrakene
Aujourd'hui, l'enseigne La Vie Saine compte 14 magasins dont 6 en Bourgogne-Franche-Comté. En Côte-d'Or, vous pouvez trouver des boutiques à Chenôve, Quetigny et Dijon. / © Dalila Iberrakene


Pourtant, rien ne la destinait vraiment à prendre la tête d’une chaîne de distribution bio. A quelques jours des Trophées Femmes de l’économie en Bourgogne-Franche-Comté, où elle est en compétition avec neuf autres femmes cheffes d’entreprise, Pascale Cartier revient sur son parcours.

Des débuts dans le monde du luxe


« J’ai d’abord fait une fac de droit, puis un master en marketing dans une grande école de commerce. Ma formation de départ c’est donc d’être juriste. Finalement, ça sert toute la vie d’être juste. » Pascale Cartier a fait ses premières armes chez L’Oréal. « J’ai eu un parcours assez classique dans le marketing de luxe. » Elle a passé 13 ans dans la division produits de luxe, à la fois sur du marketing France mais aussi dans les duty-free.

Cette expérience m’a donné le goût des belles choses, le goût de la qualité.


Pascale Cartier quitte L’Oréal pour Aéroport de Paris. Là, elle y dirige les concessions commerciales. « Cette nouvelle expérience m’a donné le goût de la distribution ». Même si elle le concède, elle n’était pas directement distributeur. « Au quotidien, je travaillais avec les problématiques des concessionnaires qui sont des distributeurs ».

Combinez le goût de belles choses et de la distribution, faites-en votre prochaine aventure. C’est ce qu’il s’est passé pour Pascale Cartier. « Monoprix s’est un peu présenté comme ça, quand un chasseur de tête m’a appelée pour me demander si la distribution alimentaire m’intéressait toujours. » Évidemment. Elle avoue avoir "tiqué" quand même quand ce recruteur lui a parlé de « mass market ». Puis, elle a réfléchi.
 
Pascale Cartier reprend la direction de La Vie Saine et succède à la famille Rémy, propriétaire de l'enseigne depuis sa création. / © Dalila Iberrakene
Pascale Cartier reprend la direction de La Vie Saine et succède à la famille Rémy, propriétaire de l'enseigne depuis sa création. / © Dalila Iberrakene

« Monoprix, ce n’est pas du "mass market" comme ailleurs. » Alors, elle se dit qu’elle va aller voir comment ça se passe.

Et finalement, je suis restée 10 ans à la tête des achats et de l’offre pour l’alimentaire et la beauté.

Chez Monoprix, Pascale Cartier mise sur le "manger bon et sain", la qualité des produits, évidemment à travers le bio, mais aussi à travers divers labels : Label Rouge, IGP, AOP, et la reconnaissance du territoire français.


Yves Rémy cherche à revendre La Vie Saine 


Les offres sont nombreuses mais c’est finalement Pascale Cartier que le patron de La Vie Saine choisit. « Au-delà d’un investissement, c’était une rencontre personnelle. Ce qu’Yves voulait, c’était donner les clés de la maison à une personne. »

En Pascale Cartier, Yves Rémy a trouvé bon nombre de convictions. « Pour moi, La Vie Saine, c’était au-delà de la bio. Ca voulait aussi dire éradiquer les pesticides, les additifs, tout en travaillants sur la qualité. Ce n’est pas parce que c’est bio que ça doit être fade. La qualité, gustative notamment, est primordiale. J’ai cette passion pour tout ça et je pense qu’Yves l’a senti. » Le partage d’une vraie philosophie de vie et une rencontre de convictions justifient la place de Pascale Cartier au sein de La Vie Saine.
 
© Dalila Iberrakene
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 Etre une femme à la tête d'une entreprise, est-ce facile ?

Dans l’organisation familiale, je n’ai pas rencontré de difficultés. Je suis arrivée à ce poste à plus de 50 ans. Mes enfants étaient donc déjà grands et n’avaient plus besoin de moi au quotidien comme quand on est mère d’enfants en bas âge. Je n’avais pas ces soucis de logistique familiale. Pas cet obstacle-là.


Dans le prisme de l’entreprise, Pascale Cartier confie qu’être une femme dirigeante change les rapports, notamment face aux professions techniques. « Je sentais que ce n’était pas forcément un milieu qui échangeait facilement sur les devis avec les femmes. Les peintres, les techniciens ou les plombiers étaient parfois surpris de voir que je savais de quoi je parlais, que ce soit en chauffage ou autre. Mais finalement, c’était très sympathique. Ils s’y sont très vite habitués. »

Dans la manière de gérer ses équipes, Pascale Cartier pense que « les femmes ont peut-être un management un peu plus enveloppant, moins directif et moins descendant. » A la tête de La Vie Saine, la cheffe d’entreprise raconte qu’à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, elle a offert une rose à chacune de ses collaboratrices.

Quel est le regard des hommes par rapport à cette réussite ?


« Le premier d’entre eux, c'est celui de mon mari. J’y ai vu de la fierté et beaucoup de soutien. Être cheffe d’entreprise n’est pas un long fleuve tranquille, donc il faut avoir quelqu’un dans sa vie qui est solide et très aidant. » Peu importe les choix qu’elle a faits, les bons comme les mauvais, Pascale Cartier a toujours pu compter sur le soutien de son mari.

"Courage, accroche-toi…" c’est toujours un soutien et ça aide beaucoup que quelqu’un y croit pour vous.


Mais pour cette cheffe d’entreprise, il n’y a pas que le regard des hommes. « C’est le regard des gens en général qui compte. Quand j’ai annoncé que je me lançais dans le rachat d’une PME, j’ai eu toutes les réactions. »

Lesquelles ?

On m’a dit que j’étais gonflée de faire ce rachat. Certains m’ont même dit que j’étais folle. Mais au final, que des réactions d’étonnement et d’admiration !

© Dalila Iberrakene
© Dalila Iberrakene


Mais ces commentaires n’ont finalement rien à voir avec le fait d’être une femme, estime Pascale Cartier. « Je suis devenu patronne d’une PME alors que j’aurais pu prendre un poste dans un comité exécutif d’une grosse boîte. J’avais d’autres propositions mais j’ai fait ce choix. C’est le grand plongeon et les gens m’ont dit chapeau ! »

"Ca ne va pas être facile…" a-t-elle entendu dans la bouche des plus visionnaires…


« Et ils avaient raison » s’amuse Pascale Cartier.

Pourquoi n'y a-t-il pas de trophées pour les hommes de l'économie ?

Aujourd’hui, Pascale Cartier est nommée, parmi neuf autres femmes, aux Trophées Femmes de l’économie en Bourgogne-Franche-Comté. Mais pourquoi des Trophées Femmes de l’économie alors que pour les hommes, il n’y en a pas ?

Il y a une blague que j’affectionne particulièrement. On dit femme de ménage et homme d’affaires. Mais jamais homme de ménage et femme d’affaires. 


Pour elle, c’est important de dire qu’il y a aussi des femmes dans la sphère de l’économie. « On vit aujourd’hui dans des sociétés où la réussite et la performance sont plutôt les valeurs du masculin. »

Pascale Cartier ne comprend pas les entreprises qui décernent le prix de la bienveillance à leurs employées. « Ça sous-entend que la bienveillance est une valeur féminine. J’aimerais bien qu’il y ait la récompense de l’homme de la bienveillance pour montrer que les hommes peuvent aussi s’approprier ces valeurs-là ».

Une femme cheffe d’entreprise, c’est forcément une femme qui a de l’ambition ?

Je n’ai aucune ambition et aucun égo. Et je pense que c’est pour ça que je réussis. Sans faire exprès. Je fais les choses parce qu’elles me passionnent et pas pour obtenir quoi que ce soit.


Pascale Cartier n’a qu’une seule ambition : que ses 160 collaborateurs soient « bien dans leurs baskets et avec un projet d’entreprise qui fonctionne ».

 

La belle vie pour La Vie Saine

A ce jour, l'enseigne bio compte 14 magasins dont 6 en Bourgogne-Franche-Comté. Depuis l'arrivée de Pascale Cartier à la tête de l'entreprise, les magasins de Quetigny (21) et de Montbéliard (25) ont ouvert. 
 


La Vie Saine compte aujourd'hui 160 collaborateurs et affiche un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros.
 

Les femmes de l'économie de la grande région récompensées le jeudi 4 juillet 2019

Depuis bientôt 10 ans, les Femmes de l'économie récompensent et valorisent les parcours professionnels des femmes qui sont actrices de l'économies dans leur région, tous secteurs d'activités confondus.

Rendez-vous le jeudi 4 juillet 2019 au Grand Hôtel La Cloche, à Dijon, pour la seconde édition des Trophées "Les femmes de l'économie en Bourgogne-Franche-Comté". 10 femmes ont été nommées par le jury, après l'examen de 29 dossiers de candidatures :
 

A l'issue de cette cérémonie, 6 femmes se verront remettrent un prix parmi les catégories suivantes :

  • Femme cheffe d'entreprise
  • Femme dirigeante
  • Femme innovation sociale
  • Femme cheffe d'entreprise prometteuse
  • Femme digitale
  • Femme à l'internationale

Au programme de la journée, des masterclass et des tables rondes en présence notammenbt d'Emmanuelle Baillard, Dirigeante de Nectars de Bourgogne, Florence Marquis, Directrice de Charolais France, Catherine Petitjean, Présidente diretrice générale de Mulot & PetitjeanIsabelle Zelmat, coach ceritifée et formatrice. 
 

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