Vigne : une algue qui détruit les champignons a été découverte

© Franc e3 Bourgogne
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Une algue efficace à 100% contre le mildiou de la vigne en laboratoire a été découverte. Il reste maintenant à prouver son efficacité en plein champ pour espérer révolutionner l'agrochimie.

Par avec AFP

Que sait-on de cette algue prometteuse ?

C’est la petite société ImmunRise, implantée près de Bordeaux, qui a découvert cette algue produisant des molécules aux vertus bio-pesticides prometteuses.

Les tests in vitro ont démontré que cette microalgue, réduite en poudre, combat les champignons responsables des principales maladies qui déciment les filières de la tomate, de la pomme, de la pomme de terre, du blé, de la banane et surtout de la vigne (le secteur qui consomme le plus de produits phytosanitaires de synthèse en France).


Des essais ont été menés en laboratoire par l'Institut national de recherche agronomique (INRA) de Bordeaux. Cette poudre de microalgue a 100% d'efficacité sur le mildiou, 50% sur le botrytis (une moisissure aussi appelée "pourriture grise") et sur quatre des sept champignons responsables de l'esca, une maladie du bois qui fait des ravages dans les vignobles du monde entier. Aucun traitement n'est disponible contre le fléau de l’esca depuis l'interdiction européenne en 2001 de l'arsénite de sodium, une substance hautement toxique responsable de la mort de certains vignerons.

© Licence CC by Pixabay
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Quelle est l’efficacité de cette algue ?

"100% d'efficacité en labo, c'est très encourageant mais il faudra que cela se retrouve lors des essais en plein champ", tempère Marie-France Corio-Costet, chercheuse de l'INRA spécialisée dans la limitation des intrants chimiques dans la viticulture. 
"Des produits qui marchent dans les tests, il y en a des milliers. Et sur les produits fongicides particulièrement, il faut être très prudent car ils ne fonctionnent pas toujours aussi bien en conditions réelles", souligne-t-elle.

ImmunRise a son siège et son activité recherche à l'Institut de  biologie de l'Ecole normale supérieure à Paris, où travaille son co-fondateur Lionel Navarro. La société a identifié cette micro-algue à l'effet fongicide en septembre 2015. Malgré un brevet déposé en juin 2016, elle conserve jalousement le nom de cette microalgue, révélant seulement qu'elle a été prélevée au large des côtes bretonnes. Les molécules fongicides qu'elle produit sont en cours d'identification.

Dans l'unité de pré-industrialisation basée à Pessac, près de Bordeaux, l'algue est cultivée en salle dans des bacs de 100 litres d'eau de mer reconstituée. Suffisamment développée 15 jours après avoir été injectée dans l'eau, elle est ensuite récupérée sous forme de pâte qui est séchée puis transformée en poudre. 
L'agriculteur n'aura alors plus qu'à mélanger cette poudre, qui se conserve plusieurs mois, avec de l'eau pour l'épandre avec ses outils de pulvérisation conventionnels. "Avec un seul traitement, le viticulteur agit sur trois maladies de la vigne", souligne Laurent de Crasto, oenologue et ingénieur agronome.

Les tests ont également démontré que la molécule naturelle est bio-dégradable et n'a aucune toxicité sur la plante. Des tests d'éco-toxicologie sont en cours pour vérifier son innocuité sur l'environnement ou les êtres vivants.


La société ImmunRise est-elle sur le point de révolutionner l'industrie des produits phytosanitaires?


Pour en arriver là, il faudra passer avec succès les essais en plein champ sur les terres de l'INRA de Bordeaux, qui seront lancés lors de la prochaine campagne viticole en avril 2017. "Si les tests se confirment, ce sera très innovant", assure la chercheuse Marie-France Corio-Costet.

En cas de succès, ImmunRise prévoit de commencer par la filière viticole, dans les vignobles de Bordeaux et de Cognac, avant de se tourner vers d'autres cultures.
A l'échelle industrielle, l'idée est de récupérer de l'eau de mer sur les côtes d'Aquitaine, de faire proliférer la microalgue dans des bassins sous le soleil de la forêt landaise avant de l'épandre sur les vignobles.

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