Yonne : réaction à Monéteau après les annonces de Gérald Darmanin sur les violences conjugales

Les plaintes pour violences conjugales seront prioritaires. Ce lundi 2 août, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé une série de mesures pour lutter contre les violences conjugales. Pour les habitants de Monéteau, commune de l'Yonne touchée en juin par un féminicide, il était temps.
Devant l'ancien domicile d'Angélique Clere à Monéteau (Yonne), les fleurs et hommages pour cette femme victime de féminicide sont encore là, le drame dans toutes les têtes.
Devant l'ancien domicile d'Angélique Clere à Monéteau (Yonne), les fleurs et hommages pour cette femme victime de féminicide sont encore là, le drame dans toutes les têtes. © Loïc Gazar / France Télévisions

Si elles ne l'étaient pas dans chaque commissariat ou gendarmerie de France, ce sera désormais la règle : les plaintes pour violences conjugales devront être prioritaires. "Devant les cambriolages, les stupéfiants, les vols à la tire". C'est ce qu'a déclaré Gérald Darmanin lundi 2 août, dans une série de mesures pour lutter contre les violences conjugales. 

 

Dans une interview accordée au Parisien, le ministre de l'Intérieur annonce également que les mains courantes seront proscrites, jugées peu efficaces. Des équipes spécialisées dans cette lutte déployées dans chaque département. Le ministre souhaite que 5 000 nouveaux officiers de police judiciaire soient recrutés.

A Monéteau, enfin des mesures...

A Monéteau, les annonces de Gérald Darmanin sont lourdes de sens. La mort d'Angélique Clere en juin, tuée par son ex-compagnon deux ans après sa première plainte, est encore dans toutes les têtes. 

C’est bien mais ça aurait dû être prioritaire il y a bien longtemps

Un habitant de Monéteau

Les habitants du village et des communes voisines regrettent que ces mesures arrivent si tard. "C’est bien mais ça aurait dû être prioritaire il y a bien longtemps", "c’est nécessaire, il faut une protection pour ces pauvres femmes", "il y a eu un laxisme à ce sujet, il est temps qu’on prenne les plaintes des femmes au sérieux."

... déjà mises en place dans l'Yonne

Du côté des associations, elles aussi saluent cette annonce. Mais pour l'association socio-judiciaire et d'aide aux victimes de l'Yonne, il n'y a rien de nouveau.

"Dans l’Yonne cela fait plusieurs mois, pour ne pas dire des années, que la problématique des violences conjugales est une priorité pour les tribunaux et les forces de l’ordre", rappelle Marie-Laure Bouard-Desnaux.

Ici dans l'Yonne, ça fait bien longtemps qu'il n'y a plus de mains courantes.

Marie-Laure Bouard Desnaux, France victimes 89 - Adavirs

La directrice de France Victimes 89 - Adavirs estime qu'il est toutefois bon de marteler ces mesures. "C'est très important de rappeler les dispositions qui existent, qu'il est important de prioriser la problématique des violences intrafamiliales, qu'on ne prend pas de main courante en matière de violences conjugales. Ici dans l'Yonne, ça fait bien longtemps qu'il n'y a plus de mains courantes."

Pour d'autres associations, des mesures insuffisantes

L'association Solidarité Femmes 21 considère que ces mesures sont bonnes, mais elles ne vont pas "assez loin". 

Il faut vraiment qu’il y ait les moyens pour que ça avance. Les lois sont là, il faut qu’elles soient réellement appliquées.

Marie Vindy, Solidarité Femmes 21

"Il y a eu le Grenelle, la cause nationale contre les violences faites aux femmes, il y a eu un certain nombre d’avancées, de prises de conscience et c’est déjà un premier pas. Mais derrière ça fait un peu bouchon, si je puis dire", grimace Marie Vindy, présidente de l'association. "Il faut vraiment qu’il y ait les moyens pour que ça avance. Les lois sont là, il faut qu’elles soient réellement appliquées."  

Marie Vindy milite pour la création d'une instance qui serait dédiée à la prise en charge des victimes, du dépôts de plainte au traitement en justice, "pour une réponse adaptée avec les gendarmes et policiers et un traitement plus rapide avec les parquets". 

45 interventions par heure, en 2020

En 2020, 102 femmes sont décédées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Un chiffre au plus bas depuis 15 ans. Mais les violences intrafamiliales sont devenues le principal motif d'intervention des forces de l'ordre. Plus de 400 000 interventions menées en 2020, soit 45 toutes les heures. 

 

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