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Yonne : soignée pour une angine, Céline se retrouve amputée des quatre membres

Céline de la Obra, 39 ans, a été amputée des quatre membres. / © Photo David de la Obra
Céline de la Obra, 39 ans, a été amputée des quatre membres. / © Photo David de la Obra

Céline de la Obra, 39 ans, est une miraculée. En 2018, alors qu'elle souffre d'une angine, son état s'aggrave. Elle est plongée dans le coma. À son réveil, elle est amputée des quatre membres. Une marche est organisée pour elle samedi 1er juin.

Par Mary Sohier

Combattante, forte, belle. Ce sont par ces mots que David de la Obra décrit sa femme. Et pour cause, Céline, son épouse, revient de loin. Leur vie bascule en juillet 2018. Céline est malade, très malade. Elle a des vertiges et se sent très affaiblie. Elle consulte un médecin généraliste puis se tourne vers SOS médecin. On lui diagnostique d'abord une intoxication alimentaire puis une angine. Rien de plus.
"Elle ne pouvait plus marcher. Je la portais. Je la voyais se tordre de douleur. Donc 10 jours après les premiers signes, j'ai appelé les urgences", raconte, avec émotion, son époux que nous avons joint par téléphone.

Céline est plongée dans le coma

Le 9 juillet 2018, Céline est donc hospitalisée au centre hospitalier d'Auxerre pour une angine virale. Sur place, les médecins expliquent à ses proches qu'une bactérie très agressive, un streptocoque A invasif, aussi connue sous le nom de bactérie mangeuse de chair, se développe dans son corps. Son foie, ses reins, ses poumons, son coeur.... Tous ses organes vitaux sont touchés. Céline est alors plongée dans un coma artificiel.

On ne savait pas si on pouvait la sauver. On m'a dit que ma femme avait 1 chance sur 3 de survivre. Là, c'est le couperet.
- David de la Obra, mari de Céline

"L’hôpital d’Auxerre a fait un très bon travail, c’est grâce à eux si aujourd’hui je suis en vie. Encore un grand merci au service des urgences et de la réanimation", dit-elle aujourd'hui.
 

En un week-end, tout s'est effondré pour la famille

Céline est transférée d'Auxerre à l'hôpital militaire Percy, à Clamart, en région parisienne. Là-bas, l'inévitable se produit. Céline est amputée des deux jambes et des doigts - un seul est épargné - pour éviter que l'infection se propage au reste du corps. À son réveil, c'est le choc : "Elle avait fait un cauchemar où elle n'avait plus de jambes donc ça a été moins compliqué à accepter mais il a fallu faire le deuil de ses doigts."

En mars 2019, Céline est de retour chez elle avec son mari et ses deux enfants de 10 et 14 ans. Commence un vrai parcours du combattant. D'abord, elle a dû apprendre à apprivoiser ses nouvelles prothèses.
 

Ensuite, il a fallu apprendre à découvrir ce nouveau corps. "Au début, elle s'est rendu compte de tout ce qu'elle ne pouvait plus faire mais elle n'a rien lâché. Aujourd'hui, elle se lave, elle mange et se maquille seule. C'est fou tout ce qu'elle arrive à faire avec un doigt." Une page Facebook a été créée pour montrer l'évolution de Céline et surtout ses progrès.

La commune se mobilise

Aujourd'hui, Céline espère acquérir des prothèses pour ses doigts et un nouvel appareillage pour ses jambes, plus esthétique et approprié à son corps de femme de 39 ans. Coût total du projet : 36 000 euros

David, artisan, a dû mettre entre parenthèses son entreprise pendant huit mois pour s'occuper de sa femme. Un élan de solidarité s'est alors mis en place. Grâce à une cagnotte de financement collaboratif, le couple a récolté 15 000 euros. "C'est exceptionnel, Céline est touchée, relate David. Nous ne voulons pas quemander. S'il faut faire un crédit, nous le ferons." Et ce combat dépasse les simples murs de leur maison puisque la municipalité de Venoy a décidé de soutenir Céline. Le 1er juin, une marche est prévue à 10 heures avec en tête Céline, évidemment. L'objectif ? Récolter des dons pour le financement des prothèses.

Céline est une habitante très active. Elle est présidente de l'association de danse pour les petits. Elle fait beaucoup pour la commune. Cette marche, c'est la moindre des choses.
- Alvaro De Carvalho, conseiller municipal

La danse, justement, c'est le dada Céline. Elle n'aurait jamais pensé remettre un pied sur la piste. Et pourant après cinq mois de réeducation, elle peut de nouveau danser. Une victoire pour cette bonne vivante. 
 

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