Elections municipales 2020 : la candidate LREM à Sens accusée de détournement de fonds, selon Mediapart

La candidate avait déjà été épinglée pour la gestion de sa campagne électorale en 2014. / © IP3 PRESS/MAXPPP
La candidate avait déjà été épinglée pour la gestion de sa campagne électorale en 2014. / © IP3 PRESS/MAXPPP

Claude Vivier Le Got, candidate soutenue par La République en Marche (LREM) pour les prochaines éléctions municipales à Sens (Yonne), est accusée de detournement de fonds, selon les informations du site Mediapart, publiées mardi 22 octobre.

Par A.B avec les informations de Mediapart

La candidate soutenue par La République En Marche (LREM) pour les prochaines élections municipales de mars 2020 à Sens (Yonne) doit déjà faire face à de sérieuses accusations. Selon les informations du site Mediapart publiées mardi 22 octobre, Claude Vivier Le Got aurait utilisé l'argent de son ancienne entreprise pour financer des travaux de rénovation dans sa maison personnelle et payer les frais de scolarité de son fils.

Le montant avancé serait de 75 000 euros. La candidate conteste ces informations. Pourtant les documents révélés par le site d'information attestent d'une facture de 34 588 euros émise en 2012 par un artiste peintre en vue des rénovations de son domicile senonais. Cette facture est directement adressée à l'EAC, son ancienne entreprise, un groupe d'enseignement supérieur à Paris : "Cette facture, c'est pour sa maison de l'Yonne, je peux l'attester à 100 %", indique à Mediapart un ancien cadre de l'école.

Son comptable de l'époque indique, dans son attestation présentée à la justice, que les comptes de l'EAC ont également payer les frais de scolarité de son fils pour une école basée en Suisse, en 2015. Montant de la facture : 39 273 euros. Claude Vivier Le Got assure avoir remboursé ces frais.

Déjà condamnée à un an d'inéligibilité

Ce n'est pas la première fois que Claude Vivier Le Got est épinglée pour sa gestion très personnelle des comptes de son ancienne entreprise. En 2015, la cheffe de file LREM à Sens avait été déclarée inéligible pour un an par le tribunal administratif de Dijon.

Preuves à l'appui, Mediapart révèle que Mme. Vivier Le Got a utilisé les comptes et le personnel de son ancienne école dans le but de sa campagne électorale de 2014. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) était catégorique dans son jugement : "elle a considéré que 96,87 % des dépenses s'élevant à 23 203 euros n'ont pas été correctement justifiées".
 


Claude Vivier Le Got n'est plus à la tête de l'école EAC. Elle a été licenciée en 2016 par le nouveau propriétaire pour "faute grave". Ce même propriétaire avait engagé, en 2017, une procédure judiciaire devant le tribunal correctionnel de Paris pour "abus de biens sociaux". Procédure jugée nulle.

Le parti d'Emmanuel Macron n'a pas encore décidé du maintien de son soutien à la candidate : "LREM prend acte des élements et jugera de la comptabilité de son soutien en fonction de ses valeurs", affirme Pierre Person, délégué général adjoint de LREM, contacté par Mediapart.

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