Sortie de prison de la maire d'Avallon Jamilah Habsaoui : "je suis convaincu de son innocence"

La maire d'Avallon (Yonne) Jamilah Habsaoui, est sortie de prison ce mardi 14 mai, sous liberté conditionnelle. Incarcérée depuis début avril pour trafic de drogue, elle reste toujours mise en examen. Un jour après sa sortie, les élus de la région réagissent et appellent à la "prudence" sur cette affaire.

Mise en examen pour "détention et complicité d’offre ou de cession de stupéfiants", la maire d'Avallon avait été placée en détention provisoire à l'issue de sa garde à vue, le 10 avril 2024. Libérée ce mardi 14 mai après plus d'un mois d'incarcération, elle reste sous contrôle judiciaire.

Nicolas Soret, maire du parti socialiste (PS) de Joigny, déclare : "Je suis heureux que Jamilah Habsaoui soit sortie de détention. À titre personnel je suis convaincu de son innocence, et je suis confiant dans le fait que la justice le reconnaîtra."

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Mani Cambefort, premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste (PS) dans l'Yonne, partage cet avis : "La justice suit son cours mais elle n'est plus membre du PS, je n'ai pas à commenter cette affaire. Cela nuirait à la sérénité de l'affaire judiciaire et je suis attaché à la séparation des pouvoirs."

Concernant sa mise en retrait de ses fonctions de maire d'Avallon, annoncée lors du conseil municipal de la ville le 13 mai, le premier secrétaire fédéral du PS déclare qu'"elle seule pouvait prendre cette décision."

Sonia Patouret, conseillère municipale du parti socialiste (LR) d'Avallon, s'adapte à cette situation : "Avec la mise en retrait que Madame Habsaoui a elle-même demandé, je crois que ça ne change pas l'organisation du conseil municipal."

Elle précise ensuite : "Dans le courrier qui nous a été lu, où Madame le maire se met en retrait de ses fonctions, elle annonce également attendre que tous les doutes soient levés pour reprendre ses fonctions. J’imagine donc que le rôle de son adjoint va se prolonger. Nous nous adapterons au mieux pour la vie municipale, pour les Avallonais et pour le territoire."

André Villiers, député Horizons et apparentés (HOR) de la 2ème circonscription de l'Yonne, appelle à la "prudence" sur cette affaire : "La présomption d'innocence prévaut. C'est être responsable de mesurer ses mots sur ce sujet. Il ne faut pas entacher la réputation de la personne si elle n'est pas coupable."

L'affaire est dans l'air du temps pour André Villiers. Ce mardi 14 mai, le Sénat a remis sa conclusion de la commission d'enquête réalisée sur l'impact du narcotrafic en France : "Cette affaire est en résonance avec ce qu’ils ont mis en lumière. C’est un sujet majeur qui gangrène la société et la jeunesse. À Avallon, cela fait des années qu’il y a des bruits de couloir sur du trafic de drogue devant les écoles." 

Selon lui, la justice ne va pas au bout de l'artisanat pénal sur ces affaires de trafic de drogue : "Il y a un souvent un décalage avec la peine encourue et la peine effective. Je pense que celui qui trafique doit aussi subir au niveau du patrimoine personnel, quand on touche au portefeuille ça marche."

Julien Odoul, député du Rassemblement National (RN) de la 3ème circonscription de l'Yonne, n'a lui pas souhaité faire de commentaires sur cette affaire : "Ce n'est pas mon rôle de le faire".