Yonne : département de 300 000 habitants recherche médecins

Le diagnostic est sans appel. Dans l’Yonne, quand il s’agit du nombre de médecins disponibles, c’est la pénurie. Pour y remédier, des représentants du Conseil départemental se sont rendus à Paris ces 29 et 30 septembre 2016.

© via Pixabay
Au milieu des 1 500 médecins présents, des représentants de départements. Le Conseil départemental de l’Yonne, tout comme celui de la Sarthe, a dépêché une délégation aux Journées Nationales de Médecine Générale. Le but de cette virée dans la capitale ? Prendre la question du désert médical à bras-le-corps.

Ils ne sont plus que 320 médecins dans l’Yonne. En juin dernier, le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) y annonçait une baisse de praticiens de 21% en 9 ans. Une situation qui empire, selon le docteur Bernard Chardon. "La densité de médecins dans le département commence à être bien basse", déplore-t-il. "Si les Icaunais doivent attendre 3 semaines pour avoir un rendez-vous, on atteint un point critique."

Bernard Chardon est chargé de la mission "lutte contre la désertification médicale" du Conseil départemental. Il fait partie de ceux qui se sont rendus aux Journées de Médecine Générale. La raison ? "On met en place une politique plus agressive pour lutter contre la non-arrivée de médecins".

Que faire pour attirer les praticiens ?


La priorité du département, c’est de mettre en avant son territoire.  "L’Yonne est un département de sport, de culture, d’art, un pays de la gastronomie et a beaucoup d’atouts qui sont aujourd’hui mal vendus", développe Bernard Chardon, qui a pu présenter sa région aux Journées de Médecine Générale. "Il faut essayer de faire reconnaître le département comme un lieu attractif et créer un environnement autour des internes et externes en médecine".

Le problème viendrait d’idées reçues touchant au département. Si certains jeunes médecins sont incapables de situer l’Yonne, d’autres auraient en tête l’image d’une campagne perdue. "Les médecins de campagne ne sont plus comme avant, avec leurs grosses bottes, leur veste en velours et leur vélo", ironise l’ancien médecin. "Et on a aussi des besoins en ville. Sens et Auxerre seront bientôt en déficit de médecins".

Mobiliser tous les acteurs


Alors, le maître-mot c’est fédérer. "Le rôle du département est d’être fédérateur, de réunir toutes les initiatives locales, notamment les contrats de santé locaux", affirme le docteur Bernard Chardon. "Il faut développer notre politique de recrutement en mobilisant tous les acteurs possibles : les collectivités, les maires, les entrepreneurs, etc."

Pour l’instant, l’une de ces initiatives a été l’établissement de bourses départementales. On compte une aide au stage, une bourse d’engagement pour les internes, et une bourse d’installation. Et peut-être plus tard, des contrats d'engagement par les maires pour héberger gratuitement les internes en stage.

Après ce premier rendez-vous parisien, le Conseil départemental présentera ses idées à domicile. Il se réunira avec les maires de l’Yonne à Auxerrexpo le 14 octobre prochain.
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