Yonne : la fermeture de Benteler annoncée à Migennes, 400 emplois menacés, les salariés abasourdis

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Écrit par Benoît Jacobo et Auberi Verne

La fermeture du site de Benteler à Migennes a été annoncée ce jeudi 18 novembre, à l'issue d'un CSE extraordinaire. Plus de 400 emplois sont menacés. Les salariés ont réagi en bloquant le site.

Le scénario du pire se confirme pour les salariés de Benteler à Migennes (Yonne). La fermeture du site du sous-traitant automobile a été annoncée aux salariés ce jeudi 18 novembre 2021, à l'issue d'un comité social et économique (CSE) extraordinaire. Plus de 400 emplois sont menacés, dont environ 350 CDI.

Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) va être mis en place. Les consultations avec les instances représentatives dureront 4 mois. Quand la fermeture sera t-elle effective ? Le directeur du site n'a pas apporté de précisions ce jeudi. D'après les syndicats, l'usine a suffisamment de stocks pour fonctionner jusqu'en 2023.

Piquet de grève et blocage du site

La réaction des salariés de Benteler ne s'est pas fait attendre. L'intersyndicale bloque le site depuis la mi-journée et a appelé les salariés à cesser le travail immédiatement. Des palettes ont été entassées devant l'usine. "Menteurs !", "C'est lamentable !", "On n'a plus confiance !", a-t-on pu entendre dans la foule de salariés, à l'adresse de la direction du site.

"A partir du moment où un grand groupe comme Benteler veut se débarrasser de Migennes, on peut craindre une casse sociale sans précédent dans la ville et dans le département de l’Yonne", affirme Abdel Nassour, délégué Force Ouvrière de l'intersyndicale Benteler. "Aujourd’hui les salariés encaissent le coup, ils ne sont pas bien dans leur peau, pas bien dans leur tête. Ça fait des mois qu’il y a une grosse pression de la direction pour que les gens travaillent toujours plus et aujourd’hui ils ont le sentiment d’être abandonnés par le groupe."

Le mardi 23 novembre devrait être une journée "ville morte" à Migennes, avec une manifestation dans les rues de la ville.

Marie-Guite Dufay réagit à l'annonce de la fermeture du site

En fin d'après-midi, la présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay, a réagi à l'annonce de la fermeture du site Benteler de Migennes.

"C’est un terrible coup de massue pour Migennes, pour l’Yonne et pour toute la région. J’apporte mon soutien plein et entier aux salariés et je me tiens à la disposition des organisations syndicales et des élus locaux", écrit-elle dans un communiqué de presse .

"La démarche n’est pas acceptable. L'équipementier allemand m’avait confirmé ne pas vouloir fermer le site et qu'aucun plan de sauvegarde de l'emploi n'était envisagé ! Nous étions d’ailleurs en relation avec la direction du site il y a de cela quelques jours pour finaliser une possible offre de reprise ; la Région s’étant engagée à accompagner, aux côtés de l’État, tout repreneur afin de garantir la pérennité du site et des emplois. "

Marie-Guite Dufay affirme avoir demandé à la ministre déléguée chargée de l'industrie, Agnès Pannier-Runacher, de déclencher immédiatement le programme "choc industriel". Ce dispositif permet au territoire dans lequel il est déployé de bénéficier d'un accompagnement de la part de l'État, afin que les projets de développement économique soient aidés.

La principale offre de reprise écartée

L'usine, qui fabrique des pièces de moteurs et des châssis, était dans l'incertitude depuis juin 2021. Benteler avait alors annoncé vouloir se séparer du site. Plusieurs propositions de repreneurs étaient étudiées. La principale, celle du groupe allemand Mutares, a finalement été écartée.

Une usine en forte difficulté économique

Benteler avait annoncé en juin 2021 sa volonté de se séparer de l'usine de Migennes. La société allemande est implantée dans l'Yonne depuis 30 ans.

Selon l'entreprise, le site était en difficulté financière depuis 2007 et perdait 10 millions d'euros par an.

Quatre sociétés s'étaient manifestées pour la reprise de l'usine. L'équipementier allemand avait précisé qu'il ne souhaitait pas fermer le site et qu'aucun plan de sauvegarde de l'emploi n'était envisagé.