Alcool : ivresses ponctuelles et consommation de bière et de vin records en Bretagne

© PHILIPPE HUGUEN / AFP
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D'après les dernières données de Santé publique France sur la consommation d'alcool dans les régions françaises, la Bretagne se distingue par le nombre élevé de consommateurs réguliers de bière et de vin, mais aussi la fréquence importante d'ivresses ponctuelles.

Par JA avec MT


Pour les consommateurs quotidiens d’alcool, la Bretagne est dans la moyenne par rapport au reste de la France, avec 10,7 % de la population adulte qui consomme chaque jour de l’alcool (10 % en France métropolitaine, avec un record en Occitanie avec 12,6 % des adultes de 18 à 75 ans).

"La consommation quotidienne est plus fréquente chez les hommes (18,3 %). La fréquence de consommation quotidienne augmente avec l’âge allant de 5,1 % chez les 18-30 ans à 21,4 % chez les 61-75 ans", indique Santé publique France.
 
En 2017, 10,7 % de la population bretonne âgée de 18 à 75 ans consomment de l’alcool quotidiennement, comparable à la moyenne nationale (10,0 %) / © Santé publique France
En 2017, 10,7 % de la population bretonne âgée de 18 à 75 ans consomment de l’alcool quotidiennement, comparable à la moyenne nationale (10,0 %) / © Santé publique France


Un Breton sur cinq boit plus de 6 verres d'affilée au moins une fois dans le mois


Là où la Bretagne se distingue par rapport aux autres régions, c’est sur ce que les médecins appellent les « alcoolisations ponctuelles importantes » :  une notion qui correspond au "binge drinking", c'est à dire à plus de 6 verres d'alcool en une seule fois.

20,5 % des adultes en Bretagne boivent beaucoup d’un coup au moins une fois par mois, au cours d’une soirée par exemple. Dans le reste de la France, c’est 16,2%. 

En Bretagne, les prévalences d'ivresses sont de 9,2 % chez les femmes et de 32,4 % chez les hommes.

Chiffre préoccupant, plus d’un jeune de 17 ans sur 5 (21,8 %) a eu au moins 3 ivresses en un mois (supérieur au niveau national de 16,4 %). Chez les 18-30 ans, la prévalence du "binge drinking" n’est pas différente : 9,8 % en Bretagne contre 9,0% au niveau national.
 
La Bretagne est la seule région ayant une prévalence des alcoolisations ponctuelles importantes (20,5 %) significativement supérieure à la moyenne des autres régions (moyenne métropolitaine de 16,2 %). / © Santé publique France
La Bretagne est la seule région ayant une prévalence des alcoolisations ponctuelles importantes (20,5 %) significativement supérieure à la moyenne des autres régions (moyenne métropolitaine de 16,2 %). / © Santé publique France


Consommation record de bière et de vin 


Les Bretons ont une consommation hebdomadaire d’alcool significativement supérieure à la moyenne des autres régions.
C'est en Bretagne que l'on trouve le plus de consommateurs réguliers de bière (23,2 %), et de vin (35,8 %).
Pour l'alcool fort (11,6 %), la Bretagne est sur le podium des régions les plus consommatrices, après la Normandie et les Pays de la Loire.

Par ailleurs, "le nombre moyen de verres consommés chaque semaine chez les 31-45 ans est plus élevé (8,7 verres) que dans les autres classes d’âge (de 6,1 verres chez les 18-30 ans à 5,6 verres chez les 61-75 ans", observe Santé publique France.
 

Conséquences sanitaires graves 


Aux urgences hospitalières, plus de 15 000 passages (15 202) en lien direct avec l’alcool sont recensés en Bretagne en 2017 (soit 42 passages par jour en moyenne).

"Plus de la moitié de ces passages se concentrent sur les trois derniers jours de la semaine. Deux tiers des passages interviennent entre 16h et 4h du matin. Les taux de passages aux urgences en lien direct avec l’alcool sont plus élevés chez les 31-45 ans et les 46-60 ans", ajoute Santé publique France.

En Bretagne, les taux d’incidence et de mortalité des cancers des voies aérodigestives (lèvres, bouche, pharynx), chez les hommes et de l’œsophage, chez les hommes comme chez les femmes, sont significativement plus élevés que la moyenne nationale.

La Bretagne est la deuxième région avec les taux de mortalité les plus élevés pour les principales pathologies en lien avec l’alcool.

 

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