DÉMOGRAPHIE. La Bretagne comptera 260.000 habitants de plus en 2050, selon l'Insee

Selon les projections de l'Insee publiées ce 21 décembre 2023, la Bretagne comptera, en 2050, près de 260.000 habitants de plus qu'en 2021. Une augmentation qui s'accompagne d'un vieillissement de la population.

Près de 260.000 habitants de plus en Bretagne en 2050... Voilà les dernières projections de l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) rendues publiques ce 21 décembre 2023. "Si les tendances démographiques actuelles se poursuivaient, explique l'Institut, la Bretagne compterait 3.637.000 habitants en 2050, soit 257.000 de plus qu'en 2021".

La population augmenterait de manière continue, "à un rythme 3,5 plus élevé que la croissance nationale, soit + 0,25 % par an en moyenne contre + 0,08 % pour la France métropolitaine". Conséquence : la Bretagne se classerait au 4e rang des régions les plus dynamiques démographiquement, derrière l'Occitanie, les Pays de Loire et la Corse.

Population vieillissante

Plus d'habitants certes, mais aussi un vieillissement de la population plus important avec, partout sur le territoire breton, une baisse du nombre des 25-64 ans.

Le nombre de personnes âgées de 85 ans ou plus doublerait sur la période étudiée. "Une fécondité basse et une espérance de vie en hausse, ainsi que l’avancée en âge des générations issues du baby-boom, modifieraient nettement la répartition par âge de la population" selon l'Insee. L'âge moyen pour les hommes et les femmes "s'élèverait de 4,2 ans entre 2021 et 2050", soit respectivement 46 ans et 49 ans.

Ce vieillissement serait présent sur l'ensemble du territoire breton. Le nombre d'habitants âgés de 65 à 84 ans subirait une hausse de 34 %. Toutefois, le phénomène serait beaucoup plus marqué chez les 85 ans ou plus. "Leur nombre serait au minimum en hausse de 55,8 % dans la zone de Loudéac et au maximum presque multiplié par 3 dans le secteur autour de Questembert" précise l'Insee.

Le sud de la Bretagne, où les personnes les plus âgées y sont surreprésentées, vieillirait plus vite qu'ailleurs dans la région. Avec une moyenne d'âge parmi les plus élevées en 2050.

Des habitants plus jeunes à Rennes et Brest

Les chiffres de l'Insee montrent une nette croissance démographique dans les métropoles de Rennes et Brest. La première verrait sa population augmenter de 17,6 %, soit 82.200 habitants en plus. La seconde afficherait une hausse de 3,6 %, soit 7.600 habitants en plus. 

Dans ces deux villes, où les jeunes de moins de 25 ans sont nombreux, l'augmentation des 25-64 ans atteindrait + 16,1 % à Rennes et + 2,3 % à Brest entre 2021 et 2050. "Parallèlement à cela, souligne l'analyse de l'Insee, ces deux territoires conserveraient un solde naturel positif du fait de la présence importante d’une population en âge d’avoir des enfants. Le nombre de jeunes âgés de moins de18 ans serait donc en hausse à Rennes Métropole et stable à Brest Métropole".

Même si la population urbaine reste globalement jeune, selon les projections de l'Insee, la croissance des 65 ans ou plus serait plus forte à Rennes qu'à Brest. Et les chiffres explosent pour les 85 ans ou plus : une hausse 12.800 habitants dans la métropole rennaise (+106,2 %) et de 5.400 habitants dans celle de Brest (+ 79,2 %).

L'attractivité du périurbain rennais

Cette étude fait ressortir le dynamisme du périurbain rennais, plus précisément les secteurs de Liffré-Châteaugiron, Guichen et Montfort-sur-Meu où la population augmenterait respectivement de 34,3 %, 25,5 % et 19,2 %.

Ce coin de l'Ille-et-Vilaine serait le seul endroit en Bretagne, avec Rennes, où la population des moins de 18 ans serait elle aussi en hausse sur la période. "L’attractivité du périurbain rennais, notamment pour les familles, permettrait à ces zones de conserver un solde migratoire positif, indique l'Insee. Le nombre d’habitants âgés de 25 à 64 ans serait quant à lui en forte croissance dans ces territoires, entraînant avec lui le nombre de jeunes de moins de 18 ans".

La présence de ces familles signifie que des parents qui atteignent l'âge de la retraite et des habitants âgés de 65 à 84 ans seront plus nombreux entre 2021 et 2050. A Guichen, par exemple, la hausse serait de + 90,6 %. L'Insee mentionne que "la croissance du nombre d'habitants âgés de 85 ans ou plus y serait également plus forte que l'évolution régionale".

Le Sud-Finistère en perte d'habitants

Du côté du sud-Finistère, c'est plutôt à une érosion de population que l'on devrait assister. Notamment dans les secteurs de Crozon-Châteaulin, Douarnenez et Pont-l'Abbé. Ils perdraient entre 2 et 3,3 % de leurs habitants. En 2050, les habitants âgés de 65 ans ou plus représenteraient près de 45 % de la population. Avec un âge moyen en forte hausse : plus de 55 ans autour de Douarnenez et Pont-l'Abbé.

Quimper, Saint-Brieuc, Lorient : une croissance qui ralentit

Avec une démographie plutôt dynamique, selon l'Insee, en début de période étudiée, Dinan, Saint-Malo, Lamballe, Lorient, Ploërmel, Quimper, Quimperlé, Saint-Brieuc et Saint-Renan seraient confrontées à un ralentissement de leur croissance à l'approche de 2050. 

Dans ces zones, le vieillissement y serait même plus important que celui projeté à l'échelle de la Bretagne, excepté pour Quimper et Saint-Brieuc. "Le nombre d’habitants âgés de 25 à 64 ans y diminuerait plus vite que dans l’ensemble de la région, précise l'Insee. La croissance du nombre de 65- 84 ans resterait quant à elle modérée, notamment dans les zones de Quimper et de Saint-Brieuc (+ 22,3 % et + 21,2 % respectivement)".

Les personnes âgées de 85 ans ou plus seraient en 2050 deux fois plus nombreuses qu'en 2021 à Lorient, Quimper, Saint-Malo, Saint-Renan et Ploërmel.