Ils font tourner billigs ou poêles et offrent des crêpes aux soignants

Des crêpes, un soutien gourmand pour les soignants. Ici, une fournée destinée à l'équipe de nuit de la clinique Keraudren / © DR
Des crêpes, un soutien gourmand pour les soignants. Ici, une fournée destinée à l'équipe de nuit de la clinique Keraudren / © DR

La solidarité passe aussi par le réconfort des papilles. En Bretagne, des crêpiers ou des particuliers offrent des crêpes au personnel médical. L'initiative est appréciée. Les hôpitaux rappellent juste quelques règles. 

Par Emilie Colin


Une centaine de crêpes est arrivée lundi, au service des urgences de l'Hôtel-Dieu de Pont L'Abbé. Wolfgang est habituellement crêpier ambulant. Il a acheté ses ingrédients exprès pour les soignants. "En voyant l'élan de solidarité dans certaines communes, de personnes qui distribuaient de la nourriture au personnel médical, cette idée m'est venue spontanément. Je voulais apporter un peu de chaleur à ce petit hôpital", explique-t-il. "Ils ont été agréablement surpris et ils m'ont remercié plusieurs fois." Wolfgang voudrait réitérer au moins une fois par semaine. Mais son activité est mise à mal par l'arrêt des marchés

Contacté, l'Hôtel-Dieu confirme cette livraison. L'hôpital avait déjà reçu des biscuits, d'une biscuiterie locale, amenés directement en cuisine et ensuite redistribués. La direction et le personnel se disent sincèrement touchés mais insistent : "La meilleure aide pour nous, le meilleur cadeau c'est de rester chez soi. L'hôpital reste un lieu pour prendre soin et il vaut mieux éviter d'y venir si on n'en a pas besoin." 


Krampouz Heros


Nadège et Anaïs ont elles aussi opté pour les crêpes. Basées à Brest, elles sont à l'origine de la page Facebook Krampouz Heros, lancée dimanche. Elles rassemblent ceux qui font les crêpes, et les soignants qui veulent les manger. "Au début, on ne savait pas trop si ça allait fonctionner et là ça a pris de l'ampleur. Il y avait au départ plus de propositions que de demandes" note Anaïs. 

Les gens n'osaient pas demander au début. Mais ils sont contents d'apporter des crêpes au travail, à leurs collègues

"Chacun propose quand il peut, quand il veut puis on met en contact avec les soignants, qu'ils travaillent en libéral ou à l'hôpital. Selon les indications de trajet ou de tournée données, les livraisons s'organisent." "Les gens sont contents de donner de leur temps, de participer."

Le quotidien est chamboulé, les petits gestes touchent. Nadège

Les deux amies demandent de respecter des conditions d'hygiène, de bien se laver les mains, de privilégier des emballages lavables ou jetables. Les contacts sont à éviter. "Chacun reste chez soi.". Les crêpes sont donc déposées sur les pas de portes, à côté des boites aux lettres ou sur des petites tables. 


 

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