Bugaled Breizh. “ Baisser les bras, c'est hors de question ! ”

Thierry Le Métayer (à gauche), en 2015, à Rennes, lors d'une audience pour examiner la contestation du non-lieu prononcé sur le naufrage en Manche du chalutier breton. / © OUEST FRANCE / JOEL LA GALL / RENNES
Thierry Le Métayer (à gauche), en 2015, à Rennes, lors d'une audience pour examiner la contestation du non-lieu prononcé sur le naufrage en Manche du chalutier breton. / © OUEST FRANCE / JOEL LA GALL / RENNES

Il y a 15 ans, le Bugaled Breizh sombrait au large de l'Angleterre. En ce début janvier, comme chaque année, Thierry Le Métayer, le fils d'une des victimes, s'est recueilli à Loctudy. Même s'il avoue se sentir de plus en plus seul, il garde l'espoir de découvrir un jour la vérité.

Par Raphaëlle Besançon.

Comme chaque année, Thierry Le Métayer est allé se recueillir avec sa famille à Loctudy, sur la stèle des marins péris en mer.

Le 15 janvier 2004, le Bugaled Breizh sombrait au large de l'Angleterre, à quelques kilomètres du Cap-Lizard. Cinq marins ont péri dans le naufrage. L'un d'eux, le mécanicien, était son père.
 

Le mystère demeure

Les familles des victimes estiment qu'un sous-marin, en exercice ce jour là, aurait pu se prendre dans les câbles du chalutier finistérien et l'entraîner vers le fond. Une affaire ponctuée de 15 ans de bataille judiciaire.

Pourtant, en juin 2016, la justice française prononce un non-lieu. Le Bureau enquête accident (BEA) conclut que « l'hypothèse de l'enfouissement du train de pêche est celle qui paraît le plus en adéquation avec les constatations matérielles ».
 
 

Quand l'Angleterre s'en mêle

Deux des marins qui ont péri en 2004 sont morts dans les eaux territoriales anglaises. Sollicité par une partie des familles de victimes, la justice britannique reprend l'affaire en 2015. Un nouvel espoir pour les parties civiles.

De courte durée hélas. " La juge a choisi de ne pas faire d'audience publique. Elle ne prend pas non plus en compte le rapport de l'Ifremer, déplore ce lundi Thierry Le Métayer. Elle ne s'appuie que sur le rapport du BEA mer, constitué essentiellement de militaires. L'association SOS Bugaled Breizh et moi-même avons donc décidé de les laisser faire ce qu'ils voulaient mais de ne plus y prendre part. On a compris que la justice ne voulait pas de la vérité."


L'espoir, toujours

Voilà 15 ans que les familles et l'association espèrent découvrir les raisons du naufrage.

"Je me sens un peu seul parfois", avoue Thierry Le Métayer.

"Mais il est hors de question de baisser les bras. Je dois bien ça à mon père et à mes filles. C'est leur histoire aussi. Elles ne comprendraient pas qu'on laisse tomber maintenant après tout ce qu'on a mis en oeuvre. Le Bugaled Breizh fait partie de nos vies. On ne l'a pas choisi, mais c'est comme ça."

L'espoir persiste. " Il arrive que des révélations soient faites des années plus tard ! Le moins que l'on puisse faire, c'est rester en vie. Montrer aux gens que nous sommes là. Attendre que quelqu'un nous révèle la vérité. Pour nous, mais aussi pour éviter d'autres accidents."

La justice britannique n'a pas communiqué de date butoir pour rendre ses conclusions.

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