Réchauffement climatique. Pour Anne-Marie Tréguier, membre du GIEC. "Maintenant, il faut agir le plus possible et le plus vite possible "

Ce 20 mars 2023, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a présenté son rapport de synthèse. Un résumé de ses six derniers rapports. L’océanographe Anne-Marie Tréguier a participé à la rédaction du rapport de 2021. Pour la chercheuse brestoise, il faut accélérer nos actions contre le réchauffement climatique.

"C’est grâce à l’océan que la planète est encore vivable, s’émerveille Anne-Marie Tréguier, océanographe et directrice de recherche au CNRS, il a absorbé 90% du réchauffement de la terre."

La chercheuse brestoise fait partie des scientifiques sélectionnés pour participer au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et a corédigé le rapport de 2021. "C’est une expérience incroyable, on travaille avec des scientifiques de toutes des disciplines, du monde entier pour faire une synthèse scientifique utile aux décideurs. "


"Les rapports du GIEC sont absolument nécessaires, explique-t-elle. Ils servent de support au COP, les Conférences des Parties. Sans GIEC, il n’y aurait pas eu d’accord de Paris. Et il faut des remises à jour pour prendre les bonnes décisions."


La synthèse rendue aujourd’hui va servir de base à la COP 28 qui doit se tenir du 30 novembre au 12 décembre 2023 à Dubaï aux Émirats arabes unis. 

"Agir le plus possible et le plus vite possible"

 

Depuis le début de l’ère préindustrielle, la température moyenne a augmenté de 1,1 degré. "Sans l’océan, les choses auraient été bien pires car l’eau absorbe plus la chaleur que l’air, insiste la scientifique. Il joue un rôle de régulateur, mais il faut y faire attention, à force de recevoir tout notre CO2, il s’acidifie. " 


"Les conséquences du réchauffement climatique sur notre planète sont de plus en plus visibles," constate l’océanographe. Les épisodes de sécheresse, de canicule, incendies.

La synthèse du GIEC rappelle que plus de 40 % de la population mondiale vit dans des conditions qui les rendent très vulnérables au changement climatique. Le niveau des mers a augmenté de 20 centimètres entre 1901 et 2019. Et va continuer de monter. 


"Plus on attend pour agir, pire ce sera", prévient la chercheuse. 

Des solutions existent


 
Pour limiter le réchauffement climatique, les scientifiques du GIEC ont proposé un certain nombre de solutions. Il faudrait arrêter d’utiliser certains combustibles comme le gaz ou le charbon, mieux isoler les bâtiments, éviter la surconsommation. 
"Des solutions existent, se réjouit Anne-Marie Tréguier, il faut maintenant trouver les politiques et les financements pour les mettre en œuvre."
Si rien ne change, indique le GIEC, "le monde se dirige vers un réchauffement de 3,2 °C en 2100."
"Nous sommes à la croisée des chemins. Le climat que vont connaître les bébés qui naissent en ce moment, répète encore Anne-Marie Tréguier. Il se décide maintenant. "