EDUCATION. Quelle place pour la mixité sociale dans les établissements privés en Bretagne ?

Le ministre de l'Education nationale, Pap Ndiaye devait présenter ce jeudi 11 mai un plan pour faire participer les établissements privés sous contrat à un effort de mixité sociale. En Bretagne, la scolarisation dans des écoles privées, c’est 40% des élèves. Les indices de mixité dans ces lieux montrent des inégalités, cependant moins importantes comparées à celles présentes sur le territoire national.

Traditionnellement en Bretagne, l'enseignement privé est bien implanté. Environ 40% des élèves sont scolarisés dans ces types de structures dans l'Académie de Rennes, un des plus forts taux au niveau national. Dans le département du Morbihan en 2022, il y a même plus d'élèves à avoir fait leur rentrée dans le privé (50,4%) que dans le public.

Malgré un taux d'inégalité moins important que dans d'autres régions, la mixité sociale n'est pas totalement de mise dans les établissements privés bretons. L'Éducation nationale rend public, depuis 2022, un indice de position sociale (IPS) des élèves. Cet indicateur statistique, socio-économique et culturel, prend en compte "le profil des deux parents des élèves". Plus l'indicateur est grand et plus l'enfant vit dans un milieu favorisé.

Parmi les dix collèges bretons avec la moyenne d'IPS la plus élevée de l'Académie, 7 sont des établissements privés. De l'autre côté du baromètre, les dix établissements avec l'indicateur le plus faible sont tous des collèges publics. 

Le collège privé de l'Assomption à Rennes a le plus fort taux d'IPS (138,2) pour ses 924 élèves. "C’est le choix des familles d’aller dans tel ou tel établissement, rappelle Philippe Mercier, directeur de la structure proche du centre-ville. L’accès aux écoles privées comme aux écoles publiques est libre." Pour lui, le coût de scolarité peut être une barrière pour certaines familles et les diriger vers une inscription en école publique. Il rappelle que des aides existent pour aider les familles qui en ont besoin. 

Le ministre de l'Education nationale, Pap Ndiaye devait annoncer ce jeudi 11 mai des mesures pour que les établissements privés fassent un effort pour plus de mixité sociale. "Ce qui me gêne, c’est l’image que l’on va véhiculer avec deux types d’établissement, celui pour les pauvres et celui pour les riches." se désole Philippe Mercier. 

Demande d'aide aux familles pour le paiement des repas

À Vannes, son collègue chef d'établissement au groupe scolaire Notre Dame Le Menimur partage ce constat. "On ne se retrouve pas dans le portrait dressé au niveau national d’un établissement privé élitiste. Ce n'est pas le cas chez nous", balaye Manuel Krzyzosiak. Son collège se situe dans la moyenne des IPS de la région pour les établissements privés. 

Pour lui comme pour son collègue rennais, l'effort demandé devrait venir d'une aide des collectivités notamment sur la restauration. Chaque repas pour les familles coûte 6 € dans le privé contre 2 € dans le public. "À partir du moment où les collectivités décident d’aider les familles pour accéder à la restauration, il n'y a pas de raison que les enfants en enseignement privé ne bénéficient pas de ces aides", explique Philippe Mercier. Selon lui, une mesure de ce type pourrait permettre à certaines familles d'inscrire leurs enfants dans des établissements privés et donc d'améliorer la mixité sociale. 

En Bretagne, les différences en termes de mixité sociale dans l'environnement scolaire s'amenuisent lorsque les collèges privés sont situés en dehors des grandes agglomérations. 

Pour ce qui est des lycées, les différences sont moins importantes. Une distinction au niveau de l'IPS est à noter sur le type de lycée fréquenté et la nature des études.

 En 2022, 595 289 élèves ont fait leur rentrée dans un établissement de l'Académie de Rennes.