Revenge porn, violences et harcèlement. Un militaire faisait chanter son ex-petite amie et collègue

Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné jeudi 15 février 2024, un jeune militaire qui avait fait chanter son ex-petite amie et collègue en mai 2022. En plus des menaces et des violences répétitives, le jeune homme a tenté de partager des vidéos à caractère sexuel du couple.

Violences, harcèlement, revenge porn. Un jeune militaire vient d'être condamné par le tribunal correctionnel de Rennes pour avoir fait chanter son ex-petite amie, elle-même affectée au 11e Régiment d'artillerie de marine (RAMA) de Saint-Aubin-du-Cormier (Ille-et-Vilaine), en mai 2022.

À lire : Fusillades dans le quartier Cleunay à Rennes : placés en détention provisoire, quatre hommes seront jugés en mars

Une jeune femme avait en fait déposé plainte contre son compagnon, Raymond X, le 22 mai 2022 : elle venait de mettre fin à leur relation de couple car elle ne supportait plus sa violence et ses "menaces de suicide".

Du revenge porn sur un groupe familial

Le militaire, un néo-Calédonien de 22 ans, la menaçait de diffuser des vidéos à caractère sexuel "sur le groupe famille Messenger" de son ex-compagne. Raymond X avait même mis ses menaces à exécution mais la victime avait eu "le temps de supprimer" avant que sa famille ne les voie.

La jeune militaire avait expliqué aux enquêteurs qu'elle ne savait pas qu'elle avait été filmée, mais que son conjoint avait "l'habitude de faire autre chose pendant l'acte".

Le jour de la rupture, ce néo-Calédonien de 22 ans avait procédé à un virement de 820 € à partir du compte bancaire de la jeune femme et à destination de celui de sa sœur, sans que la première n'ait été avertie.

569 appels en 1 mois

Ce jour-là, il avait aussi publié "des propos obscènes" sur les réseaux sociaux de celle qui venait de le quitter, avant de "prendre leur contrôle" de ses propres comptes en changeant les mots de passe. 

Le 14 juin 2022, elle s'était de nouveau présentée à la gendarmerie pour rapporter qu'elle était "toujours l'objet de harcèlement téléphonique". Les enquêteurs constateront effectivement que Raymond X avait essayé de la joindre "569 fois" en un mois.

"Des coups dans le ventre et sur la tête"

Elle s'était aussi souvenue du jour où Raymond X était "saoulà Montpellier (Hérault), il avait "commencé à dire qu'elle l'avait trompé" et lui avait "porté des coups dans le ventre puis sur la tête", devant sa cousine qui l'avait "envoyé chercher des cigarettes" pour que sa compagne puisse partir. 

Mais le militaire l'avait rattrapée dans la rue et l'avait "jetée sur la route avec ses bagages" avant de lui asséner "un coup de poing à la tête". Elle en avait "tellement assez" qu'elle lui avait dit "Tue-moi", a aussi détaillé la présidente du tribunal correctionnel de Rennes, devant qui Raymond X n'a pas jugé bon de se présenter ce jeudi 15 février 2024.

1 an de prison avec sursis et 3 ans d'interdiction de port d'arme

Le jeune homme, jamais condamné jusqu'alors, avait reconnu les faits devant les gendarmes. La procureure de la République avait en conséquence requis un an de prison avec sursis à son encontre, une inéligibilité de deux ans et surtout "une interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation pendant trois ans", une peine importante pour un militaire.

Finalement, le tribunal a suivi en tout point ses réquisitions ; comme le prévenu n'était "pas venu", il ne pouvait pas prétendre à la dispense de cette "peine complémentaire obligatoire", a commenté la présidente. Le militaire a dix jours pour faire appel.

Avec PressPepper