Huîtres interdites à la consommation. "C'est la panique générale" selon le président de la fédération nationale de la conchyliculture

L'interdiction temporaire, pour raisons sanitaires, de la commercialisation des huîtres provenant de quelques sites du littoral de l'Ouest est "catastrophique" pour l'ensemble des producteurs. "Les gens n'achètent plus" réagit Philippe Le Gal, ostréiculteur dans le Morbihan et président de la fédération nationale de la conchyliculture.

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Selon Philippe Le Gal, président de la fédération nationale de la conchyliculture, l'interdiction temporaire de la commercialisation des huîtres provenant de quelques sites du littoral Ouest est "catastrophique. C'est la panique générale, dit-il, alors qu'on n'est même pas à 10% de zones contaminées en France" par rapport à la totalité de la production nationale.

Les zones de production où la commercialisation n'est pas autorisée sur décision préfectorale sont situées notamment dans le bassin d'Arcachon (Gironde), ainsi que sur deux secteurs très limités du Calvados et de la Manche.

"On fait peur aux gens"

Prenant son propre exemple, Philippe Le Gal explique que ses huîtres, produites dans le Morbihan là où il est installé, "étaient en vente ce dimanche sur quatre marchés : un dans le Lot, un en Corrèze et deux dans le Morbihan. On n'a rien vendu du tout" déplore-t-il, estimant à "à peine 10%" les ventes réalisées pour une journée de Réveillon, alors que les fêtes de fin d'année sont habituellement une des principales périodes de consommation du coquillage. "Les gens n'achètent plus, on leur raconte tellement de bêtises, on leur fait peur, estime-t-il. Le mal est fait, la confiance est rompue" avec les consommateurs, craint-il.

Les gens pensent que nos huîtres sont mauvaises, alors qu'elles sont bonnes. Le problème vient des stations d'épuration et pas de notre production

Philippe Le Gal

Président de la fédération nationale de la conchyliculture

Ces interdictions temporaires "ne sont pas du tout liées au travail des conchyliculteurs. Elles sont liées à des virus, pas à la qualité des huîtres" confirme le secrétaire d'Etat à la mer, Hervé Berville, dans un entretien dimanche au quotidien Ouest-France. Le ministre met également en cause les systèmes d'assainissement. "L'enjeu numéro un est en effet l'investissement des collectivités locales dans les systèmes de traitement (des eaux usées). Nous allons faire des points avec les collectivités pour accélérer les investissements là où c'est nécessaire, car la conchyliculture est un secteur essentiel pour l'économie locale" annonce-t-il.

Hervé Berville a également indiqué que des "aides complémentaires" seront examinées pour soutenir les producteurs quand le bilan des pertes de chiffre d'affaires aura été établi. "Notre but est de protéger les consommateurs, de rassurer les Français sur les autres huîtres, mais aussi de faire ce suivi" précise le secrétaire d'Etat à la mer, évaluant à "375 le nombre de sites de production" d'huîtres en France.