Pass vaccinal en gare : un bracelet bleu pour prendre le train. Reportage

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Écrit par Benoit Thibaut

Fini le pass sanitaire. Pour prendre le TGV, il faut prouver sa vaccination contre le covid. En gare de Rennes, comme les grandes gares de France, des contrôleurs vérifient la validité du pass vaccinal des voyageurs pour permettre l’accès aux trains longue distance. Un dispositif bien rodé, accepté par le plus grand nombre.

“Le train pour Paris en voie 4, contrôle du pass sanitaire, euh… vaccinal”. D’un ton mal assuré, Laurent appelle les voyageurs du TGV pour la capitale. Le pass vaccinal entre tout juste en vigueur et le jeune homme de 20 ans ne s'est pas encore habitué à la mesure gouvernementale. Chasuble bleue sur les épaules, l’étudiant est l’un des agents de contrôle présents dans le hall de la gare de Rennes. Il filtre les voyageurs avant l’accès aux trains. “Maintenant, pour accéder aux quais, il faut être vacciné. Avec mon équipe, on empêche les tests antigéniques de passer. C’est comme ça.”

Avant de franchir les portillons, les bips de contrôle s'enchaînent. La file des usagers se presse pour subir la double vérification. D’abord les pass par les agents en bleu, puis quelques mètres plus loin, le personnel en rouge contrôle les billets.  “Pour le contrôle des pass, c’est une société extérieure qui a été mandatée par la SNCF” indique de sa voix souriante Mélanie. “Nous salariés de la SNCF, nous ne sommes pas habilités à le faire.”

Un bracelet bleu pour l’accès aux TGV

Valise dans une main, QR Code dans l’autre, la petite foule animée par l’arrivée du train en gare présente le pass demandé. Certains tendent le poignet pour mettre en évidence un bracelet bleu. Ces voyageurs ne reviennent pas d’un festival, mais d’un contrôle proposé en amont afin de fluidifier le flux de voyageurs.

“Avec l’arrivée du pass vaccinal, le dispositif ne change pas” analyse Julie, 23 ans, en mission d’intérim comme contrôleuse depuis six mois en gare de Rennes. “Les gens ont pris le pli, et pour nous, l’outil de vérification est le même”.

L'application Tous Anti Covid Verif est installée sur les smartphones des jeunes intérimaires. “Nous avons un seuil de tolérance” détaille à ses côtés Margaux, elle aussi avec un gilet bleu sur le dos. “C’est le début de la mise en place, certains nous disent qu’ils n’étaient pas au courant”.

L’ étudiante en Master à la fac contrôle les voyageurs depuis septembre pour payer ses études. “Nous pouvons désactiver l’outil Vaccination de l'application et valider un test antigénique. L’ agence d’intérim ne nous a pas donné de consignes.”

“Chaque jour, j’ai le droit à des insultes” soupire d’un ton fatigué sa collègue Julie : “vous nous prenez pour du bétail !”, “vous auriez fait quoi pendant 39-45 ?”  

Pour le contrôle des pass, deux équipes se relaient entre 6h et 20h45. Un responsable peut intervenir en cas de conflit avec des personnes irritées par ce système.

“ J’ai mon billet, je veux prendre mon train ! ”

Des cris retentissent. Une femme arrivée à la dernière minute n’a pas son pass vaccinal avec elle. “J’accompagne ma mère handicapée, j’ai mon billet, je veux prendre mon train !”. Les jeunes agents de contrôle ne la laissent pas passer. Une équipe de la sûreté ferroviaire arrive en soutien. Imposant dans sa tenue similaire aux CRS, un membre de l’équipe tente de calmer la voyageuse : “Êtes-vous vaccinée, avez-vous un test PCR ?”.

La femme ne décolère pas, son train démarre sans elle. Des agents SNCF accompagnent la voyageuse récalcitrante et sa mère dans un espace au calme, afin de trouver une solution pour un prochain trajet.

A quelques pas, le salon Grand Voyageur accueille les usagers arrivés en avance. Pour la plupart, présenter le pass sanitaire ou vaccinal ne pose aucun problème.

Seule Véronique, 64 ans, est très contrariée. “Je me suis fait vacciner spécialement pour mes allers-retours réguliers sur Paris”. Elle qui effectuait des tests antigéniques pour chaque voyage, s’est finalement résignée à la vaccination. “Je ne savais pas qu’avec le TER, je pouvais éviter de présenter un pass...” Les trains régionaux font la liaison tous les jours, mais il faut compter près de cinq heures et non deux comme pour les TGV.