Les résultats du 1er tour des municipales en Bretagne ... Y aura-t-il un second tour ?

En Bretagne, les maires sortants sont arrivés en tête ce 15 mars. On note aussi une poussée écologiste, à Lorient ou à Rennes par exemple. Ce qui présage de quelques discussions entre les deux tours, si second tour, il y a ...
 

Un bureau de vote à Lorient à l'heure du coronavirus
Un bureau de vote à Lorient à l'heure du coronavirus © Maxppp / F.Destoc

Contexte inédit... on ne le dira jamais assez. Ces élections municipales 2020 ne ressemblent à aucun autre scrutin. En cause, cette épidémie de coronavirus qui menace la population, d'une paralysie totale. Nous revenons sur la soirée de ce 15 mars. 

Retour sur les résultats dans les grandes villes bretonnes

A Rennes, la maire sortante Nathalie Appéré, arrive en tête avec 32,81% des voix, c'est 3 points de moins par rapport à 2014. Juste derrière elle, l'écologiste Matthieu Theurier réalise une percée avec 25,59% des scrutins, améliorant de 10 points son score (15,09%) du 1er tour de 2014, alors qu'il était allié au Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. La candidate de la majorité présidentielle Carole Gandon, plafonne à 14,19% des voix. Charles Compagnon, candidat soutenu par LR et le Modem, arrive quatrième avec 11,93%, suivi par Enora Le Pape de LFI avec 7,55%, sur fond de forte abstention (60,61%).

A Brest, bastion de la gauche depuis 30 ans, le maire socialiste François Cuillandre, 65 ans, qui brigue un 4e mandat, arrive en tête malgré sa mise en examen à l'automne 
dans le cadre d'une enquête sur le versement d'indemnités aux élus socialiste de la ville. Face à une gauche divisée, F. Cuillandre voit toutefois son score s'effriter à 26,53% contre 42,46% en 2014. L'ancienne préfète Bernadette Malgorn (divers droite) le suit avec 18,87%, devant l'écologiste Ronan Pichon (15,73%). Marc Coatanea, passé du PS à LREM en 2017, ne récolte que 12,59% mais peut se maintenir au 2e tour.

Lorient : un écologiste en tête


A Lorient, dirigée par le PS depuis 1965, c'est l'écologiste Damien Girard, à la tête d'une liste d'Union de la gauche (PS-PCF-EELV) qui arrive en tête avec 22,99% des voix, suivi par Fabrice Loher, chef de l'opposition, à la tête d'une liste divers droite (20,82% des voix). L'adjoint à l'Urbanisme de Robert Métairie, Bruno Blanchard (DVG), est arrivé troisième avec 18,45% des voix. Et puis, l'adjoint à l'Environnement Laurent Tonnerre (LREM) arrive en quatrième position (17,80%) malgré le soutien de Jean-Yves Le Drian, maire de Lorient de 1981 à 1998. 
Le taux de participation est exceptionnellement bas à Lorient, avec 33,85%.

 A Vannes, David Robo (LR-Modem), maire depuis 2011, est comme en 2014, élu dès le premier tour avec 50,92% des voix, suivi par Simon Uzenat (PS-EELV) avec 20,52% et Patrick Le Mestre (LREM-UDI), ancien doyen de la fac de droit, qui obtient 15,96%. 

A Quimper, le maire sortant Ludovic Jolivet (Agir, centre droit), candidat à un deuxième mandat, arrive deuxième avec 30,22% des voix, devancé par la conseillère départementale Isabelle Assih à la tête d'une liste d'union PS-PCF-PRG, qui obtient 32,06% des voix. Seule la liste de la députée LREM Annaïg Le Meur (13,75%) peut se maintenir au 2e tour. 

A Saint-Brieuc, c'est la liste d'Hervé Guihard (PS-PCF-EELV) qui arrive en tête avec 31,80% des suffrages, suivi de la liste (Modem) de Richard Rouxel (21,27%). Corentin Poilbout (LREM), arrive troisième avec 19,75%.

A Paimpol, Fanny Chappé l'a emporté face à Jean-Yves de Chaisemartin avec 21 voix d'écart, une victoire dans un mouchoir de poche. 

Abstention record

Avec une abstention record estimée entre 53,5% et 56%, les Français ont déserté les bureaux de vote dimanche lors du 1er tour des élections municipales, ce qui a poussé plusieurs responsables politiques à réclamer le report du second tour.

Agnès Le Brun, la maire sortante de Morlaix (DVD) a demandé le report du second tour des élections municipales.
 
Charles Compagnon, candidat à Rennes doute également de la tenue de ces élections. 


Ambiance surréaliste


Ce 15 mars, moins de la moitié des électeurs aura au final glissé un bulletin dans l'urne, dans une ambiance générale surréaliste après que le gouvernement a décrété samedi soir la fermeture de tous les "lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays".

Un chiffre historique pour un scrutin généralement mobilisateur chez les Français, en dépit d'une lente érosion d'un mandat à l'autre: en 2014, l'abstention avait été de 36,45% au 1er tour, dans un pays où l'épidémie (3 morts et 195 cas dimanche soir en Bretagne) n'en est qu'à ses débuts, selon tous les spécialistes.

Dans ce contexte, Edouard Philippe a annoncé depuis Le Havre qu'experts scientifiques et partis politiques seraient consultés "en début de semaine", en espérant obtenir un "consensus républicain" autour de la tenue ou non du second tour.

Reste que dès ce lundi, les tractations de second tour vont commencer. Les candidats autorisés à se maintenir auront jusqu'à mardi 18H pour trouver des alliés ou fusionner leurs listes en vue du second tour. Si second tour, il y a ....
 
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