Législatives 2022 : à Tours, dans la 1ère circo d'Indre-et-Loire, le bilan du député Philippe Chalumeau, force très tranquille de LREM

A l'approche des élections législatives, France 3 sollicite les députés sortants du Centre-Val de Loire pour faire le bilan des cinq années écoulées. Dans la première circonscription d'Indre-et-Loire, qui regroupe l'essentiel de la ville de Tours, Philippe Chalumeau s'est concentré sur des initiatives locales et solidaires et quelques grands sujets nationaux.

Souriant, modéré, affichant une assurance tranquille à la limite de la nonchalance, Philippe Chalumeau est depuis 2017 le visage de la première circonscription d'Indre-et-Loire, un territoire qui lui ressemble. Ancien conseiller municipal socialiste de Tours entre 2009 et 2014, il fonde dès 2016 l'antenne tourangelle d'En Marche, avant de devenir le candidat, puis le député du parti présidentiel.

Des initiatives locales et solidaires

Médecin généraliste, Philippe Chalumeau a forcément retenu de ce mandat la crise sanitaire du covid-19. En 2020, il a même remis la blouse, s'impliquant personnellement dans l'organisation des soins dans les Ehpad et la campagne de vaccination. Aux grandes aventures, il préfère soutenir les initiatives modestes au plus près du terrain, comme "l'épicerie solidaire et itinérante" mise en place avec l'Université en faveur des étudiants, ou le lieu d'accueil pour les femmes victimes de violences, géré par SOS médecins.

Entre-temps, Philippe Chalumeau a été de tous les votes de la majorité ou presque. S'il n'a pas porté personnellement de projet de loi, il a participé à 94% des votes solennels et a voté en cohérence avec le groupe présidentiel dans 99% des cas selon le site Datan.fr. Il n'est pas pour autant un "député godillot", réplique-t-il lorsqu'on lui fait remarquer cette loyauté presque parfaite.

"Je suis quelqu'un de loyal, et lorsqu'on est loyal on est écouté", estime l'élu. Il a d'ailleurs préféré s'abstenir sur un vote majeur du quinquennat, la loi autorisant le retour des néonicotinoïdes, ces insecticides "tueurs d'abeilles". "Je suis un défenseur de la biodiversité, et je n'ai pas voulu cautionner cette loi."

La Défense, le combat discret de la Macronie

"Whip" de la majorité au sein de la commission parlementaire de la Défense nationale et des forces armées, Philippe Chalumeau est chargé d'assurer la coordination et la répartition des travaux de la commission entre les députés. Cette commission est notamment en charge de la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale, sur laquelle se base la loi de programmation militaire 2019-2025. Quatre ans après l'invasion de la Crimée par la Russie, militaires et parlementaires anticipent à l'époque le retour de "conflits de haute intensité". Après des années de réduction budgétaire, la majorité présidentielle envisage donc de redonner des moyens supplémentaires aux forces armées, engagées dans plusieurs théâtres, notamment en Afrique.

"On a consacré 295 milliards d'euros à une restructuration capacitaire" et "à hauteur d'homme" des forces armées françaises, afin de consacrer un "modèle d'armée complet". En clair, contrairement par exemple au Royaume-Uni qui dépend sur certains points des États-Unis, la France a fait le choix d'une indépendance sur tous les plans : terrestre, naval, renseignement, sans oublier la capacité de projection de ses forces à l'autre bout du monde, et l'outil de la dissuasion nucléaire.

On a également beaucoup construit et développé l'armée européenne au cours de ce quinquennat, en créant un fonds européen de défense doté de 10 milliards d'euros. [...] Cette armée européenne sera un pilier européen de l'OTAN

Philippe Chalumeau, député sortant de la première circonscription d'Indre-et-Loire

Faute des moyens disponibles, par exemple, pour l'armée américaine, (655 milliards d'euros par an, contre 40 en France), cette armée est cependant parfois qualifiée "d'échantillonnaire", et souffre de manque chronique de matériel. La France n'envoie d'ailleurs qu'un petit nombre d'équipements militaire en Ukraine, moins par exemple que l'Allemagne, même si ceux-ci pèsent lourd dans la balance. Selon un reportage de France 2, les canons automobiles "César" français ont détruit 80 pièces d'artillerie russes en mai.

L'hydrogène, une énergie "propre" mais encore peu développée

L'autre défi d'avenir auquel s'est attelé le député est celui de la Transition écologique et énergétique. Vice-président du groupe d'étude parlementaire sur l'hydrogène, Philippe Chalumeau espère voir se pérenniser l'usage de cette énergie dans le département. "C'est un vecteur énergétique qui permet, en consommant une faible quantité d'eau, de stocker l'énergie renouvelable sous forme de pile à hydrogène", synthétique le député, qui voit dans ce gaz la promesse d'une "révolution verte" de l'énergie. Moyennant, bien sûr, "qu'on réduise la voilure sur la consommation".

"Lors du salon Hyvolution", le grand rendez-vous de la filière qui se tenait les 11 et 12 mai, "la région Centre-Val de Loire était l'une des rares absentes", note Philippe Chalumeau. "Plusieurs régions ont acheté des trains à hydrogène, nous on achète des trains diesels !" se lamente le député. Un tacle adressé au conseil régional, issu d'une alliance entre socialistes et écologistes.

Dans le détail, il faut tout de même noter que si la SNCF a en effet commandé 12 rames de trains à l'hydrogène, destinés à quatre régions (Bourgogne-France-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Grand Est), la technologie de ces dernier est encore loin d'être au point. En revanche, la région Centre-Val de Loire expérimente déjà la mise en circulation de trains "hybride", construits à partir d'anciens TER rénovés, ce qui permet d'économiser leur consommation. La SNCF envisage la fin des trains dits "thermiques" vers 2035.

Dans son bilan mis en ligne sur son site en 2021, Philippe Chalumeau met également en avant d'autres de ses engagements, par exemple sur la sécurité ou l'égalité femmes-hommes. Interrogé sur la transparence de la vie publique, Philippe Chalumeau tient notamment à la probité des élus, mais aussi des candidats.

Si on est condamné, voire si on est cité dans une affaire, pour moi c'est clair et net, on ne doit pas se présenter, et on doit démissionner.

Philippe Chalumeau, député de la première circonscription d'Indre-et-Loire

Candidat à sa propre succession dans la première circonscription d'Indre-et-Loire, Philippe Chalumeau sera aux prises avec huit autres candidats. Le vice-président du conseil régional Charles Fournier fera en effet campagne pour EELV et la Nupes, en concurrence avec Bertrand Rouzier de Génération écologie et Inès Laurent de Liberté, Écologie et Fraternité. Le Parti animaliste a également une candidate en la personne de Stéphanie Moreau. A l'extrême-gauche, Thomas Jouhannaud représentera Lutte ouvrière. Les Républicains présentent quant à eux Olivier Lebreton, et l'extrême-droite sera représentée par François Ducamp pour le Rassemblement national et Sophie de Lanouvelle pour Reconquête.

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