Sortie du Grand Est : les élus signent un manifeste pour l'Alsace, "nous ne sommes pas des moutons"

Le président de la Collectivité européenne d'Alsace ne cache pas sa colère au lendemain du rapport Woerth sur le décentralisation. Un rapport qui préconise le maintien de l'Alsace dans la région Grand Est. Frédéric Bierry a lu cet après-midi devant 150 élus alsaciens son "Manifeste pour l'Alsace". Il ne renonce pas à son projet d'une Alsace indépendante.

"Nous c'est l'Alsace!": le message a le mérite d'être clair. Au lendemain de la publication du rapport Woerth, qui ne va pas dans le sens d'une sortie de l'Alsace du Grand Est, Frédéric Bierry a présenté son "Manifeste pour l'Alsace". Entouré de 150 parlementaires, maires et élus de la région, il a longuement pris la parole pour défendre, encore et toujours, l'idée d'une région Alsace indépendante. 

"L'avenir institutionnel et démocratique de l'Alsace est en jeu. Nous, Alsaciens, nous revendiquons démocratiquement le pouvoir de décider de notre propre avenir pour ne pas être prisonniers d'un périmètre artificiel et d'un destin que nous n'avons pas choisi." peut-on lire dans le Manifeste pour l'Alsace signé par des dizaines d'élus cet après-midi au siège de la Collectivité Européenne d'Alsace. "Nous attendons d'une future loi de décentralisation qu'elle reconnaisse la revendication légitime et démocratique de l'Alsace, c'est pourquoi nous attendons une vraie prise en considération du projet alsacien par le Président de la République". 

La République aujourd'hui, elle est malade, la malaise est profond, et l'on nous propose une nouvelle fois des placebos qui ne vont générer que désespérance et défiance démocratique

Fréderic Bierry, président de la CEA

Frédéric Bierry a expliqué qu'il avait eu une troisième réunion hier soir avec Josiane Chevalier, préfète du Bas-Rhin et de l'Alsace, et Franck Leroy, président de la region grand est. Pas de quoi apaiser celui qui ne cesse de demander la sortie de l'Alsace de la région Grand Est. Le président de la CEA n'a pas mâché ses mots par rapport au rapport sur le décentralisation dirigé par Eric Woerth, et rendu public cette semaine. "La République aujourd'hui, elle est malade, le malaise est profond, et l'on nous propose une nouvelle fois des placebos qui ne vont générer que désespérance et défiance démocratique. Encore une fois, la montagne accouche d'une souris. La démocratie consultative a montré que sur les 154 000 alsaciens qui ont répondu à notre consultation, 92% se sont prononcés pour le retour d'une Alsace autonome. Parfois on fait une loi à partir d'une convention citoyenne qui ne représente que 200 personnes et là on n'écoute pas 154 000 personnes ! Ca n'est quand même pas possible!"

André Reichardt a ensuite pris la parole: "Qu'est ce qui va se passer maintenant?, a questionné le sénateur du Bas-Rhin. Ces Alsaciens sauront se faire entendre. Dans une semaine, il y a les élections européennes. Certains n'iront pas voter et d'autres iront voter aux extrêmes. Fallait-il en arriver là? Les Alsaciens ne demandent pas la lune. lls avaient une région, la plus forte de France. On demande simplement le retour à une région Alsace, il n'est pas trop tard! Ecoutez-nous, Monsieur Macron"

Dans l'assistance, si la déception est bien là, personne ne veut s'avouer vaincu. "C'est très important de revenir à la région Alsace, affirme François Muller, premier adjoint à Bergheim. Car le Haut-Rhin et le Bas-Rhin ont des valeurs communes. L'Histoire, l'économie, la langue... Il n'est jamais trop tard pour revenir en arrière. Emmanuel Macron peut le faire. Ce sont des décisions politiques. Nous ne sommes pas des moutons! " Les partisans de la sortie de l'Alsace du Grand Est organisent ce samedi 1er juin une marche autour du Mont Sainte-Odile. 

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