PORTRAIT. Georges Kientz, un amoureux des mots et du dialecte alsacien

Homme de théâtre, Georges Kientz connaît une multitude de poèmes alsaciens d’auteurs régionaux comme : André Weckmann ou Nathan Katz par cœur. Il aime les réciter en se promenant sur le sentier des poètes de Bischwiller, ville de son enfance. Très attaché au folklore alsacien, Georges Kientz aime également reprendre des chants traditionnels d’Alsace en s’accompagnant de sa guitare.

A Bischwiller, où il réside depuis toujours, Georges Kientz aime déambuler en récitant des poèmes qu'il a appris par cœur. Cet homme de théâtre est un amoureux du dialecte. Il sait faire vivre ces écrits de tout son être et lorsqu’il les récite, chaque syllabe vibre, car les mots l’habitent complètement.

Des poèmes sur Bischwiller, un endroit qui concentre ses souvenirs de jeunesse. C’est ici, dans cette ville industrielle bas-rhinoise, que Georges Kientz aime déambuler entre les vingt-huit présentoirs bilingues du sentier des poètes, "Dichterwaj" en alsacien. Un sentier pédestre poétique qui valorise la poésie dialectale, avec des thèmes variés comme le patrimoine, la nature, l’espoir ou la mémoire.

Ce parcours qui démarre place de la Mairie et traverse la ville, en passant par Hanhoffen et le Ried n’a plus de secret pour lui. "Ça c’est le Rothbaechel, cette rivière c’est toute mon enfance. Combien de fois j’y suis tombé ! À chaque fois, je me prenais une raclée quand je rentrais trempé. Et le lendemain j’y retournais". Se souvient-il, ému, devant la rivière qui traverse toujours la ville.

S'il compose lui-même des poèmes, ce sont les mots des autres qu’il préfère apprendre par cœur la nuit. "Un mot après l’autre, pour ressentir le sens de chaque mot. Quand j’ai bien saisi le sens profond du texte, je suis capable de le réciter. Les poèmes sont aussi écrits pour être dits, sinon ils se dessèchent tristement dans les livres" précise-t-il.

Des souvenirs de jeunesse 

Et ce sont les auteurs régionaux, comme Jeanne Herrmann née comme lui ici, qui le touchent particulièrement, car ils ont partagé les mêmes souvenirs de jeunesse. En témoigne ce poème sur les tziganes, un de ses favoris : 

Elle quémande encore un sachet de farine, sort le bidon de lait de son sac. "Tu n’aurais pas aussi une vieille veste et des habits usagés pour mes enfants ? Ils ont tellement froid en hiver". Elle est toujours là dans la cuisine et ne pense pas à partir. Son enfant est malade, si elle pouvait avoir un œuf frais. La vieille dame entend ce cri. "Prends encore ces deux œufs". "Merci, brave dame, on va vivre bien maintenant, Dieu te le rendra jusqu’à la prochaine fois".

Georges Kientz semble porté par un passé révolu, mais reste enjoué et enthousiaste. "C’est ici qu’on venait se baigner. On avait des problèmes avec les lavandières, car en se baignant on soulevait la boue ce qui les dérangeait pour laver le linge. Plus d’une fois elles nous ont lancé les brosses à laver".

Sa voix encense les textes sur la guerre qui malheureusement trouvent encore un écho dans le monde actuel comme dans ce poème de Charles Attali "Verfrorene Saldàte, les soldats morts gelés" :

Ils dorment sur le ventre
Les soldats morts gelés
L’hiver sur son rouet tisse
Un fil de leurs souffles figés
Plus un son ne sourd des gorges
Plus un frisson ne court sur les peaux
A l’Est tonne toujours cet orgue
Tellement trop fort pour eux
Sur chaque main le gel a griffé
Les ronces de ses blessures
Mais ni ennemi ni patrie
Plus rien ne peut les troubler.

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