La cave du Roi Dagobert, poids lourd de la viticulture en Alsace, a 70 ans

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Écrit par Noémie Gaschy

Rund Um. La cave du Roi Dagobert, à Traenheim (Bas-Rhin), a été créée en 1952. Soixante-dix ans plus tard, la coopérative s'est largement développée : elle est devenue un acteur incontournable du monde du vin en Alsace.

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La cave du Roi Dagobert est l'une des nombreuses coopératives viticoles nées après la Seconde Guerre mondiale, en Alsace. Des viticulteurs, originaires d'une vingtaine de communes entre Molsheim et Marlenheim, se sont regroupés en 1952 pour surmonter les difficultés d'après-guerre.

Aujourd'hui, ce temps de misère semble loin : la coopérative, installée à Traenheim, est passée de 70 hectares au départ à près de 1000, cultivés par 220 viticulteurs. 

Certains sont adhérents depuis l'origine. C'est le cas de la famille Anstotz. Luc, président de la cave du Roi Dagobert, a repris l'exploitation familiale. Son papa faisait partie des fondateurs de la coopérative. "Quasiment tous les instigateurs sont encore là. On a plutôt des collègues qui aimeraient nous rejoindre. Pendant le covid, on a eu de nombreuses demandes mais on a été obligés de refuser pour ne pas nous mettre en difficulté", explique-t-il.

Un tiers des viticulteurs ont le statut de double actif

Il salue une façon de fonctionner qui fait recette. "Nous, viticulteurs, nous occupons de nos raisins jusqu'aux vendanges. Puis c'est la cave qui prend le relais. À chacun son métier. Ici, il y a des œnologues : ils interviennent surtout pendant les vendanges lorsque les raisins rentrent, sont pressés et commencent à fermenter. Puis, les cavistes transfèrent le vin d’une cuve à l’autre. Chacun a sa fonction. Si on était chacun pour nous, on devrait tout assumer nous-mêmes. Ce système permet également à des petits viticulteurs d'exister", affirme-t-il.

Un tiers des adhérents de la cave cumule en effet deux emplois. Le travail dans les vignes étant surtout une passion. Sur les hauteurs d'Odratzheim, Paul-André Marche cultive un peu plus de sept hectares, pour le "plaisir d'être dans la nature et de se dépenser". Une activité qu'il exerce le soir, après son job d'ingénieur dans une société de services, ou le week-end. Sans la coopérative, il ne pourrait pas assumer, assure-t-il.

Le double actif, qui ne s'y connaissait que brièvement en matière de vignes lorsqu'il a acheté sa parcelle, bénéficie non seulement d'un soutien technique pour entretenir ses 360 pieds, mais également du matériel de la cave. Sans compter la garantie d'écouler sa production : "Ma récolte équivaut à environ 1000 bouteilles. Que voudriez-vous que j'en fasse ? Ça ne m'intéresse pas de ne boire que mon pinot gris toute l'année. Ce système est parfait pour moi."

Une union avec la cave de Turckheim qui donne du poids

Paul-André Marche a son mot à dire au même titre que tous ses collègues lorsque des décisions sont à prendre à la coopérative. Un homme, une voix, c'est le principe. Tous sont également tenus d'organiser des visites guidées dans les vignes ou du caveau et d'animer des dégustations. Une manière de fédérer cette "grande famille".

En 2012, la cave du Roi Dagobert a créé une union de coopératives, l'Alliance Alsace, avec la cave de Turckheim. Les outils de travail sont optimisés, les 90 salariés mutualisés. Le crémant est élaboré à Traenheim, dans une unité de 6500 m2 sortie de terre en 2014 pour un investissement de près de six millions d'euros. Un an plus tard, une unité d’embouteillage de vin tranquille a été construite sur le site de Turckheim. 

Des équipements ultramodernes qui permettent à l'union de sortir près de 12 millions de bouteilles chaque année. C'est quasiment 10% de la production totale en Alsace.