CARTE - Strasbourg : des magasins servent de refuges pour les victimes de harcèlement de rue et violences sexistes

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Écrit par Vincent Ballester
La jardinerie urbaine Tchungle est l'un des premiers refuges répertoriés à Strasbourg.
La jardinerie urbaine Tchungle est l'un des premiers refuges répertoriés à Strasbourg. © Vincent Ballester, France Télévisions

Depuis le dimanche 28 février, les victimes de harcèlement de rue peuvent trouver refuge dans une poignée de boutiques et magasins de Strasbourg (Bas-Rhin). Ce réseau d'enseignes a été établi par l'association Ru'elles, militant pour rendre aux personnes harcelées leur droit à des rues plus sûres.

L'association qui lutte contre le harcèlement de rue et les violences sexistes et sexuelles à Strasbourg (Bas-Rhin), Ru'elles, ajoute une nouvelle corde à son arc. Après les conseils juridiques, un partenariat avec la municipalité, et la carte des agressions sexistes, voilà une nouvelle carte. Celle-ci présente des refuges pour les victimes de ces harcèlements.

Au dimanche 28 février 2021, il n'y avait que deux refuges recensés sur cette carte (visible ci-dessous). Il s'agit de la jardinerie urbaine Tchungle, et de la supérette Carrefour City dans la très passante rue du Maire Kuss. Il y en aura d'autres, explique à France 3 Alsace la présidente de l'association, Tiphany Hue.
 


Quel est votre projet ?

"On veut proposer un maillage de commerces locaux. Où le personnel est bienveillant, formé à accueillir comme il se doit une victime de harcèlement de rue. Qu'elle n'y soit pas jugée. On aimerait que ce soit le cas dans tous les quartiers, pas seulement le centre-ville."
 

En quoi consiste cette formation ?

"On va donner des clés, et poser des questions. Demander au personnel s'il a déjà géré cette situation - c'est oui pour certains commerces - et prendre plusieurs cas de figure. Si la victime rentre seule ou accompagnée de l'agresseur, s'il y a plusieurs employés ou un seul..."

"On explique qu'il faut avant tout mettre la victime en sécurité et comprendre qu'elle peut être traumatisée, en état de choc. Ensuite, il faut appeler les forces de l'ordre. C'est ce qu'on demande à chaque fois, on n'incite pas à être Superman pour se prendre un coup sur la tête. Il y a d'autres moyens pour désamorcer la situation, comme détourner l'attention de l'agresseur [règle des 5D; ndlr], en lui demandant un renseignement par exemple."
 


"Bien sûr, la victime reste au centre de l'attention. On l'accompagne jusqu'au bout, on ne la force pas si elle ne veut pas porter plainte dans l'immédiat. Le commerce appelle un proche de la victime, ou un taxi, pour qu'elle puisse rentrer chez elle."
 

Comment ça se passe ?

"On se déplace pour assurer les formations, qui durent environ 45 minutes. Et on laisse un dépliant avec la marche à suivre, ainsi qu'un autocollant pour indiquer que cette enseigne peut servir de refuge. Bien sûr, on a conscience que ça n'empêchera pas toutes les violences sexistes. Mais je pense que ça fera 'publicité', on saura que ces petites enseignes sont sensibilisées et engagées."


L'association a mis en place une équipe pour démarcher les futurs commerces partenaires, et accueillir leurs sollicitations. Vous pouvez la contacter :


 

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