Confinement : l'Allemagne n'accepte pas les autotests français pour passer la frontière

Certes plus rapides qu'un test classique, les autotests de dépistage du coronavirus ne vous permettent pas d'aller en Allemagne. Pour les Alsaciens concernés, seul un test PCR ou antigénique négatif est accepté, toujours pour un motif familial impérieux ou professionnel.

Les autotests français ne sont pas reconnus à la frontière allemande.
Les autotests français ne sont pas reconnus à la frontière allemande. © Olivier Lejeune / Maxppp

Outre-Rhin, pas question de se présenter à la fontière avec un autotest. Alors que l'Allemagne déploie depuis plusieurs semaines ces tests de dépistage du coronavirus à faire soi-même - vendus dans les pharmacies, sur Internet et dans les commerces alimentaires - le pays refuse les autotests français. En cas de motif impérieux ou professionnel, seul un test PCR ou antigénique de moins de 48 heures est reconnu lors d'un contrôle. De quoi refroidir encore plus les nombreux alsaciens qui se rendent dans le pays voisin.

Depuis le 28 mars, la France est classée en zone à haute incidence par l'Allemagne. Les frontières ne sont pas fermées mais aller faire ses courses ou se promener est interdit. Les travailleurs frontaliers doivent quant à eux présenter un test PCR négatif deux fois par semaine (avec des résultats en français, anglais ou allemand). 

"Il est considéré comme moins fiable"

Certains d'entre eux ont d'ailleurs essayé d'entrer en Allemagne avec un test rapide, en vente dans les pharmacies françaises depuis le 12 avril. "Le problème n'est pas l'origine de l'autotest. Les autorités sanitaires allemandes donnent des critères pour qu'un test soit reconnu. Il doit être fait par un professionnel et ce n'est pas le cas de l'autotest. Il est considéré comme moins fiable parce que le prélèvement nasal n'est pas assez profond", explique Marie-Alix Dadillon du Centre Européen de la Consommation. Mais cette prudence ne vaut pas seulement de l'autre côté du Rhin. Les Allemands voulant se rendre en France ne peuvent pas non plus fournir d'autotest.  

Manque de confiance dans les autotests

A cela s'ajoute un manque de confiance de plus en plus présent. Si les autotests ont connu un véritable succès en Allemagne au début du mois de mars, cela n'a pas eu d'effet sur les chiffres liés au coronavirus. Le nombre de contaminations en est toujours au même stade avec plus de 20.000 nouveaux cas par jour en moyenne. Les autotests auraient permis d'en détecter 4%.

A Berlin, un test PCR négatif (avec traçabilité dans un laboratoire) est désormais obligatoire pour entrer dans un commerce non-essentiel ou aller chez le coiffeur. La chancelière réfléchit d'ailleurs à un confinement national strict. En France, le résultat d'un autotest positif doit être confirmé par un test PCR réalisé par un professionnel.

Reste qu'en cas de contrôle à la frontière, la note peut être salée. Avec un autotest ou sans test négatif sur le territoire allemand, "vous encourez une amende de plusieurs centaines d'euros. A titre d'exemple, vous encourez dans le Bade-Wurtemberg minimum 300 euros et jusqu'à 3000 euros en cas de récidive", prévient le centre européen de la consommation

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