Coronavirus : l'Allemagne durcit ses mesures de lutte contre la pandémie, mais ne ferme pas sa frontière

L'Allemagne va prolonger son confinement jusqu'au 14 février, et renforcer les mesures déjà prises pour lutter contre la propagation de la covid19. Mais sa frontière avec la France ne sera pas fermée.  

La frontière entre Strasbourg et Kehl reste ouverte, avec de nombreuses restrictions
La frontière entre Strasbourg et Kehl reste ouverte, avec de nombreuses restrictions © Florence Grandon / France télévisions

Des mesures renforcées pour lutter contre la diffusion du coronavirus et de ses nouveaux variants ont été décidées par l'Allemagne ce mardi 19 janvier en soirée, à l'issue d'un long après-midi de visio-conférence entre la chancelière Angela Merkel et les ministres-présidents des seize Länder. Des mesures encore plus strictes, mais moins dures que celles envisagées par Winfried Kretschmann (écologiste) et Markus Söder (CSU), respectivement ministres-présidents du Bade-Wurtemberg et de Bavière. Particulièrement inquiets face au risque que représentent les variants anglais et sud-africain du virus, ils n'avaient pas totalement exclu dans un premier temps la possibilité d'une nouvelle fermeture des frontières de l'Allemagne avec la France et l'Autriche, deux pays considérés comme "zones à forte incidence".

Mais au final, l'option d'une fermeture, semblable à celle pratiquée lors du premier confinement, n'est pas à l'ordre du jour. En revanche, l'Allemagne renforce encore ses mesures destinées à lutter plus efficacement contre la propagation du virus sur son territoire. Winfried Kretschmann en a exposé les principaux aspects concernant le Bade-Wurtemberg lors d'un live sur Youtube, ce 19 janvier peu avant 22 heures, dans lequel il expliquait que ces décisions prises par les dirigeants allemands voulaient avant tout freiner la propagation "de ces nouveaux virus variants qui se propagent à grande vitesse dans toute l'Europe. La question n'est pas de savoir s'ils viendront jusqu'à chez nous, mais quand" a-t-il ajouté. 

Confinement prolongé et durci jusqu'au 14 février

Prévu à l'origine jusqu'au 31 janvier, le confinement dans le Bade-Wurtemberg, et toutes les restrictions qui l'accompagnent, sont donc prolongés de deux semaines. Tous les commerces non essentiels, ainsi que les cafés, bars et restaurants, resteront fermés jusque-là, tout comme les lieux de services (coiffeurs, instituts de beauté, etc.), les établissements de culture et de loisirs (à l'exception des aires de jeux en extérieur) et les équipements sportifs.

Les cours à distance sont maintenus pour les écoles secondaires. Les crèches et les écoles primaires, elles, resteront fermées dans l'immédiat. Mais "conscient que les plus petits ont du mal à ne pas se retrouver en présentiel", le ministre-président souhaite, pour le Bade-Wurtemberg, une réouverture progressive des crèches et écoles primaires à partir du 1e février, "si la situation sanitaire le permet." 

Un appel à limiter les contacts

Dans son allocution, Winfried Kretschmann a appelé ses concitoyens "à ne côtoyer que les personnes de leur propre foyer, et à ne pas multiplier les contacts" pour faire barrière à la propagation de l'épidémie. D'ailleurs, depuis déjà plus d'une semaine, les moments de convivialité, déjà mis à mal, sont encore réduits. Même dans la sphère privée, les rencontres sont uniquement autorisées avec une seule personne qui ne fait pas directement partie du foyer.

Entre 5 heures et 20 heures, les sorties des Allemands sont limitées (travail, sport à l'air libre, achats de première nécessité, etc.) Et pour sortir de chez soi la nuit, il faut des raisons impérieuses (travail de nuit, accompagnement de personnes mourantes, etc.).

Les masques chirurgicaux désormais obligatoires

L'obligation de porter un masque se durcit. Désormais, en Allemagne, les masques en tissu ne seront plus autorisés "dans les bus, les trains et les magasins." Les masques chirurgicaux y seront obligatoires ou, mieux encore, les masques FFP2 "ou leurs équivalents"

Le télétravail renforcé

Pour éviter au maximum les contacts au travail, le télétravail, qui au début de ce second confinement était loin de faire l'unanimité Outre-Rhin, devra être privilégié. L'appel est lancé à tous les employeurs de "prendre cette possibilité au sérieux" et de favoriser le télétravail partout où cela semble possible. Un décret du ministère allemand du travail pourrait renforcer cette demande. Et dans les entreprises où le travail en présentiel reste inévitable, et la distanciation sociale impossible, les employeurs devront fournir aux salariés concernés des masques chirurgicaux. 

Pour passer la frontière, la règle des 24 heures s'applique toujours

Lors de son intervention, le ministre-président du Bade-Wurtemberg n'a pas mentionné de durcissement des règles régissant le passage de la frontière. Ce sont donc celles en vigueur depuis le 23 décembre dernier, déjà bien restrictives, qui continuent à s'appliquer. Traverser le Rhin, dans un sens comme dans l'autre, n'est pas autorisé sans motif valable – à moins de se soumettre à dix jours de quarantaine, puis à un test PCR. Et ceci vaut autant pour les Allemands que pour nous. Pour les Alsaciens, faire un petit tour en Allemagne simplement pour se promener ou effectuer quelques achats n'est donc toujours pas possible. Seul baume au cœur : la tentation d'un après-midi shopping à Kehl ou à Offenburg n'est pas si grande actuellement car, rappelons-le, tous les commerces allemands non-essentiels, ainsi que les restaurants, bars et cafés, doivent garder porte close.

Mais passer la frontière reste possible… à condition d'avoir une raison impérieuse, dont la liste est très limitée : se rendre à son travail, aller à l'école, honorer un rendez-vous médical ou faire une visite d'ordre familial. Ceci dans un temps limité à 24 heures (72 heures pour la visite familiale).

Des mesures européennes synchronisées

Last but not least, lors de leur visio-conférence, les dirigeants allemands ont estimé que pour être vraiment efficace pour lutter contre la pandémie, ce combat devait être mené plus largement que pays par pays, et qu'il devenait indispensable de "prendre des mesures semblables et synchronisées au niveau européen." D'ici quelques jours, la chancelière Angela Merkel devrait en faire la proposition devant le Conseil de l'Europe

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