Bas-Rhin : anti-pass sanitaire, Martine Wonner lance Ensemble pour les libertés, une "force de rassemblement"

Exclue de La REM pour son opposition au plan de déconfinement, puis de son groupe parlementaire pour ses prises de position contre le pass sanitaire, Martine Wonner lance ce 14 septembre Ensemble pour les libertés : une "force de rassemblement" destinée à soutenir ses actions.
La députée du Bas-Rhin Martine Wonner a lancé le 14 septembre Ensemble pour les libertés, une "force de rassemblement"
La députée du Bas-Rhin Martine Wonner a lancé le 14 septembre Ensemble pour les libertés, une "force de rassemblement" © Grégory Fraize - France Télévisions

Ensemble pour les libertés, "ce n'est pas un parti" assure Martine Wonner. C'est en tout cas une nouvelle étape dans la vie politique mouvementée de la parlementaire, habituée des prises de position à contre-courant et des propos polémiques. Lors d'une conférence de presse, ce mardi 14 septembre, la députée de la 4e circonscription du Bas-Rhin a officiellement lancé son association : "une force de rassemblement citoyenne" pour défendre "les valeurs de bienveillance et de respect (…) loin de la politique politicienne." 

Pourtant, ce "mouvement" associatif, auquel elle convie tout un chacun, y ressemble fort, à en croire ses statuts présentés sur le site nouvellement créé. L'article 2 stipule : "Cette association a pour objet le soutien, l'accompagnement et la contribution aux actions présentes et futures de Martine Wonner." 

Plus que jamais, la députée bas-rhinoise se sent pour mission de fédérer "les citoyens (qui) veulent aujourd'hui se retrouver (…) pour simplement revendiquer le respect des droits fondamentaux", "dans le rejet des partis politiques actuels." Pour cette médecin psychiatre, aller à contre-courant, même de ses amis politiques, ne date pas d'hier. "Cette liberté de parole, cette liberté de pensée, cette liberté d'action que j'ai, n'ont pas commencé avec la crise sanitaire" rappelle-t-elle durant sa conférence. Mais la crise les a mises en lumière.

Rebondir politiquement

Début mai 2020, cette fervente défenseuse de l'hydroxychlorochine est exclue de son parti, La REM, pour avoir voté contre le plan de déconfinement du gouvernement. Le 18 juillet dernier, elle l'est également de son groupe parlementaire à l'assemblée Liberté et Territoire, suite à des propos virulents contre le pass sanitaire. Et aujourd'hui, elle poursuit son rôle d'égérie des manifestants "contre le pass, qui est un outil de stigmatisation, un outil de division", et revendique "la liberté contre l'extorsion vaccinale."

Pour appuyer sa position, Martine Wonner cite des principes énoncés dans plusieurs textes fondateurs : les hommes "libres et égaux en droit" de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, les "droits aliénables" du préambule à la Constitution de 1946, le "principe de non-discrimination" de l'article 225 du Code pénal, ou encore le respect "de toutes les personnes, leur autonomie, leur volonté, sans aucune discrimination" du serment d'Hippocrate qu'elle a elle-même prononcé en 1991.

Elle dénonce avec force ce qu'elle nomme la "dérive liberticide totalement surréaliste" et "les actions fébriles et incohérentes" du gouvernement qui, selon elle, "n'a pas su gérer cette crise depuis le début" et "a entraîné la perte de confiance de tous les citoyens."

Cinq thématiques de réflexion

Elle explique qu'elle lance "cette force de rassemblement" "pour accompagner les projets en toute bienveillance." Toutes les personnes intéressées, "qui veulent agir et faire entendre leur voix" peuvent s'inscrire sur le site d'Ensemble pour les libertés, qui doit "devenir un outil entre les mains des citoyens", opposé à une "ultra-centralisation (…) délétère", à partir de cinq thématiques : gestion de la crise sanitaire, société, territoires et identité numérique.

Car, la députée en est persuadée, "la démocratie, ce n'est pas la pensée unique, le tout sécuritaire (…) Les Français en ont plus qu'assez, et veulent se retrouver dans cette force de rassemblement qu'on leur propose aujourd'hui" assure-t-elle. En donnant d'ores et déjà rendez-vous "dans quelques semaines" pour "une belle conférence de presse", cette fois avec tous ceux qui auront adhéré à ses propositions.

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